S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.
1er et 3e mardis du mois de 9 h à 13 h (salle 916, 54 bd Raspail 75006 Paris), du 17 novembre 2009 au 1er juin 2010. Les séances des 2 février, 2 mars, 6 avril, 4 mai et 1er juin se dérouleront en salle 830 (même heure, même adresse). Séance supplémentaire le 15 juin de 17 h à 21 h, salle 1, 105 bd Raspail 75006 Paris
Le séminaire développera une analyse de l’enquête en mettant au centre les manières de tester la réalité sociale. La relation d’enquête sera envisagée comme relation d’expérience à expérience. Le classique «problème de la réalité sociale» (y compris historique, au sens de Schütz), sera ainsi interrogé à travers la nature des enquêtes, leurs variétés instituées ou non, leurs qualités de discernement, leurs conceptions de la description, leurs aptitudes à la découverte, leur traitement de l’évaluation, et, finalement, la force de conviction de leurs comptes rendus.
Partant de terrains collectifs en cours, ainsi que d’enquêtes classiques (histoire, sociologie et anthropologie) dont les matériaux seront revisités, le séminaire examinera ensemble corpus historiographiques et notes ethnographiques pour reconsidérer les parcours de recherche, de l’observation au récit d’action, en incluant les retours sur les conditions du travail de terrain et la critique des sources. Autrement dit, nous travaillerons dans un va-et-vient entre les corpus, les pratiques d’investigation et les pratiques de compte-rendu. Pour l’année 2009-2010 un accent sera mis sur la dimension internationale et transculturelle des expériences des enquêtés et (ou) des enquêteurs.
Ce séminaire est conçu comme un atelier collectif et demande à tous les participants de mettre en lecture et discussion des éléments sur leurs propres terrains ou leurs analyses de sources.
(Admission au séminaire sur entretien préalable avec Alain Cottereau ou Isabelle Thireau).
Mots-clés : Histoire, Sociologie,
Aires culturelles : Contemporain (anthropologie du, monde),
Suivi et validation pour le master : Obligatoire sur l'année (bi-mensuel)
Domaine de l'affiche : Sociologie
Intitulé général : Sens du juste et sens de la réalité sociale
Direction de travaux d'étudiants : sur rendez-vous, mardi après-midi.
Site web : http://toutschutz.blogspot.com
Adresse(s) électronique(s) de contact : cotte(at)ehess.fr, thireau(at)ehess.fr
Poursuivant l’analyse des enquêtes, le séminaire de cette année a consacré la majeure partie de ses séance à la confrontation internationale des enquêtes de terrains, en privilégiant les chantiers en cours des membres du séminaire, animateurs et doctorants. Cette confrontation ne se limite pas à des « comparaisons » thématisées : les questions et les comptes rendus impliquent toujours de situer une monographie par rapport au reste du monde. La relation d’enquête doit être posée comme relation d’expérience à expérience. Les contributions de chacun des participants, en soumettant dans les séances des aspects de leurs travaux, ont explicité ces dimensions, y ont ajouté des comparaisons en séance, grâce à des terrains de la Chine à l’Argentine, en passant par l’Afrique Nord- et Sub-Saharienne.
Un premier bloc de a travaillé sur le journal de terrain de Jeanne Favret-Saada, coordonné avec le colloque autour de ses travaux d’octobre 2009 : que veut dire « L’indigène a toujours raison » ? Ont été examinées les conceptions de la « compréhension » aujourd’hui, dans le sillage de Dewey et Schutz (critiques à l’égard de Weber). Le journal de terrain de Jeanne Favret-Saada a été pris comme modèle et enjeu de réflexion sur ce que peuvent être les descriptions proprement scientifiques, à valeur de démonstration et de compte rendu d’expériences, liant l’expérimentation des enquêtés et l’expérimentation des enquêteurs.
La seconde série de séances a approfondi des problèmes surgis dans la première. Deux invités y ont contribué. Benoît Guillou a mis en discussion ses réflexions à partir d’observations denses sur les suites des massacres au Rwanda aujourd’hui : dans quelles conditions est rendue possible une cohabitation minimale, actuellement, entre bourreaux et victimes survivantes, quels sont les fonctionnement réels des politiques d’aveu et de pardon dans un contexte politique et social lourdement traumatisé ? À l’inverse des situations-limites, Carle Gayet a examiné les manières de percevoir et d’utiliser les normes supposées communes et qui mettent en jeu la « politesse », dans les rencontres improvisées entre anonymes sur les lieux publics.
Le livre d’Isabelle Thireau, Les ruses de la démocratie, a permis de centrer des questions sur le sens de la justice et le développement d’exigences démocratique à partir des modalités politiques de réhabilitation des victimes propres à la Chine : celle-ci a suivi une voie originale par rapport à toutes les autres sorties connues de totalitarisme, efficace dans l’abandon de l’État totalitaire comme dans l’évitement de la démocratie. Les travaux de trois autres doctorants sur la Chine se sont prêté également à la confrontation entre terrains, portant notamment sur la présence de traumatismes historiques et de formes inventées de coexistence. D’autres comparaisons ont mis aussi en perspective des politiques menées par des familles ou par des solidarités féminines au sein des familles, touchant les naissances, l’adoption, les formes de solidarité ou de conflits entre générations, de la Chine à l’Argentine, en passant par l’Afrique du nord, l’Andalousie et le Mexique.
Une séance autour du livre sous presse d’Alain Cottereau et Mokhtar Marzok, Une famille andalouse, a approfondi un autre thème transversal du séminaire : comment observer et décrire les évaluations des situations par les personnes enquêtées, sans séparer a priori les évaluations économiques, relationnelles et morales ? Suivant quel dispositif abandonner ses propres catégories et repères pour accéder à d’autres catégories et les traduire en compte rendu ? Très instructives ont été par exemple les descriptions approfondies de ce qu’est la décence aujourd’hui dans le monde, notamment la décence des rapports entre les sexes, lorsque les normes ne cessent d’être bouleversées, sans consensus locaux, en rapport avec la mondialisation médiatique et celle des circulations de personnes migrantes.
Dernière modification de cette fiche : 25 mai 2010.
Dernière mise à jour le 14/04/2009
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