2009-2010

Histoire et techniques des organisations et du gouvernement

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

Mardi de 15 h à 17 h (salle 507, 54 bd Raspail 75006 Paris), du 17 novembre 2009 au 23 février 2010

Cet enseignement présente un tableau de diverses démarches en histoire de la gestion et une familiarisation à la recherche en gestion. Il aborde les organisations et le gouvernement sous un angle particulier. Il les envisage comme des pratiques, des pratiques équipées de techniques et d’outils. Cet angle permet de les penser comme des activités et de présenter l’ensemble des débats des différentes disciplines qui les prennent ici pour objet : l’histoire, la sociologie, la recherche en gestion, l’anthropologie.

L’enseignement ne connaîtra donc ni frontières disciplinaires (il présentera le point de vue des diverses disciplines comme des points de vue transdisciplinaires), ni frontières temporelles (la genèse de notions comme la gestion et l’administration sera problématisée depuis le moyen âge), ni frontières géographiques (nous présenteront aussi bien des points de vue localisés que des phénomènes de circulation). Il ne prétend bien sûr à aucune exhaustivité.

En règle générale, à la première des deux séances de chaque enseignant, une bibliographie succincte de la thématique sera donnée ainsi qu’un ou deux textes à lire pour la seconde séance.

17 novembre : Patrick Fridenson : Histoire et gestion : un « mariage » impossible ?

24 novembre et 1er décembre : Valérie Boussard : Sociologie de la gestion : les controverses autour des dispositifs de gestion et le rôle des professionnels de la gestion

8 et 15 décembre : Paolo Napoli : Théologie managériale. À partir des Épitres pastorales de Paul.

5 et 12 janvier : Ferruccio Ricciardi : Du paternalisme au coaching. Le consentement comme forme de gouvernement : approches sociohistoriques

19 et 26 janvier : Éric Pezet : Enjeux politiques et managériaux de la classification des emplois / Management et conduite de soi. Mise en perspective historique des pratiques actuelles

2 et 9 février : Anne Pezet : L'outillage mental du dirigeant. Les dispositifs de pilotage d'Henri Germain (1870-1890) / L'externalisation des productions : pratiques vs. théories économiques. Le cas Renault (1945-1975)

23 février : Conclusion : retour collectif sur l’enseignement et discussion avec les étudiants

L’enseignement admet des étudiants de M1 et M2 tout comme des auditeurs libres de tous niveaux.
Validation : assiduité, une note de lecture écrite et participation orale lors des ateliers de lecture.
Pour toute autre information : ferricciardi@yahoo.fr

 

Aires culturelles : Transnational/transfrontières,

Suivi et validation pour le master : Semestriel

Mentions & spécialités :

Renseignements : sur rendez-vous.

Direction de travaux d'étudiants : sur rendez-vous le mardi de 17 h à 19 h, après le séminaire.

Réception : sur rendez-vous par courriel.

Niveau requis : séminaire ouvert aux étudiants de master comme aux auditeurs libres de tous niveaux.

Adresse(s) électronique(s) de contact : ferricciardi(at)yahoo.fr

Compte rendu

Le séminaire s’est déroulé du 17 novembre 2009 au 23 février 2010 (12 séances au total) avec une moyenne de participants par séminaire d’une dizaine de personnes, dont la moitié provenant de l’extérieure (auditeurs libres et doctorants des autres universités).

Il a gardé le double caractère de séminaire de recherche et d’atelier de lecture, tout en prolongeant la réflexion menée depuis sa naissance (sous la responsabilité d’Yves Cohen) sur le rôle des outils et techniques de gestion dans la structuration des rapports (sociaux, de pouvoir…) au sein des organisations. Six enseignants sont intervenus. En règle générale, à la première des deux séances de chaque enseignant, une bibliographie succincte de la thématique était donnée ainsi qu’un ou deux textes à lire pour la seconde séance.

Patrick Fridenson (EHESS) a assuré la séance d’ouverture consacrée au rapport entre l’histoire et les sciences de gestion, notamment en ce qui concerne le cas français. Il a proposé une histoire de l’institutionnalisation des sciences de gestion qui aujourd’hui fait encore défaut. Valérie Boussard (Université de Versailles Saint Quentin en Yvelines) a avancé les jalons d’une sociologie de la gestion. Les controverses autour des dispositifs de gestion et le rôle des professionnels de la gestion (universitaires, managers, consultants…) sont autant d’entrées pour étudier les pratiques et les discours qui structurent cette forme « moderne » de gouvernement qu’est la gestion. Paolo Napoli (EHESS), quant à lui, s’est penché sur les origines « pre-modernes » de la gestion, à partir d’une étude sur les Épitres pastorales de Paul. Cette forme de communication développée par l’Eglise catholique dès sa naissance s’apparente des techniques de gouvernement par distance et peut entre lue comme une forme de « rationalité administrative » avant la lettre. Ferruccio Ricciardi (Université de Bourgogne) a, lui aussi, assuré un détour historique à partir d’une réflexion sur la notion de consentement qui aujourd’hui fait l’objet d’interprétations contrastées (qui vont d’une lecture libérale à une lecture néo-marxienne). Les cas du paternalisme industriel, du managérialisme de l’après-guerre et des nouveaux modes de management montrent, à titre divers, le statut ambigu, voire négocié, du consentement des travailleurs qui demeure indispensable au bon fonctionnement des entreprises. Deux chercheurs en Sciences de gestion, enfin, ont proposé leurs recherches récentes qui ont en commun la tentative d’historiciser l’objet gestion. Eric Pezet (Université de Nanterre) a notamment proposé une mise en perspective historique des pratiques actuelles de management et conduite de soi (par exemple le coaching), en privilégiant une approche foucaldienne. Anne Pezet (Université de Dauphine), toujours en adoptant une perspective historique, s’est notamment intéressée à la construction de l'outillage mental des dirigeants des entreprises, c’est-à-dire l’ensemble de dispositifs cognitifs qui permettent le pilotage des organisations et qui peuvent être détectés dans les archives des pratiques gestionnaires.

Une séance finale de réflexion à partir d’un texte sur les rapports potentiels entre histoire et théorie des organisations a clôt le séminaire

Dernière modification de cette fiche : 5 novembre 2009.

Dernière mise à jour le 14/04/2009

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