2009-2010

Capitalisme et marchés, XVIIIe-XIXe siècles : produits, travail et société

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

Vendredi de 16 h à 18 h 15 (45 rue d'Ulm 75005 Paris, salle Cavaillès de novembre à janvier, puis salle Celan), du 6 novembre 2009 au 4 juin 2010

Ce séminaire est un lieu de réflexion et de débat pour tous les  étudiants et chercheurs intéressés par l’étude des relations entre l’État, la société et le marché, en France, en Angleterre et dans le monde atlantique-nord, au moment de l’essor du libéralisme économique et politique. Il s'attache tout particulièrement à l'étude du développement du capitalisme, de la construction et de la régulation des marchés (marchés des produits, marchés de l’emploi).

Calendrier des séances

6 novembre 2009 : Introduction : du capitalisme aux marchés

20 novembre 2009 : Pierre Gervais, La construction du marché textile à l'épreuve de la mécanisation aux États-Unis, Waltham 1815-1825

27 novembre 2009 : Dominique Margairaz, Philippe Minard, Sur l’économie morale (1). Ce que taxer veut dire : économie morale et taxation des subsistances, XVIIIe-XXe siècles

4 décembre 2009 : séance commune avec le PRI Études britanniques (EHESS) , à 14 h (10 rue Charles-V, 75004 Paris). Tim Hitchcock (University of Hertfordshire), The Gordon Riots, and their impact on the creation of a new working-class attitude to the State

11 décembre 2009 : Dominique Margairaz, Pierre Gervais, Philippe Minard, Sur l’économie morale (2). « L’économie morale » : usages et mésusages d’un concept

8 janvier 2010 : François Eymard-Duverney (Université Paris-Ouest), Marché, transactions et conventions de qualité : La mal-mesure du travail dans les transactions marchandes

22 janvier 2010 : Julien Villain (Université Paris-I), Coordination et hiérarchie du commerce dans l’espace rhénan/mosellan au XVIIIe siècle

5 février 2010 (attention, désormais en salle Paul-Celan) : Anne Wegener (Université Paris-I), Le pouvoir des courtiers. L'organisation du marché du vin  
néerlandais au XVIIIe siècle

12 février 2010 : Vincent Demont (Université Paris-VII), Institutions urbaines, circulation et travail des métaux précieux autour de Hambourg au XVIIe siècle

26 février 2010 : Karim Ghorbal (Université Paris-VIII), Commerce, religion, empire : l’économie politique de Josiah Tucker

5 mars 2010 : Oscar Gelderblom (Université d’Utrecht), Coordination et régulation du commerce international aux Pays-Bas, XVIe-XVIIe siècles

12 mars 2010 : Philippe Minard, Une approche d’histoire globale : La « Grande divergence » selon Kenneth Pomeranz

26 mars 2010 : Giorgio Riello (Université de Warwick), The exchange of cotton textiles and the globalization of the early modern world, c. 1400-1800

2 avril 2010 : séance commune avec le PRI Études britanniques (EHESS) , à 14 h (10 rue Charles-V, 75004 Paris). Giorgio Riello, Small and beautiful ? Social investigation, entrepreneurship and the late Nineteenth-Century London economy

2 avril 2010 : Giorgio Riello (Université de Warwick). The London manufacturing economy: between decline and modernity, XVIIIth-XIXth centuries

7 mai 2010 : Pauline Lemaigre (Université Paris-I). Entre coordination et administration: le service des Menus plaisirs comme entrepreneur

20-21 mai 2010 : Journées d’études Voies et moyens du profit marchand au XVIIIe siècle, avec notamment David Hancock (University of Michigan), Simon D. Smith (University of Hull), horaires et lieu à préciser

4 juin 2010 : Dominique Margairaz, Qualité des produits et fiscalité indirecte au XVIIIe siècle

Le séminaire est ouvert aux étudiants de master et doctorat, et à  tous les chercheurs intéressés. Il est validable en crédits ECTS.

 

Suivi et validation pour le master : Obligatoire sur l'année (bi-mensuel)

Mentions & spécialités :

Domaine de l'affiche : Histoire - Histoire et civilisations de l'Europe

Intitulé général : Histoire comparée de la régulation socioéconomique en France et en Angleterre, 1680-1848

Direction de travaux d'étudiants : sur les lieux du séminaire, de 14 h à 16 h et sur rendez-vous par courriel.

Réception : sur rendez-vous par courriel.

Niveau requis : ce séminaire est ouvert aux étudiants de master et aux doctorants, ainsi qu’à tous les chercheurs intéressés. Il est validable en crédits ECTS.

