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Mardi de 15 h à 17 h (salle 3, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 1er décembre 2009 au 8 juin 2010. La séance du 8 juin est annulée
Dans la continuité des enseignements proposés l’année précédente sur le thème du « genre de la réforme sociale », ce séminaire veut poursuivre son analyse du genre des réformateurs, des objets de la réforme sociale et des modalités d’action. Femmes et hommes participent, de manière différenciée, à la mise en place de mesures sociales, par le biais des lois mais aussi des associations, des Eglises ou des syndicats. Le séminaire s’intéressera particulièrement aux outils qui accompagnent le passage entre le début et la fin du XXe siècle (publicité et propagande, enquêtes sociales…). Comment évoluent les modes d’action étatiques ou associatifs ? Comment les engagements féminins se transforment-ils ? Telles sont quelques-unes des questions qui concernent la France mais aussi d’autres pays occidentaux sans jamais oublier les modalités de circulations transnationales.
1er décembre 2009 : Séance introductive
La protection sociale de l’enfance
8 décembre 2009 : Michel Chauvière (directeur de recherche au CNRS, CERSA), « La nouvelle gestion du social change-t-elle la vision de l'histoire de l'enfance inadaptée? »
15 décembre 2009 : Laura Lee Downs, « L’évacuation des enfants de Paris et de Londres entre 1939 et 1945 »
Le genre des syndicats
5 janvier 2010 : Morgan Poggioli (docteur, Université de Dijon), « Les travailleuses du Front populaire : Les oubliées du syndicalisme de masse confédéré ? »
12 janvier 2010 : Celia Keren (doctorante, EHESS), « L'engagement des instituteurs et des institutrices syndiqués en faveur des enfants évacués d'Espagne, 1936-1939 »
19 janvier 2010 : Pascale Le Brouster (doctorante, Université Paris VII-Diderot), « La CFDT face à la question des femmes : engagements et modes d’action au cours des années 1960-1970 »
La professionnalisation des réformatrices
26 janvier 2010 : Sylvie Schweitzer (Professeure, Université Lyon 2), « Des femmes pour s'occuper des femmes? La place des Inspectrices du Travail dans l'application du droit du travail, 1892-1945 »
2 février 2010 : Laura L. Downs, « Les surintendantes d’usines dans l’entre-deux-guerres » (sous réserve)
9 février 2010 : Pierre-Yves Saunier (chargé de recherche au CNRS, Lyon), « With a little help from their friends: la professionnalisation des infirmières en perspective transnationale, XIXe-XXe siècles »
16 février 2010 : Camille Fauroux (doctorante, EHESS), « Les travailleuses civiles en Allemagne, 1940-1944 »
La réforme sociale en entreprise
23 février 2010 : Malgorzata Mazurek (chercheuse post-doctorante, Berlin/Varsovie), « L´expérience de la pénurie : genre et politisation de la consommation en Pologne communiste dans les années 1970 »
2 mars 2010 : Christophe Capuano, « La distribution des allocations familiales en France (années 1930-1940) : disparités de genre et contrôles des mœurs »
9 mars 2010 : Hélène Frouard (post-doctorante, CRH), « Peut-on interroger les politiques du logement à travers la question du genre ? »
16 mars 2010 : Magali della Sudda (post-doctorante, IUE de Florence), « La charité et les affaires. Gestion d'une association féminine catholique : la Ligue patriotique des Françaises (1901-1914) »
23 mars 2010 : Sandrine Kott (professeure, université de Genève), « Les échelles de l'intervention sociale : de l'entreprise aux normes internationales, fin XIXe-XXe siècles »
30 mars 2010 : Jackie Clarke (professeure, University of Southampton), « Travail, consommation et politique sociale chez Moulinex »
Création et diffusion des savoirs en réforme
6 avril 2010 : Marie-Emmanuelle Chessel, « Hommes et femmes de la Ligue sociale d’acheteurs (1902-1914) : un double ‘héritage leplaysien’ ? »
13 avril 2010 : Christian Topalov (directeur de recherche et directeur d’études, EHESS, Centre Maurice-Halbwachs), « Society Women et activités réformatrices à Chicago en 1924. Observations d'un jeune sociologue »
4 mai 2010 : Virginie de Luca (professeure, Université de Picardie Jules Verne), « Les enjeux de la construction et des usages des indicateurs des risques de l'enfance »
11 mai 2010 : Leonora Dugonjic (doctorante, EHESS-Université de Genève), « Une 'culture générale' internationale. Sociogenèse des écoles internationales de Genève (1924) et de New York (1947) »
18 mai 2010 : Françoise Thébaut (professeure émérite, Université d’Avignon), « Bureau international du travail et réseaux réformateurs : l'exemple de Marguerite Thibert et du travail des femmes »
Séances destinées à la présentation des travaux des étudiant-e-s
25 mai 2010
1er juin 2010
8 juin 2010
Mots-clés : Droit, normes et société, Genre, Histoire, Histoire économique et sociale, Mouvements sociaux, Politique, Religieux (sciences sociales du), Santé, Savoirs, Sociohistoire, Sociologie, Travail,
Aires culturelles : Amérique du Nord, Europe, France,
Suivi et validation pour le master : Semestriel
Domaine de l'affiche : Histoire - Histoire et civilisations de l'Europe
Intitulé général : Histoire comparée de la gestion sociale. France-Angleterre, XXe siècle
Renseignements : Laura Lee Downs, CRH, EHESS 54 bd Raspail 75006 Paris ; Christophe Capuano, CRH, EHESS 54 bd Raspail 75006 Paris.
