2009-2010

Savoirs d'État en Europe

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

De 9 h 30 à 11 h 30 (Université Paris-I/Panthéon-Sorbonne, salle Perroy, 1 rue Victor-Cousin 75005 Paris),

Calendrier des séances :

Lundi 23 novembre 2009
Mardi 15 décembre 2009
Mardi 5 janvier 2010
Mardi 19 janvier 2010
Samedi 13 février 2010
Mardi 16 février 2010
Mardi 9 mars 2010
Mardi 16 mars 2010
Mardi 23 mars 2010
Samedi 10 avril 2010

Le séminaire se propose d'étudier pour la période 1750-1850 le statut épistémologique de savoirs désignés sous le nom de « savoirs d'État » – suivant la traduction de la notion allemande de Staatswissenschaft —, à partir des voies diverses de leur formalisation et publicisation (traités, manuels, revues, etc.). La production et la circulation de ces savoirs est à partir du XVIIIe siècle de plus en plus organisées par les États. Par-delà les apparentes analogies de contenus, de fortes nuances « nationales » marquent leur institutionnalisation (universités, administration), et invitent à s'interroger sur leurs effets en terme de connaissance croisée, à partir d'espaces politiques distincts. Le séminaire s'intéressera aussi à la manière dont ces savoirs venus de l'extérieur, reconfigurent les champs disciplinaires et professionnels au service de l'État dans leur appropriation.

Aires culturelles : Europe,

Suivi et validation pour le master : Obligatoire sur l'année (bi-mensuel)

Mentions & spécialités :
  • Histoire
    (Séminaire de recherche M1S1 M1S2 M2S3 M2S4)

Domaine de l'affiche : Histoire - Histoire et civilisations de l'Europe

Intitulé général : Histoire des savoirs

Renseignements : sur rendez-vous.

Direction de travaux d'étudiants : sur rendez-vous, en contactant les différents responsables du séminaire dans leurs établissements respectifs.

Réception : sur rendez-vous.

Niveau requis : niveau master.

Adresse(s) électronique(s) de contact : Morgane.Labbe(at)ehess.fr, Christine.Lebeau(at)univ-paris1.fr

Compte rendu

Sous la dénomination de « savoirs d’État », on désigne un ensemble large, variable et labile de savoirs (caméralisme, droit, économie, statistique, géographique, etc.), que l’on se proposait d’étudier dans une perspective européenne. Le séminaire s’intéressait au statut de ces savoirs à partir des voies diverses de leur formalisation (traités, manuels, revues, etc.), et à leur institutionnalisation. Il a accueilli au cours de ses séances successives plusieurs intervenants. Un premier groupe de trois séances centrées sur la France et les savoirs d’ingénieur s’est ouvert avec l’intervention de Stéphane Blond (Université d’Évry), à propos de La cartographie, une propédeutique à l’aménagement du territoire. L’atlas des routes royales de Trudaine (vers 1730-vers 1780). Cet atlas fut réalisé en réponse à une commande de l’État, et au moyen d’une administration spécifique. Sur cet exemple, S. Blond a montré comment l’outil cartographique s’insérait dans le processus décisionnel de l’État. La séance suivante a poursuivi cette réflexion avec l’exposé de Gilles Palsky (Université Paris-I/Panthéon-Sorbonne) consacré à « L’œuvre de la commission topographique et militaire de 1802 ». Rappelant que la cartographie devint un savoir d’État aux XVIIe et XVIIIe siècles avec la constitution de corps d’ingénieurs, son exposé a également souligné les liens avec l’administration. La Commission qui en hérite, se trouva, du fait des conquêtes napoléoniennes, à la fois sollicitée par une demande continue de cartes et le lieu d’entrepôt de cartes étrangères. Elle se donna comme mission, dans l’esprit d’universalité de la Révolution et face à l’hétérogénéité des travaux qui lui parvenaient, de produire des normes graphiques. Cet exposé montrait comment un savoir d’État s’était transformé pour devenir le lieu de production de normes. La troisième intervention, celle de Frédéric Graber (CNRS, centre Koyré) portait sur la question, « Les savoirs d’ingénieur comme savoir d’État ? ». À partir du corps des ingénieurs des travaux publics, il aborda la question de la place de l’ingénieur vis-à-vis de l’État et retraça l’évolution, du concepteur de projets devenu un expert-médiateur à l’ingénieur constructeur de l’État, investi d’un large pouvoir lui permettant d’agir au nom de l’État tout en acquérant une autonomie au sein de celui-ci. Ces trois interventions ont mis en relief des traits spécifiques des savoirs d’État en France, qui ont été contrastés avec ceux mis en avant par les exposés suivants sur l’espace germanique. Lothar Schilling (Université d’Augsbourg) a donné deux interventions. La première, « À la recherche des meilleures lois de police – la circulation de “savoirs législatifs” dans l’Allemagne du xviiie siècle » abordait la question des savoirs au fondement des législations et a mis en lumière l’importance en Allemagne de l’espace public régulé par la policey. Dans la seconde, « Savoirs d’experts et réformes agraires en Allemagne, 1750 à 1850 », il est revenu sur le statut d’expert à l’époque moderne, sur l’exemple du domaine agraire durant une période de changements profonds. Revêtant tour à tour la figure de l’entrepreneur, celle du faiseur de projets, s’appuyant sur l’expérience ou la réputation, l’expert ainsi étudié permettait d’aborder la question de l’innovation et de sa circulation au tournant du xviiie siècle. Lars Behrisch (Université d’Utrecht), dans son intervention sur « Le savoir des chiffres, nouvel outil politique en France et en Allemagne, 1750-1800 », aborda dans cette perspective comparative la question du statut des chiffres comme langage abstrait et leur rôle dans la prévision politique. Deux ateliers doctoraux ont été organisés, le premier en février sur le thème, « Centres et périphéries », avec comme discutant Oliver Jens Schmitt (Université de Vienne), le second en commun avec Laurent Feller (Université Paris-I/Panthéon-Sorbonne), en avril, a clos le séminaire, sur le thème « Comptes et comptabilités, écritures comptables, écritures d’État (Moyen-Âge/époque moderne) ».

Dernière modification de cette fiche : 24 novembre 2009.

Dernière mise à jour le 14/04/2009

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