S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.
Mercredi de 14 h à 18 h (salle informatique, 1er étage, 96 bd Raspail 75006 Paris), les 21 octobre, 18 novembre, 16 décembre 2009, 3 février, 24 mars, 26 mai et 23 juin 2010. La séance du 21 octobre 2009 est annulée. La séance du 26 mai est annulée, ainsi que celle du 23 juin.
Le séminaire se penchera sur l'émergence des Digital Humanities (DH), en Amérique du Nord et en Europe, à l'intersection des sciences humaines et sociales et des computer sciences. Ce terme désigne tout à la fois un ensemble de pratiques de recherche mobilisant de manière structurelle des moyens informatiques, des modèles épistémologiques relevant du concept de "e-sciences", mais aussi des modes de diffusion des résultats de la recherche qui mobilisent les nouveaux moyens de communication en réseau. À un autre niveau, le développement des Digital Humanities a des implications en terme de politique scientifique pour les sciences humaines et sociales en faisant porter l'attention sur le besoin d'infrastructures de recherche d'un nouveau type (développement des cyberinfrastructures, grilles de calcul et plates-formes d'édition). Enfin, les Digital Humanities représentent, pour des disciplines dont l'inscription dans le champ scientifique fait débat, une opportunité pour aborder sous un angle différent leur position dans les relations sciences-société.
C'est à poursuivre ces questionnement que s'attachera le séminaire. Il s'agira, au cours de cette première année de dessiner les contours, d'explorer les différentes dimensions et de dresser une première cartographie d'une notion peu connue en France et n'y faisant pas encore l'objet d'un débat structuré. Du point de vue méthodologique, le séminaire est couplé avec des ateliers pratiques organisés en salle informatique, et permettant aux participants de bénéficier d'une formation minimale à la manipulation des outils où à l'utilisation des ressources évoqués et analysés en séminaire.
18 novembre 2009 : Corinne Welger-Barboza, maître de conférences en Sciences de l'information et de la communication et en Histoire de l'art à l'Institut Michelet, Université Paris-I : Les Digital Humanities aujourd'hui : centres, réseaux, pratiques et enjeux
Les Digital Humanities peuvent être actuellement définies de la façon suivante : l’exploitation des technologies numériques d’information et de communication par ce que nous ne nommons plus les Humanités mais Sciences humaines et sociales. Cette démarche implique une pratique qui repose sur la collaboration d’enseignants et chercheurs de ces disciplines avec des ingénieurs et des techniciens susceptibles de maîtriser toute la chaîne d’une forme particulière d’édition numérique. Ces réalisations éditées, appelons-les des corpus instrumentés, sont accessibles sur le Web ; elles attestent de l’essor de ce qui est considéré a minima comme un domaine singulier, a maxima comme une discipline. Après avoir dressé rapidement une carte des centres de Digital Humanities, nous nous appuierons plus particulièrement sur les institutions nord-américaines du genre. En effet, celles-ci présentent un mode d’organisation, de fonctionnement et un développement en réseau qui nous paraissent particulièrement ajustés aux objectifs poursuivis par les "Digital Humanists".
16 décembre : Lou Burnard : du Literary & linguistic computing aux Digital Humanities : retour sur 40 ans de relations entre sciences humaines et informatique.
Les sciences humaines sont en train de vivre un tournant majeur en intégrant de manière de plus en plus étroite l'usage des technologies numériques dans leurs pratiques de recherche. Cette évolution est pourtant en marche depuis plusieurs décennies, avec, dès les années 60, la réalisation de l'index Thomisticus par Roberto Busa. Dans son intervention, Lou Burnard revient sur cette évolution historique qu'il propose d'analyser suivant une structuration en trois périodes : Literary & linguistic computing, Humanities computing et enfin Digital humanities. Ces trois moments peuvent être identifiés comme trois pistes et positionnements différents dans la manière d'explorer les relations entre sciences humaines et informatique.
Après l'intervention de Corinne Welger-Barboza qui exposait le mois dernier le mode de fonctionnement des centres de digital humanities aujourd'hui aux Etats-Unis, la communication de Lou Burnard apporte au séminaire sur les Digital humanities une profondeur historique complémentaire permettant de mieux comprendre les enjeux devant lesquels nous nous trouvons actuellement.
