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Mardi de 14 h à 17 h (EHESS, Centre de la Vieille-Charité (salle A), 2 rue de la Charité 13002 Marseille), les 2, 9, 16 et 23 mars, 20 avril, 4, 11 et 18 mai 2010. La séance du 4 mai est annulée et remplacée par une séance le lundi 10 mai.
Après une première année consacrée aux formes et aux pratiques de la négociation économique, cette année, le séminaire s’élargira à l’étude des espaces économiques, qui apparaissent comme des lieux d’articulation entre dynamiques « globales » et formes de création du « local ».
En s’appuyant sur des enquêtes récentes ou en cours, le séminaire s’orientera vers une analyse de cas concrets, concernant des situations de changement économique, appréhendés dans une perspective comparative : les districts industriels, les espaces protégés, les groupements de producteurs et/ou de consommateurs, les espaces créés par des mouvements politiques transnationaux qui modèlent une idéologie de l’économie soutenable (comme le mouvement « Slow Food »).
À travers sa capacité à s’introduire dans les interstices des mécanismes sociaux et à appréhender les conceptions et les pratiques des individus, l’anthropologie constitue un point d’observation privilégié pour comprendre les configurations et les changements au sein d’un système économique global. En se situant aux diverses échelles spatiales et institutionnelles, il s’agira ici d’analyser les processus de restructuration des activités économiques et des territoires, qui s’accompagnent d’idéologies différentes d’un contexte à l’autre. On s’intéressera ainsi aux pratiques, aux logiques et aux politiques de définition et mise en place de ces espaces tout comme aux relations sociales, productives, d’échange et de pouvoir. En conjuguant empiriquement l’économique et le politique, ce séminaire vise notamment à montrer l’enrichissement qui peut résulter du rapprochement de ces deux champs traditionnellement séparés au sein de l’anthropologie.
À partir de ces différents cas et contextes, les concepts classiques de l’anthropologie économique seront réinterrogés à la lumière des principaux débats qui traversent ce domaine aujourd’hui.
Mardi 9 mars: « Les appellations d’origine comme espaces économiques »
Marie France Garcia (INRA, CSE), « Le cas des AOC en France »
Valeria Siniscalchi, « À la marge des appellations »
Mardi 16 mars : « Espaces économiques et enjeux de la diversité »
Jean-Pierre Hassoun (CNRS, IIAC) « Restaurants africains et franco-maghrébins à New York. Renouvellement des exotismes alimentaires dans la ville globale »
Valeria Siniscalchi, « Les ‘communautés de la nourriture’ du mouvement Slow Food »
Mardi 23 mars : « Les espaces du travail industriel »
Massimiliano Mollona (Goldsmiths-University of London, enseignant invité à l'EHESS) « Usines, travail industriel et nouveaux espaces économiques: le cas de Sheffield »
Valeria Siniscalchi, « Les districts industriels en Italie: concepts, labels et pratiques sociales »
Mardi 20 avril : Massimiliano Mollona (Goldsmiths-University of London, enseignant invité à l'EHESS) « Nouvelles configurations du marché du travail au Brésil »
Lundi 10 mai (remplacement de la séance du 4 mai) : « Espaces, ressources, activités »
Mardi 11 mai : Marie-Vic Ozouf-Marigner (CRH, EHESS), "Espace économique versus espace géographique: relire François Perroux".
Valeria Siniscalchi, "Les enjeux économiques des espaces protégés".
Mardi 18 mai : Exposés des étudiants
Mots-clés : Anthropologie, Économie, Environnement, Mouvements sociaux, Politique, Spatialisation, territoires,
Aires culturelles : Arabe (monde),
Suivi et validation pour le master : Semestriel
Domaine de l'affiche : Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie
Intitulé général : Anthropologie des espaces économiques
Renseignements : horaires et dates affichés à l'EHESS-Marseille. Renseignements : Laure Ginod, EHESS, Centre de la Vieille-Charité, 2 rue de la Charité 13002 Marseille, tél. : 04 91 14 07 27, ginod(at)ehess.fr
Direction de travaux d'étudiants : sur rendez-vous
Réception : sur rendez-vous
Site web : http://shadyc.ehess.fr/document.php?id=548
Adresse(s) électronique(s) de contact : valeria.siniscalchi(at)ehess.fr
Après une première année consacrée à l’étude des formes et des pratiques de la négociation économique, le séminaire s’est élargi cette année à celle des espaces économiques. Une partie des séances a permis de confronter mes recherches personnelles avec celles d’autres anthropologues, de sociologues et d’historiens. En s’appuyant sur des enquêtes récentes ou en cours, le séminaire s’est consacré à l’étude de situations de changement économique appréhendées dans une perspective comparative. Les différents cas exposés ont permis d’interroger la notion d’espace économique de différents points de vue et à diverses échelles d’analyse, spatiales et institutionnelles.
