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2e et 4e mercredis du mois de 17 h à 19 h (salle 2, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 28 octobre 2009 au 9 juin 2010. La séance du 9 juin aura lieu en salle des artistes, 96 bd Raspail 75006 Paris.
L’objectif de notre séminaire est de développer une réflexion théorique et poétique sur les spécificités du récit de fiction dans son rapport aux récits historiographiques et testimoniaux, mais aussi par rapport à un ensemble verbal qui l’entoure socialement et culturellement. En d’autres termes, l’enjeu scientifique sera de comprendre et — si possible — théoriser le sens et le positionnement du récit dans le réseau notionnel composé d’éléments tels que la fiction, le document, le témoignage, la culture, etc. Seront examinées les tensions, dans ces divers types de récits, entre l’éthique et l’esthétique.
Parmi les questions possibles, nous retenons pour l’instant les suivantes :
Comment raconte-t-on l’histoire ?
Quel est le savoir historique accessible à la fiction et à elle seule (à supposer que cela soit) ?
Quel déficit le roman a-t-il éprouvé à l’égard de l’Histoire au XXe siècle ? De quelle manière les deux guerres mondiales et les expériences totalitaires (fascisme, stalinisme) ont miné la tradition romanesque issue du romantisme ? Comment le récit fictionnel a-t-il tenté de se hisser à la hauteur de ces événements pour enregistrer leur ampleur ?
Parmi les objets historiques abordés, nous privilégierons la Grande Guerre, la Deuxième Guerre mondiale (notamment la Shoah), les Goulags.
Mercredi 27 janvier 2010 : Luba Jurgenson, Alexandre Prstojevic :"Le témoignage à l’épreuve de la fiction : Le Sang du ciel de Piotr Rawicz "
Mots-clés : Arts, Culture, Écriture, Esthétique, Histoire, Historiographie, Littérature, Textes,
Aires culturelles : Europe,
Suivi et validation pour le master : Obligatoire sur l'année (bi-mensuel)
Renseignements : sur rendez-vous.
Direction de travaux d'étudiants : sur rendez-vous.
Réception : sur rendez-vous.
Niveau requis : licence.
Site web : http://www.vox-poetica.com/t/rfh/index.html
Adresse(s) électronique(s) de contact : alexandre(at)vox-poetica.org, luba.jurgenson(at)wanadoo.fr
Comme pour les années précédentes, le travail du séminaire a porté sur la question du rapport entre le récit littéraire et l’Histoire dans ses multiples acceptions : à la fois comme événements objectivement survenus dans le passé, expérience personnelle de celui qui y a pris part, récit que la science en fait et mémoire modelant la culture dans laquelle cette transmission s’inscrit. À partir des œuvres portant sur les grandes ruptures historiques (la Première guerre mondiale, l’extermination des Juifs d’Europe pendant la Seconde guerre mondiale, les répressions staliniennes) des spécialistes venus d’horizons divers – historiographie, littérature, mais aussi sociologie, esthétique, philosophie, histoire de l’art – tentent de saisir dans un dialogue interdisciplinaire la logique des rapports complexes entre plusieurs formes de connaissance et de transmission. Dans une perspective méta-historique, nous avons interrogé non seulement les faits, mais aussi les vécus individuels et collectifs ainsi que leur mise en récit et la manière dont cette narrativisation a influencé non seulement la formation de la conscience des événements, mais le cadre même de son émergence, c’est-à-dire la culture européenne et occidentale. Quels sont les rapports, les influences mutuelles, les « allées et venues » du sens opérés à partir d’une expérience historique (le témoin, le survivant) qui entend aboutir à une connaissance partagée par tous (la société, la culture) ? Quelle en est la « gestion » symbolique pratiquée par différentes institutions ? Enfin, comment une expérience historique est littérarisée, comment elle devient, pour le lecteur aussi une expérience artistique ? Quand et comment s’opère le passage du dire testimonial dépourvu d’aspirations littéraires à un récit clairement formé à partir d’un projet poétique ? Quelles conséquences cette prise en charge de l’expérience par l’art a-t-elle pour la connaissance de l’événement ?
La question du récit face à l’Histoire nous a conduits à aborder également, de manière spécifique, d’autres types de mise en scène du réel historique, à savoir, les productions discursives et visuelles diffusées par les Etats à des fins de propagande. Le second semestre a été ainsi spécifiquement consacré à la question des pratiques et usages de la propagande dans les sociétés totalitaires, mais aussi dans les sociétés démocratiques : instrumentalisation politique des récits, des images photographiques et cinématographiques et des discours. Nous avons ainsi cherché à cerner la part du visible qui résiste dans les pratiques politiques cachées et transparaît au travers des productions culturelles visant à créer le consensus social. Il s’agissait ainsi de s’interroger sur cette zone floue de la conscience collective qui se situe entre savoir et non savoir et d’en analyser les mécanismes profonds d’organisation narrative. Au cours de ce semestre, à partir des interventions sur les statuts et usages des images animées documentaires de la Grande Guerre (Laurent Véray, Université de Paris Ouest-Nanterre La Défense), les supports et mécanismes de la propagande nazie entre terreur, séduction et divertissement (Claire Aslangul, Paris-Sorbonne), les images réalisées par le NKVD sur les déportés spéciaux du Nord soviétique (Hélène Mondon, Paris-Sorbonne), le camp des Solovki à travers les textes et images de propagande (Luba Jurgenson, Paris-Sorbonne), mais aussi, l’utilisation de la représentation de la victime dans l’humanitaire et les (Philippe Mesnard, Haute école de Bruxelles/Collège de Philosophie) et les dérives des politiques mémorielles actuelles (Régine Robin, l’UQAM), s’est installée une interrogation théorique sur la place du récit dans les différentes formes de désinformation et de manipulation politique.
Dernière modification de cette fiche : 9 juin 2010.
Dernière mise à jour le 14/04/2009
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