Lou Burnard est directeur de l'Information and support group des Oxford University Computing Services. Figure importante de la communauté TEI, il est co-éditeur des Guidelines for Electronic Text Encoding and Interchange et participe aux travaux du British National Corpus. Il travaille depuis cette année à temps partiel pour le TGE Adonis.
3 février 2010 : Cette séance portera sur le sujet suivant : "XML TEI : un outil méthodologique pour la recherche en SHS". La séance se déroulera en 3 temps :
1er temps : Introduction à XML-TEI. Enjeux et perspectives par Nicole Dufournaud
2e temps : Un projet de recherche en phase de démarrage au Grihl-CRH : l'édition électronique critique de "La Vie de Michel de Marillac par Nicolas Lefevre de Lezeau" (XVIIe siècle).
Présentation d'un exemple à partir des variantes de 3 versions manuscrites du chapitre 16 sur la Ligue par Valérie Gratsac-Legendre, Christian Jouhaud, François-Xavier Petit, Cécile Soudan
3e temps : Atelier pratique. Indexation d'un corpus TEI à partir d'une plateforme collaborative par Nicole Dufournaud
24 mars : L’analyse de grands corpus évolutifs et la socio-informatique des controverses : de Prospero à Marloweb
Francis Chateauraynaud GSPR – EHESS
Patrick Trabal Université Paris-X/Nanterre
À partir de travaux développés depuis le milieu des années 1990 à la croisée de la sociologie et de l’informatique, cette séance du séminaire examinera des méthodes et des procédures utilisées pour l’analyse de dossiers complexes saisis comme autant de grands corpus évolutifs, formés de textes numérisés. La première partie de la séance reviendra sur la genèse des outils placés au cœur de la suite logicielle Prospéro-Marlowe-Tirésias tout en les situant dans le champ des outils d’analyse informatisée pour les SHS. La deuxième partie sera consacrée à une démonstration réalisée sur plusieurs corpus de façon à expliciter un certain nombre de concepts et de protocoles. Bien que fortement orientés vers les objets de la sociologie des controverses et des conflits, ces outils peuvent trouver des applications sur des corpus très différents, et à ce titre devraient intéresser la plupart des disciplines des sciences sociales. Enfin, la troisième partie prendra la forme d’un travail d’enquête collaborative sur un dossier choisi par les participants. Les discussions qui ne manqueront pas de surgir permettront d’examiner collectivement les conditions dans lesquelles ce type d’approche peut s’insérer dans le mouvement plus général des « digital humanities » et entrer en interaction avec de multiples formes d’archivages et de traitements numériques.
La socio-informatique des controverses a depuis l’automne 2009 son carnet de recherche sur hypotheses.org : lire
On y trouvera des billets méthodologiques destinés à accompagner des recherches collectives et à alimenter les discussions, ainsi que de multiples sources et références relatives aux logiciels utilisés et à leurs grandes applications.
Ce séminaire est accessible sur la plateforme d'enseignement de l'Environnement numérique de travail de l'EHESS : ![]()
Mots-clés : Histoire des sciences et des techniques, Informatique et sciences sociales, Méthodes et techniques des sciences sociales,
Domaine de l'affiche : Méthodes et techniques des sciences sociales
Intitulé général : Digital Humanities. Les transformations numériques du rapport aux savoirs
Renseignements : Marin Dacos, Centre pour l'édition électronique ouverte, 3 place Victor-Hugo, Case 86 13003 Marseille cedex 03, tél. : 04 88 57 69 32. Pierre Mounier, Centre pour l'édition électronique ouverte, 54 bd Raspail, bureau 728 75006 Paris, tél.: 06 61 98 31 86. La liste digital-humanities(at)ehess.fr annonce les actualités du séminaire. L'abonnement est libre. https://sympa.ehess.fr/
Direction de travaux d'étudiants : sur rendez-vous uniquement, à Marseille ou à Paris.
Réception : sur rendez-vous uniquement, à Marseille ou à Paris.
Niveau requis : licence. Une liste de sujets sera proposée sur la liste digital-humanities(at)ehess.fr.
Site web : http://cleo.cnrs.fr
Adresse(s) électronique(s) de contact : marin.dacos(at)ehess.fr, pierre.mounier(at)ehess.fr
Organisé pour la première année, le séminaire s’est attaché tout d’abord à effectuer un travail de définition de la notion de Digital Humanities.