Après la relecture de quelques études classiques portant sur les espaces économiques (de I. Wallerstain aux travaux d’E. Wolf), une première série d’interventions s’est articulée autour du thème de l’alimentation. L’intervention de Marie-France Garcia (INRA, CSE) a porté sur les appellations d’origine des vins français. À partir d’une comparaison avec des cas, surtout italiens, de produits « à la marge » ou « hors appellations », nous avons abordé les conflits et les enjeux des processus de labellisation et mis l’accent sur les phénomènes de production de lieux que ces processus génèrent. Nous avons pu également réinterroger la notion de typicité. Une séance a été dédiée aux usages économiques de la « diversité », à travers l’étude des cuisines et des restaurants « africains » et « franco-maghrébins » à New York qui a été présentée par Jean-Pierre Hassoun (CNRS, IIAC). Ce cas a été mis en perspective avec les usages de la diversité opérés par le mouvement Slow Food dans les élaborations plus récentes de sa philosophie et dans ses actions visant à repenser les économies locales.
Avec la contribution de Massimiliano Mollona (Goldsmiths – Université de Londres), enseignant invité à l’EHESS à Marseille durant le mois d’avril, nous avons exploré les espaces économiques produits par les activités industrielles et par leur « labellisation ». Le cas de Sheffield – qui a servi de modèle de district industriel –, celui d’un district italien considéré comme « atypique » par les théoriciens des districts – et enfin une cité sidérurgique au Brésil ont permis de réinterroger le « district industriel » en l’abordant à la fois comme cas concret, comme concept et comme espace politique. Nous avons aussi traité la question des limites entre activités formelles et informelles.
La relecture que Marie-Vic Ozouf (EHESS, CRH) a proposé du texte de Perroux, « Espaces économiques » (1950), s’est attachée à la notion d’espace du point de vue géographique. Les territoires des géographes ont été mis en parallèle avec ceux des gestionnaires des espaces protégés. En s’appuyant également sur les travaux récents d’anthropologie de la localité, cette troisième partie du séminaire a appréhendé les parcs naturels comme des espaces économiques ainsi que politiques et a mis en lumière les rapports complexes entre protection, tourisme, gestion des ressources et « développement » économique.
Les districts industriels, les espaces protégés, les groupements de producteurs et/ou de consommateurs créés par des mouvements politiques transnationaux (par exemple Slow Food) ont été étudiés comme étant à la fois des lieux d’articulation des dynamiques « globales » et de création du « local ».
Parallèlement à mon séminaire et aux enseignements du tronc commun du master (mention RCAHS), j’ai participé, avec Alan Kirman (EHESS, GREQAM) et Juliette Rouchier (CNRS, GREQAM), à la coordination d’un nouveau séminaire interdisciplinaire « Marché/Marchés. Approches interdisciplinaires des économies ». Durant cette première année, nous avons abordé le marché comme institution concrète, plutôt que sous la forme d’une entité abstraite, choix que l’on reproche souvent aux économistes. Les marchés permettent d’observer les pratiques de l’échange, les interactions et les manières de penser les faits économiques. À partir d’approches différents, des économistes, sociologues et anthropologues ont confronté leurs analyses dans des séances thématiques : les marchés des vins, les marchés du travail, les marchés alimentaires internationaux.
Le financement par les fonds de la recherche de l’EHESS dont j’ai pu bénéficier en 2009 m’a permis d’effectuer des périodes de terrain en Italie et de travailler à mon actuel thème de recherche qui porte sur le mouvement Slow Food ; les acquis de ces terrains ont été discutés au cours de mes séminaires. J’ai par ailleurs présenté une communication sur « Good, clean and fair. The Slow Food movement and the moral economy of food » au congrès de l’European Association of Social Anthropology (à Dublin) dans le cadre d’un workshop sur la production de la légalité. J’ai exploré le cas du mouvement Slow Food aussi en parallèle avec d’autres groupements de consommateurs, à travers la participation à un programme de recherche multidisciplinaire sur les AMAP, coordonné par Juliette Rouchier et financé par la Direction de l’Économie Régionale, de l’Innovation et de l’Enseignement Supérieur, Région Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Publications
• « I processi di tipicizzazione tra singolarità e ripetizione », dans Culture della sostenibilità, n° 6, IX, 2009, p. 121-134.
• « Des pierres pour l’avenir. Économie et histoire dans le Samnium », dans Les monuments sont habités, sous la dir. de Daniel Fabre et Anna Iuso, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, coll. Cahiers d’ethnologie de la France, Paris, 2010, p. 253-274.
• « Competere e cooperare. Imprenditori, operai, economisti nel Mezzogiorno », dans Competizione, cooperazione, invidia. Saggi di antropologia, sous la dir. de Franco Lai, Rome, CISU, 2010, p. 101-121.
Dernière modification de cette fiche : 10 mai 2010.
Dernière mise à jour le 14/04/2009
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