S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.
1er jeudi du mois de 17 h à 19 h (CEAf, salle de réunion, 2e étage, 96 bd Raspail 75006 Paris), du 5 novembre 2009 au 3 juin 2010. La séance du 4 mars est reportée au 11 mars, même heure (salle des artistes, 96 bd Raspail)
La crise financière, mettant en péril des pans entiers de l’activité économique, semble indiquer un possible tournant historique dans les manières de penser et gouverner le monde. Affecte-t-elle également, et sous quelles formes, les disciplines qui ont eu affaire avec les questions financières depuis l’émergence des marchés de produits dérivés ?
Le séminaire entend examiner cette question en croisant diverses analyses élaborées par des historiens, des mathématiciens, des économistes, des sociologues et des philosophes, dans un double mouvement de dialogue et de confrontation. À rebours des approches expertes très spécialisées (qu’elles soient techniques, éthiques ou scientifiques)purement juxtaposées, il s’agit de faire émerger des objets et des questions transversales susceptibles d’articuler des débats dans l’espace public.
5 novembre 2009 : Séance introductive : "De l'expertise à l'espace public : la crise financière a-t-elle quelque chose à dire aux sciences sociales ?"
La recherche développée ensuite au fil des séminaires abordera les questions suivantes :
À partir de recherches sur l'aléatoire et sur les probabilités, on tentra de montrer que l'un des ressorts de cette crise tient à ce que les outils probabilistes ont contribué à faire apparaître comme des "biens" que l'on peut vendre et échanger, ce qui en réalité n'est que très instable, sans régularité, largement imprévisible (voir N. Taleb ou Mandelbrot). Les standard probabilistes – une probabilité est réputée être une "mesure" – génèrent des "objets" – les risques – qui ne sont pas des choses. L' analyses des évolutions des systèmes monétaires conduit à une question philosophique similaire, en ce que ces analyses portent sur les effets induits par l'absence de "substrats" relativement tangibles.
3 décembre 2009 : Michèle Leclerc-Olive, Probabiliser l'incertitude : hypothèses anthropologiques du modèle probabiliste
4 février 2010 : Christian Walter, Les modèles browniens. Histoire, succès, problèmes. C. Walter vient de publier (avec M. de Pracontal) Le Virus B. Crises financières et mathématiques, aux Éditions du Seuil
6 mai 2010 : Jacques Ninet, directeur de la recherche Groupe UFG (union française de gestion) et membre de l'ISMEA (institut des sciences mathématiques et économiques appliquées), "La finance durable entre leurre et vaine utopie"
Mots-clés : Droit, normes et société, Économie, Épistémologie, Histoire des sciences et des techniques, Mathématiques et sciences sociales, Modélisation, Savoirs,
Aires culturelles : Transnational/transfrontières,
Suivi et validation pour le master : Semestriel
Renseignements : sur rendez-vous.
Direction de travaux d'étudiants : sur rendez-vous, jeudi de 16 h à 17 h, bureau 819b, 54 bd Raspail 75006 Paris.
Niveau requis : master 1, rudiments de probabilités.
Adresse(s) électronique(s) de contact : mleclerc(at)ehess.fr
Le séminaire a concentré son attention sur quelques aspects particuliers de la crise – de quoi les désordres financiers et économiques récents sont-ils la crise ? – en interrogeant en particulier les significations épistémologiques de celle-ci. Le regard s’est porté sur les sciences sociales qui ont pris le champ de la finance pour objet d’étude et sur les savoirs scientifiques sur lesquels s’est appuyé le développement des marchés de produits dérivés.
Il apparaît en effet que les standards probabilistes utilisés pour modéliser les comportements sur les marchés reposent sur des hypothèses anthropologiques que l’observation des pratiques de décision et la comparaison avec d’autres modélisations de l’aléatoire invalident largement. Par ailleurs cette enquête permet de relativiser la pertinence des approches de la crise en termes purement éthiques (la crise trouverait une possible issue dans la formation et l’éducation des acteurs des marchés ou dans le recours à la finance islamique par exemple), et attire à l’inverse l’attention sur la dimension politique de la question. À ce titre, les bénéfices heuristiques indéniables de la notion de performativité ne peuvent être dissociés de l’affaiblissement corrélatif des approches critiques. La crise financière invite ainsi à examiner à nouveau frais l’histoire récente des sciences sociales.
Dernière modification de cette fiche : 29 avril 2010.
Dernière mise à jour le 14/04/2009
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