La première séance du séminaire animée par Corinne Welger-Barboza (Université Paris-I/Panthéon-Sorbonne) portait sur le mode de fonctionnement des centres de Digital Humanities aujourd’hui, particulièrement en Amérique du Nord. Selon elle, les Digital Humanities peuvent être actuellement définies comme l’exploitation des technologies numériques d’information et de communication par les sciences humaines et sociales. Cette démarche implique une pratique qui repose sur la collaboration d’enseignants et chercheurs de ces disciplines avec des ingénieurs et des techniciens susceptibles de maîtriser toute la chaîne d’une forme particulière d’édition numérique. Ces réalisations éditées, appelons-les des corpus instrumentés, sont accessibles sur le Web ; elles attestent de l’essor de ce qui est considéré a minima comme un domaine singulier, a maxima comme une discipline. Après avoir dressé rapidement une carte des centres de Digital Humanities, elle a exposé plus particulièrement les réalisations des institutions nord-américaines du genre. En effet, celles-ci présentent un mode d’organisation, de fonctionnement et un développement en réseau qui paraissent particulièrement ajustés aux objectifs poursuivis par les Digital Humanists.
Pour la deuxième séance du séminaire, Lou Burnard (Université d’Oxford) a présenté un « retour sur quarante ans de relations entre sciences humaines et informatique ». Pour lui, les sciences humaines sont en train de vivre un tournant majeur en intégrant de manière de plus en plus étroite l’usage des technologies numériques dans leurs pratiques de recherche. Cette évolution est pourtant en marche depuis plusieurs décennies, avec, dès les années 1960, la réalisation de l’Index Thomisticus par Roberto Busa. Dans son intervention, Lou Burnard est revenu sur cette évolution historique qu’il propose d’analyser suivant une structuration en trois périodes : Literary & linguistic computing, Humanities computing et enfin Digital humanities. Ces trois moments peuvent être identifiés comme trois pistes et positionnements différents dans la manière d’explorer les relations entre sciences humaines et informatique.
Dans un deuxième temps, le séminaire s’est attaché à explorer plusieurs applications possibles de l’utilisation des technologies numériques aux différents domaines de la recherche. La troisième séance, animée par plusieurs membres du Centre de recherches historiques de l’EHESS, a porté sur la « XML TEI : un outil méthodologique pour la recherche en SHS ». Après une introduction aux enjeux et perspectives de la TEI par Nicole Dufournaud (EHESS), Valérie Gratsac-Legendre (EHESS), Christian Jouhaud (CNRS-EHESS), François-Xavier Petit et Cécile Soudan (CNRS) ont présenté un projet de recherche en phase de démarrage au Grihl-CRH : l’édition électronique critique de La Vie de Michel de Marillac par Nicolas Lefevre de Lezeau (XVIIe siècle). Enfin, Nicole Dufournaud a organisé un atelier pratique d’indexation d’un corpus TEI à partir de la plateforme collaborative Millefeuilles.
Quatrième séance : « L’analyse de grands corpus évolutifs et la socio-informatique des controverses : de Prospéro à Marloweb » par Francis Chateauraynaud (GSPR–EHESS) et Josquin Debaz (GSPR). À partir de travaux développés depuis le milieu des années 1990 à la croisée de la sociologie et de l’informatique, cette séance du séminaire a examiné des méthodes et des procédures utilisées pour l’analyse de dossiers complexes saisis comme autant de grands corpus évolutifs, formés de textes numérisés. La première partie de la séance a permis de faire le point sur la genèse des outils placés au cœur de la suite logicielle Prospéro-Marlowe-Tirésias tout en les situant dans le champ des outils d’analyse informatisée pour les SHS. La seconde partie de la séance fut consacrée à une démonstration réalisée sur plusieurs corpus de façon à expliciter un certain nombre de concepts et de protocoles.
La cinquième et dernière séance du séminaire s’est confondue avec l’organisation du premier ThatCamp à Paris, les 18 et 19 mai. Cette première « non-conférence » sur les Digital Humanities organisée en France a rassemblé plus de quatre-vingt personnes parmi lesquels les participants réguliers du séminaire, qui ont débattu au cours d’une dizaine d’ateliers. La rédaction d’un manifeste pour les Digital Humanities a clôturé à la fois le ThatCamp et la première année du séminaire. Lien : http://tcp.hypotheses.org.
Dernière modification de cette fiche : 22 juin 2010.
Dernière mise à jour le 14/04/2009
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