2009-2010

Ethnométhodologie : descriptibilité et ordre social

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

2e et 4e jeudis du mois de 15 h à 17 h (salle 242, 54 bd Raspail 75006 Paris), du 12 novembre 2009 au 10 juin 2010. Pas de séance le 25 février.

L’ethnométhodologie, parfois présentée comme une sociologie radicale, du fait qu'elle s’intéresse à l’ordre social en tant et tel qu’il est produit par les gens dans le cours même de l’action en commun qui les réunit, en sorte que leurs conduites soient intelligibles et puissent participer au déroulement de l’agir en commun. Cette perspective, qui se veut naturaliste, résolument ancrée dans la description ethnographique et praxéologique, porte une attention spécifique aux catégorisations d’appartenance, à la conversation, au travail d’ordonnancement et à la raison ordinaire. Sur la base de lectures de textes et de comptes rendus d’enquêtes de terrain, le séminaire entend procéder en quatre temps : dans une  première partie, il s’agira de rappeler les fondements de la démarche ethnométhodologique ; deuxièmement, on traitera de sa dimension ethnographique ; dans un troisième temps, on s’intéressera aux objectivations mondaines de la réalité et aux questions liées à l’existence de versions concurrentes ; enfin, on abordera le thème de la respécification ethnométhodologique de l’action politique.

Jeudi 27 mai 2010 : Lena Jayyusi (professeur à l'Université Cheikh Zayed, Dubaï), "Discursive Cartographies, Moral practices : The Gaza war and International Law"

 

Ce séminaire se tient en parallèle à l'Atelier "Ethnométhodologie"

Ce séminaire est accessible sur la plateforme d'enseignement de l'Environnement numérique de travail de l'EHESS :

Mots-clés : Sociologie,

Suivi et validation pour le master : Semestriel

Mentions & spécialités :

Renseignements : sur rendez-vous.

Adresse(s) électronique(s) de contact : baudouindupret(at)skynet.be, ogien(at)ehess.fr, barth(at)ehess.fr

Compte rendu

Les premières séances ont été l’occasion de brosser le cadre théorique et empirique au sein duquel l’ethnométhodologie de Garfinkel s’est développée. Nous avons abordé les thématiques de l’ordre social, de l’action conduite en relation à une règle, des institutions, etc. et avons montré en quoi la démarche de « respécification » de l’ethnométhodologie apportait des perspectives et procédures d’analyse nouvelles de ces thématiques sociologiques classiques. Trois blocs d’enquête ont constitué le cadre de ce séminaire.
Les séances consacrées à la praxéologie du politique se sont concentrées sur l’étude des débats parlementaires, à partir d’un matériel consistant dans la retranscription verbatim de séances du parlement égyptien, syrien et afghan. En nous démarquant des approches abstraites, qui considèrent les débats comme une délibération orientée vers le choix de la meilleure solution, ou des approches cyniques, qui considèrent que rien ne se passe dans les débats, nous avons montré que ceux-ci étaient partie prenante de la production continue d’un ordre politique ; et que cet ordre ne pouvait pas être considéré indépendamment de l’ensemble des échanges langagiers des parlementaires, de leurs engagements et de leurs alignements sur des lignes argumentatives. Nous nous sommes notamment intéressés à la production de l’ordre parlementaire par le Règlement intérieur, au rôle crucial du président de séance, à l’utilisation de pertinences, c’est-à-dire de références considérées comme allant de soi et donc non soumises à discussion. Trois mécanismes ont été particulièrement présentés, celui de « l’action instruite », celui des « réseaux dialogiques » et celui de la « solidarité institutionnelle ». L’action instruite permet d’analyser le rapport au Règlement intérieur comme aux pertinences. Les réseaux dialogiques permettent de comprendre en quelle manière les débats parlementaires sont contextualisés par des débats externes au Parlement. La solidarité institutionnelle (et d’autres formes de solidarité comme la « solidarité négative ») permet de comprendre les alignements argumentatifs indépendamment de l’adhésion à un raisonnement précis.
Trois séances ont été consacrées aux méthodes spécifiques d’enquête de terrain développées par l’ethnométhodologie. Elles ont permis de présenter deux textes fondamentaux : l’analyse du « cas Agnès » par H. Garfinkel, et le travail de L. Wieder dans une institution de semi-liberté décrit dans « Language and Social Reality ».
Enfin, trois séances ont été dévolues à la présentation de travaux ethnométhodologiques portant sur les situations de comptes rendus perceptuels divergents des mêmes événements. Des auteurs comme E.C. Cuff, Dorothy Smith, Peter Eglin, Melvin Pollner, Alfred Schütz, notamment, ont été convoqués pour examiner les modes de raisonnement ordinaire, ainsi que les présupposés de l’attitude naturelle, qui conditionnent la production de tels énoncés disjonctifs, ainsi que les méthodes ordinaires mises en œuvre par les membres, pour tenter de dépasser ces divergences de vue.

Dernière modification de cette fiche : 4 juin 2010.

Dernière mise à jour le 14/04/2009

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