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Mardi de 11 h à 13 h (salle 9, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 10 novembre 2009 au 9 février 2010. Pas de séminaire le 17 novembre
Le séminaire se centrera sur la politique coloniale inspirée des Lumières en Angola. Loin d’une histoire des représentations de l’Afrique, l’objectif est de faire une histoire des Lumières à partir de l’Afrique, pour comprendre la façon dont le local (colonial et africain) a réélaboré le projet réformiste du centre métropolitain. On procédera aussi à une analyse des récents débats historiographiques sur les centres des Lumières et son rapport à l’histoire de l’Atlantique. On enchainera par une analyse de l’inscription du projet des Lumières sur le terrain angolais, afin d’identifier les relations (continuités, conflits, appropriations, porosités) par rapport aux structures de colonisation d’Ancien Régime et aux sociétés africaines, qui se sont produits.
Mots-clés : Cartographie, Coloniales (études), Écriture, Géographie, Histoire, Histoire des sciences et des techniques, Historiographie, Savoirs,
Aires culturelles : Afrique, Atlantiques (mondes), Ibérique (monde), Transnational/transfrontières,
Suivi et validation pour le master : Semestriel
Domaine de l'affiche : Histoire - Histoire et civilisations de l'Afrique
Intitulé général : Expériences coloniales, pouvoirs africains et instances de savoir dans les "Afriques lusophones", XVIIe-XXIe siècle
Renseignements : sur rendez-vous.
Direction de travaux d'étudiants : Centre d’études africaines, 96 bd Raspail 75006 Paris, sur rendez-vous.
Réception : secrétariat du Centre d’études africaines, 96 bd Raspail 75006 Paris, tél. : 01 53 63 56 50.
Niveau requis : ouvert à tous les niveaux.
Adresse(s) électronique(s) de contact : cmadeira(at)ehess.fr
Nnous nous sommes intéressés aux rapports entre Lumières, colonisation et Afrique, profitant de ce que j’achevais la rédaction de mon livre consacré aux Lumières et à la reconfiguration de la colonie angolaise durant la deuxième moitié du XVIIIe siècle. Les étudiants ont pu suivre les enjeux méthodologiques engagés dans le processus de construction d’un objet à partir de sources manuscrites et imprimées éparpillées dans différentes archives et bibliothèques. Les séances d’introduction ont permis l’examen des récents débats historiographiques sur les rapports entre Lumières, colonisation et histoire atlantique, ainsi que l’analyse de la place (restreinte) accordée par la bibliographie des africanistes au XVIIIe siècle. Les séances suivantes furent plus précisément consacrées à l’étude du cas angolais. En somme, l’objectif a été de faire une histoire des Lumières à partir de la périphérie (l’Angola), plutôt qu’une histoire des images que l’Europe du XVIIIe siècle a produites sur l’Afrique. C’est pourquoi nous nous sommes d’abord centrés sur le projet impérial portugais pour l’Angola et sur les conditions de sa construction : les notions de « savoirs administratifs », « savoirs africanistes » et « savoirs africains » ont été convoquées pour asseoir l’idée selon laquelle ce projet tel qu’il fut conçu par l’administration du Marquis de Pombal (Premier ministre du roi D. José I) est né de la circulation d’informations d’origines diverses. Celles-ci étaient issues à la fois de la grande littérature juridique et philosophique de l’époque, des écrits des administrateurs coloniaux, de la cartographie, des récits de voyage et des renseignements véhiculés sur le terrain par les Africains eux-mêmes – on a alors interrogé la notion d’« informateur africain ». À ce titre, nous avons discuté l’idée d’« administrateur philosophe » proposée dans les sources coloniales portugaises pour désigner une nouvelle pratique de l’administration en contexte colonial. Dans un second temps, nous nous sommes penchés sur les conditions de réalisation de ce projet dans la colonie angolaise afin d’identifier les rapports de continuité ou de rupture, tant avec les anciennes structures coloniales d’Ancien Régime qu’avec les sociétés africaines. La confrontation entre ces trois matrices, colonisation des Lumières, colonisation d’Ancien Régime et sociétés africaines (bakongo, mbundu et ovimbundu), fut analysée à plusieurs niveaux : formes d’appropriation de l’espace, physique mais aussi intellectuelle – le topos du peuplement blanc et la cartographie par exemple ; l’administration de la justice et ses rapports avec le droit colonial et les droits locaux ; les relations avec les chefferies africaines à travers la bureaucratie ; et, enfin, la culture intellectuelle des élites coloniales.
Dernière modification de cette fiche : 16 novembre 2009.
Dernière mise à jour le 14/04/2009
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