Direction de travaux d'étudiants : sur rendez-vous.
Réception : sur rendez-vous.
Adresse(s) électronique(s) de contact : downs(at)ehess.fr, capuano(at)libertysurf.fr
Mené depuis 2008, ce séminaire avait pour objectif d’intégrer la dimension du genre pour repenser l’histoire de la réforme sociale. Centré l’année précédente sur des univers plutôt féminins – celui des associations et de la philanthropie – dans le premier tiers du XXe siècle, le séminaire a connu un double élargissement, thématique et chronologique. Il a d’abord donné une nouvelle place à l’étude des hommes, afin de mettre au jour des engagements dans l’action réformatrice à la fois différents et complémentaires. Il a ensuite étendu l’étude à l’ensemble du XXe siècle, pour mieux poser la question de l’État social en actes et étudier les différentes formes de contribution à l’État providence.
Le programme s’est articulé autour d’une série d’interventions consacrées aux acteurs du monde de l’entreprise, aux syndicats et aux patrons face à la réforme sociale, de l’échelon local à l’échelon transnational. Une réflexion sur l’action des femmes dans le cadre d’un travail rémunéré issu d’une formation a également fait l’objet d’interventions sur la professionnalisation des réformatrices. Plusieurs intervenants sont venus présenter leurs travaux sur la création et la diffusion des savoirs – y compris informels – dans le cadre de la réforme sociale puis de la protection sociale. Le thème de la protection de l’enfance a permis d’évoquer ces différents questionnements de manière transversale. Enfin, la dernière série de séances a été nourrie par les présentations des recherches en cours des étudiants travaillant sur ces questions.
Le séminaire a ainsi permis d’éclairer le rôle respectif des hommes et des femmes face aux nouveaux modes d’action sociale mis en place tout au long du XXe siècle. Nous nous sommes interrogés sur la façon dont les hommes et les femmes utilisaient les syndicats pour agir sur la société, mais aussi sur l’action syndicale en tant qu’instrument d’émancipation pour les femmes. Nous avons vu que la place attribuée aux hommes et aux femmes dans les syndicats était très genrée, même dans les organisations a priori les plus réformatrices, et que la dimension émancipatrice de l’action syndicale n’allait pas de soi. Dans le contexte d’une croissance du salariat tout au long du XXe siècle, nous nous sommes interrogés sur le rôle de l’acteur patronal face à la réforme sociale et sur son utilisation en fonction de ses propres intérêts. Ont ainsi été mises au jour les différentes formes de contrôle moral de la main-d’œuvre féminine par le patronat et les diverses tentatives d’imposition par celui-ci des normes sociales, notamment en matière d’attribution de logement. À travers l’exemple des inspectrices du travail, ont été éclaircies les formes de féminisation de certaines activités qualifiées liées à la question sociale mais aussi les limites de l’accès des femmes aux fonctions d’encadrement. Enfin le séminaire a permis de s’interroger sur la contribution des femmes à la création de savoirs, même si elles sont globalement exclues des lieux officiels de création et d’enseignement. Les travaux ont montré leur grande capacité à s’inventer des espaces de production de savoir et d’action pour participer sous des formes spécifiques, parfois peu visibles mais très actives, à la réforme sociale. Les cas des bourgeoises américaines de Chicago ou des Filles du Cœur de Marie en France apparaissent de ce point de vue exemplaires.
Publications
• Writing Gender History, Londres, Arnold Press, 2004, 2e édition, revue et augmentée, Bloomsbury Press, 2010.
• « From Women’s History to Gender History », dans Writing history : Theory and practice, sous la dir. de Stefan Berger, Heiko Feldner and Kevin Passmore, eds., Arnold Press, 2003 ; nouvelle version revue et augmentée, Bloomsbury, 2010, p. 261-282.
• « Les Colonies de vacances (histoire de) », Jean-François Sirinelli et al., Dictionnaire de l’histoire culturelle de la France contemporaine, Paris, PUF, 2010, p. 168-171.
• « Le rejet du “château” au nom de l’enfant. La politique sociale de l’enfance ouvrière de la “municipalité providence” de Suresnes (1919-1939) », dans Le Château du social, sous la dir. de Samuel Boussion, Presses universitaires de Vincennes, 2010, p. 68-83.
Dernière modification de cette fiche : 10 juin 2010.
Dernière mise à jour le 14/04/2009
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