2009-2010

Agalma. Approches comparées de la notion de figuration (suite)

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

Lundi de 17 h 30 à 19 h 30 (INHA, salle de séminaires de la bibliothèque Gernet-Glotz, 2 rue Vivienne 75002 Paris), les 9 et 23 novembre, 7 décembre 2009, 11 et 25 janvier, 8 février, 8 et 22 mars, 12 avril, 3 et 17 mai, 7 juin 2010

Ce séminaire s’inscrit dans la lignée des travaux de l’atelier « Antiquité et sciences sociales », créé au sein du Centre Louis-Gernet en 2003. Poursuivant son approche critique de la notion de figuration, il développera cette année trois axes de recherche : 1) une enquête historiographique sur les notions d'idole et de fétiche ; 2) un approfondissement de l'analyse de la polysémie du terme grec agalma à travers l'étude des sources littéraires et épigraphiques ; 3) un dialogue comparatiste autour d'une palette de sèmes, de la « belle offrande » à l’éclat de la parure, convoquant, entre autres, la brillance, la bigarrure et l’éphémère. Au centre de cette réflexion, se croisent des questionnements relatifs à l’emprise, à la capture du regard et à la relation à l’invisible.

Suivi et validation pour le master : Obligatoire sur l'année (bi-mensuel)

Mentions & spécialités :

Domaine de l'affiche : Anthropologie historique

Intitulé général : Atelier « Antiquité et sciences sociales »

Renseignements : Marcello Carastro, Centre Louis-Gernet de recherches comparées sur les sociétés anciennes, INHA 2 rue Vivienne 75002 Paris, tél. : 01 47 03 84 16.

Direction de travaux d'étudiants : sur rendez-vous.

Réception : sur rendez-vous.

Niveau requis : tous niveaux.

Adresse(s) électronique(s) de contact : carastro(at)ehess.fr, sdugast(at)mnhn.fr, ivonne.manfrini(at)hesge.ch

Compte rendu

Les travaux conduits cette année par l’atelier « Antiquité et sciences sociales » sur l’agalma grec et la question de la figuration ont été développés à partir des axes suivants : 1) l’énonciation ; 2) la temporalité ; 3) le dispositif ; 4) l’efficacité. Ces quatre axes se sont révélés comme autant d’angles d’approche visant à mieux appréhender ces objets complexes que l’on désigne habituellement par des termes tels que « statues » ou « images divines », « idoles » ou « fétiches ». En premier lieu, l’analyse des sources épigraphiques grecques d’époque archaïque, classique et hellénistique (notamment de dédicaces) a en effet mis en évidence l’importance de l’énonciation, qu’elle soit écrite ou orale, dans l’activation de ces objets auxquels on peut adresser la parole ou qui se voient chargés de la fonction énonciatrice. La présentation de Carlo Severi (EHESS) de ses travaux récents sur la « parole prêtée » a contribué à développer ce cadre de réflexions sur l’agentivité attribuée aux objets. En deuxième lieu, la question de la temporalité, qui avait déjà retenu l’attention de l’atelier, s’est également imposée à la suite des analyses de certains énoncés écrits analysés par Nicole Lanérès : plus que le produit fini d’une opération artisanale particulièrement valorisée, l’agalma apparaît comme un processus qui charge l’objet d’une valeur. En troisième lieu, la nécessité d’appréhender ces objets non pas dans leur singularité et leur isolement mais en tant que dispositifs insérés dans un espace déterminé et investis par un système complexe de gestes a permis de mieux apprécier la fonction relationnelle qui les caractérise. En quatrième et dernier lieu, la question des effets produits par la vision de ces objets, qui avait déjà été évoquée à partir des sources grecques d’époque archaïque valorisant l’éclat, le plaisir et la stupeur qu’il suscite, a pu être approfondie grâce aux réflexions sur l’illusionnisme et sa dimension spectaculaire qu’ont développées les interventions de Charles Malamoud (EPHE) sur « Magie et politique. Images animées dans un traité de l’Inde ancienne sur la science du gouvernement » et d’Hélène Fragaki sur « Les statues merveilleuses d’Alexandrie ». Deux séances du séminaire, animées par Frédérique Ildefonse (CNRS), ont enfin été consacrées aux lectures que Jacques Lacan a pu proposer du Banquet de Platon pour élaborer son interprétation de l’agalma.

Dernière modification de cette fiche : 7 juillet 2009.

Dernière mise à jour le 14/04/2009

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