2009-2010

Anthropologie de l'Océanie

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

Du 26 au 28 avril 2010 (EHESS, Centre de la Vieille-Charité (salle de réunion, 3e étage), 2 rue de la Charité 13002 Marseille),

La construction européenne de l'espace « Pacifique » :
1) L’invention des régions et des « races » de l’Océanie.
2) L’invention sexuée des cultures : Mélanésie/Polynésie (« Kannibals et Vahinés »)

En suivant l'histoire des représentations européennes des peuples du Pacifique, le séminaire a pour objet les divers préjugés qui ont alimenté la vision européenne de la différence, depuis les atlas imaginaires du Moyen Âge, puis les voyages dits de « découvertes », jusqu’aux découpages coloniaux et « scientifiques » des XIXe-XXe siècles.
Une première partie concerne l'histoire de la vision cartographique du Pacifique (nous étudierons l’évolution des cartes depuis le Moyen Âge jusqu’à la fin du XIXe siècle), puis l’histoire des inventions terminologiques (« Pacifique », « Grand Océan », « Océanie » etc. et « Polynésie, Micronésie, Mélanésie, Australie »). Cette histoire terminologique est aussi l’histoire de l'émergence puis de la suprématie des notions de « races » parmi les « savants » naturalistes puis anthropologues. À partir du XVIe siècle, l’Europe a voulu retrouver dans ce nouvel espace Pacifique une division qui semblait universelle entre des peuples à peau « claire » et d'autres à peau « noire ». Cette classification révèle comment les récits puis les traités ont exprimé une hiérarchie de valeurs physiologiques et sociales, qu'ils empruntaient à une histoire déjà établie (contacts en Afrique et en Amérique) autant qu'ils la renforçaient en choisissant d'emblée de valoriser les Polynésiens et Micronésiens et de dévaloriser ceux qui furent appelés « les Nègres du Pacifique ». Déconstruire ces cartes et ces textes c'est aussi reconstruire l'histoire générale des notions de « race » élaborées par les savants européens (parmi lesquels les Français tinrent une place prépondérante), depuis Buffon jusqu'aux années 1960.

Une seconde partie concerne la classification des systèmes sociaux établie par les voyageurs (qui furent presque tous des hommes) selon ce qu'ils croyaient apercevoir du statut des femmes dans les sociétés rencontrées. De nombreux malentendus se sont superposés, mêlant des préjugés masculins sur le « sexe » et des préjugés savants sur les « races ». La « liberté » des femmes fut jugée à la manière dont les femmes semblaient faire des avances sexuelles aux visiteurs ou refuser au contraire tout commerce. Mais on voulut croire à une initiative féminine (dans le cas Tahitien entre autres, généralisé ensuite à toute une « Polynésie » imaginée), alors qu'il s'agissait de jeunes filles obéissant à des ordres de chefs soucieux de capter de toutes les manières possibles les pouvoirs des nouveaux arrivants (qui ne pouvaient venir que d’un monde différent et surhumain). Du journal de bord inédit aux ouvrages publiés qui instaurèrent à la fois le mythe de la liberté sexuelle polynésienne et l'image négative de la femme-esclave et du guerrier-cannibale en Mélanésie, le contenu précis de l'« observation » change considérablement. Bien entendu, les femmes des peuples « clairs » furent toujours jugées plus favorablement que les compagnes des « Nègres ». Enfin, les visiteurs furent aveugles aux catégories sociales transgressant les divisions de genre, qui pourtant jouaient et jouent encore un rôle important dans l'organisation sociale et psychique en Polynésie. Déconstruire ces textes c'est aussi révéler à quel point le regard masculin fut déterminant dans les typologies culturelles qui résultèrent des voyages de « découvertes ».

Mots-clés : Anthropologie,

Aires culturelles : Océanie,

Suivi et validation pour le master : Semestriel

Mentions & spécialités :

Domaine de l'affiche : Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie

Intitulé général : Anthropologie de la Polynésie

Renseignements : secrétariat du CREDO, Anne Provansal, Maison Asie-Pacifique, Campus St Charles, Université de Provence, 3 place Victor-Hugo 13003 Marseille, tél : 04 91 10 61 19, et/ou par courriel à l'enseignant.

Direction de travaux d'étudiants : Anne Provansal ou par courriel auprès de l'enseignant. Pour les jours, voir l'horaire affiché à l'EHESS-Marseille.

Réception : voir "Renseignements".

Niveau requis : pas de conditions spécifique.

Site web : http://www.pacific-credo.fr

Adresse(s) électronique(s) de contact : serge(at)pacific-credo.fr, credo(at)pacific-credo.fr

Compte rendu

Compte rendu non communiqué

Dernière modification de cette fiche : 19 octobre 2009.

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