Site web : http://www.univ-paris8.fr/idhe/article2.php3?id_article=12

Adresse(s) électronique(s) de contact : philippe.minard(at)ens.fr

Compte rendu

Ce séminaire est depuis l’origine consacré à l’étude des relations entre les institutions, la société et le marché, en France et en Angleterre, au moment de l’essor du libéralisme économique et politique.
L’intitulé retenu cette année encore était celle de la relation « Capitalisme et marchés ». La démarche et la problématique d’ensemble ont été précisées lors des premières séances, consacrées à la (re)-lecture des pages de Civilisation matérielle, économie et capitalisme, dans lesquelles F. Braudel discute la notion de « marché auto-régulateur », et les thèses de Karl Polanyi dans La grande transformation. Les usages historiens, plus ou moins rigoureux, du concept d’« économie morale de la foule » ont fait l’objet d’une discussion critique, en s’appuyant sur les exemples des modalités de taxation des subsistances en France aux XVIIIe et XIXe siècles, d’une part, et de l’économie villageoise sud-asiatique d’autre part. On a plaidé pour un usage restreint de la notion, en conformité avec la définition originelle proposée par Edward Thompson (cf. Annales historiques de la Révolution française, 352, avril-juin 2008, p. 53-100). L’analyse du parcours de Josiah Tucker (Karim Ghorbal) a également permis de réintroduire les enjeux de l’économie politique du temps, sous l’angle d’une histoire sociale concrète des pratiques intellectuelles. Enfin, la contribution de François Eymard-Duvernay, consacrée à « la mal-mesure du travail dans les transactions marchandes » contemporaines, a permis de rediscuter l’apport de l’économie des conventions, notamment dans le domaine des conventions de qualité.
Un certain nombre de séances ont ensuite été dévolues à l’analyse de configurations marchandes situées, en portant une attention particulière à la façon dont les acteurs recouraient à telle ou telle ressource normative ou institutionnelle. Ainsi, les modalités de la mécanisation du marché textile aux États-Unis, à travers l’exemple de la firme Waltham 1815-1825, en partant de ses procédures comptables (Pierre Gervais) ; les activités et la géographie du commerce dans l’espace rhénan/mosellan au xviiie siècle (Julien Villain) ; les formes d’inscription institutionnelle du travail des métaux précieux dans la région de Hambourg au XVIIe siècle (Vincent Demont) ; la coordination et la régulation du commerce international aux Pays-Bas aux XVIe-XVIIe siècles (Oscar Gelderblom, Université d’Utrecht) ; le fonctionnement de l’administration royale des Menus plaisirs comme entrepreneur (Pauline Lemaigre) ont été analysées. La participation aux journées d’étude de l’ANR Marprof, « Voies et moyens du profit marchand au XVIIIe siècle » a clos ce cycle. Le séminaire a enfin été partie prenante de certaines activités du PRI Études britanniques, à travers certaines séances communes, autour de chercheurs britanniques invités : Tim Hitchcock (Université de Hertfordshire) a fait le point sur les apports des grandes enquêtes et publications de sources qui sont à l’origine de la new social history of crime qui s’est développée en Angleterre depuis les années 1990 ; Giorgio Riello (Université de Warwick) a proposé une relecture des fameuses enquêtes de Charles Booth sur le sweating system et les petites entreprises à Londres à la fin du XIXe siècle, montrant comment l’enquête est structurée par les préjugés des enquêteurs bourgeois contre la prétendue inefficacité de ces entreprises.
Enfin, la présence de Giorgio Riello (Warwick) a été l’occasion de changer d’échelle, et de faire le point des apports et limites du courant dit de « l’histoire globale », à travers la discussion des travaux de Kenneth Pomeranz (avec la traduction de Une grande divergence, et la parution de La force de l’empire. Révolution industrielle et écologie, ou pourquoi l’Angleterre a fait mieux que la Chine), présentés par Philipe Minard, d’une part, et les exposés de Giorgio Riello sur l’histoire globale du coton à l’époque moderne, d’autre part.

Publications
• « Du charbon et des plantations », dans La force de l’empire. Révolution industrielle et écologie, ou pourquoi l’Angleterre a fait mieux que la Chine, sous la dir. de Kenneth Pomeranz, (présenté par Philippe Minard), Alfortville, éditions è®e, 2009, p. 7-32.
• « Norme, istituzioni e regolazione dell’economia. Nuovi approcci del mercato in Francia, secoli XVIII-XIX », Studi storici, n° spécial, « La storia economica delle società dell’Europa preindustriale », 50-3, juillet-septembre 2009, p. 695-716.
• « La “réforme” en France et en Angleterre au XVIIIe siècle », Revue d’Histoire moderne & contemporaine, 56-4 bis, supplément 2009, p. 5-13.
• « “À bas les mécaniques !” : du luddisme et de ses interprétation : à propos de François Jarrige, Au temps des “tueuses de bras”. Les bris de machines à l’aube de l’ère industrielle », sur le site de la Revue internationale des livres et des idées, mai 2010 : http://revuedeslivres.net/articles.php?idArt=526.
• « Postface à l’édition française : les hectares fantômes ou les vertus de l’histoire globale », dans Une grande divergence. La Chine, l’Europe et la construction de l’économie mondiale, sous la dir. de Kenneth Pomeranz, Paris, Albin Michel, 2010, p. 495-498.
• « Révolution industrielle et divergence Orient-Occident. Une approche d’histoire globale », Revue de synthèse, vol. 131, n° 3, août 2010, p. 455-464.

Dernière modification de cette fiche : 22 octobre 2009.

Dernière mise à jour le 14/04/2009

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