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1er et 3e lundis du mois de 15 h à 19 h (salle 7, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 16 novembre 2009 au 15 février 2010
Alors que la notion de pouvoir prend couramment un tour critique dans les sciences sociales et politiques, l'affermissement du pouvoir de l'individu est mis en avant, notamment sous l'influence du libéralisme politique [empowerment, capability]. Une réponse intégrant ces deux considérations importe pour éclairer ce que le libéralisme fait à la critique, ainsi que pour ouvrir cette critique à la prise en compte d'oppressions dépourvues du format propice à leur exposition publique.
L'approche pragmatique des capacités (des personnes et des choses) engagées nous permettra de les envisager sous leur double aspect : la quête d'assurance selon diverses formes de garantie (depuis les normes juridiques, les standards, les qualifications publiques instituées jusqu'aux garanties engagées dans le plus proche); la mise en doute du gage de confiance (depuis la gêne jusqu'à la critique).
Seront abordés des dispositifs conjuguant politiques, organisations non gouvernementales et entreprises, leurs modes d'évaluation notamment statistique et économique, et plus largement des architectures de communauté distinguées selon la place qu'elles ménagent à différentes capacités (États-Unis, Europe de l'Ouest, Russie, Brésil).
Mots-clés : Économie, Politique, Sociologie,
Aires culturelles : Amérique du Nord, Amérique du Sud, Russie,
Suivi et validation pour le master : Semestriel
Domaine de l'affiche : Sociologie
Intitulé général : Sociologie pragmatique de la politique et de la morale
Renseignements : sur rendez-vous.
Direction de travaux d'étudiants : sur rendez-vous.
Réception : sur rendez-vous.
Niveau requis : M1, M2
Site web : http://gspm.ehess.fr/document.php?id=384
Adresse(s) électronique(s) de contact : thevenot(at)ehess.fr
Par quelles voies et en rencontrant quels obstacles la personne affectée dans ses engagements chemine-t-elle dans l’expression de l’atteinte qu’elle subit, afin de communiquer une oppression et de la transformer ou non en critique publique ? La réponse à cette question, qui oriente le séminaire sur plusieurs années, s’inscrit dans une perspective historique et critique sur l’évolution des dispositifs macro sociaux qui contribuent à équiper et encadrer ce cheminement.
Poursuivant le travail antérieur sur le dépôt dans des formes littéraires de modalités canoniques d’engagement, qui voit dans la littérature un dispositif de leur apprentissage (dans la tradition de Yuri Lotman), nous avons prolongé le dialogue avec l’historien de la littérature invité à l’École, Andreï Zorin (Université d’Oxford), autour de l’élaboration par Lydia Ginzburg de l’expérience personnelle de l’éprouvant (perezhivanie) dans ses Écrits sur le siège de Leningrad.
Avec l’historien Malte Griesse (Université de Bielefeld), nous avons considéré les relations entre critique et projet révolutionnaire, à partir de sa recherche sur l’apprentissage du sujet critique en révolution dans l’expérience personnelle et collective des vieux Bolcheviques, et sur sa destruction stalinienne. Autour des écrits d’apprentissage du jugement critique ou, au contraire, de l’imitation du bon exemple, ce fut l’occasion d’une confrontation critique avec le courant d’ego-histoire sur le stalinisme (Jochen Hellbeck), qui s’inspire des analyses de Foucault sur la subjectivation tout en se concentrant sur les discours à l’aune d’un idéal d’individu libéral.
À la fois dans le séminaire (Risto Alapuro, Markku Lonkila, Eva Luhtakallio, Tuomas Ylä-Anttila, de l’Université de Helsinki) et dans des rencontres de travail organisées à Helsinki (Research group for political sociology) ainsi qu’avec Karin Clement à Moscou (Centre franco-russe de recherches en sciences humaines et sociales), nous avons travaillé dans une perspective comparative à une reprise de la question des mouvements sociaux qui se montre plus attentive aux dispositifs d’agrandissement de l’engagement, depuis un ancrage personnel et territorial dans des scènes locales. Il semble en effet que cet ancrage marque une évolution de ces mouvements, notamment dans des environnements urbains.
Le droit est le plus formellement institué des dispositifs encadrant le cheminement d’une plainte en demande publique de justice. Mais il connaît aussi des évolutions significatives au regard de notre questionnement, en raison du développement de procédures de médiation. Elle modifient les conditions de communication entre le juge et le justiciable en réclamant un rapprochement entre le judiciaire professionnel et le sens ordinaire de l’injustice, voire de l’atteinte à la dignité. Ces thèmes ont été abordés dans des journées organisées par le juge Éric Battistoni, ainsi que dans le séminaire autour de son intervention.
De nouveaux dispositifs de régulation non étatique et non juridique, à l’échelle mondiale d’une économie globalisée, sont sensés offrir des voies non conflictuelles et non contentieuses pour faire cheminer des demandes vers des organes de gouvernement qui les intègrent. Ils ont été abordés à la faveur d’une intervention de Emmanuel Cheyns (CIRAD) qui a effectué une recherche et dirigé le stage en Indonésie d’un étudiant du master de sociologie de l’École (Éric Barbereau) sur la dépolitisation résultant du gouvernement par les normes dans des tables rondes mondiales qu’ont suscitées des ONG (WWF) pour réunir tous les « stakeholders » d’une filière, en l’occurrence l’huile de palme, du petit planteur indonésien à Unilever.
Publications
• « Biens et réalités de la vie en société. Disposition et composition d’engagements pluriels », dans Compétences critiques et sens de la justice, sous la dir. de Marc Breviglieri, Claudette Lafaye et Danny Trom, Paris, Économica, 2009, p. 37-55.
• Avec Luc Boltanski, « Verso una sociologia della capacità critica », dans Studiare la cultura. Nuove prospettive sociologiche, sous la dir. de Marco Santori et Roberta Sassatelli, Bologne, Il Mulino, 2009, p. 309-329.
• Avec Olivier Monso, « Statistique et évaluation des politiques : quarante ans d’enquêtes “Formation et Qualification Professionnelle” », Courrier des Statistiques, n° 127, p. 13-19, 2009.
• Avec Nina Kareva « Чудесный хлеб» гостеприимства (недоразумения, проясняющие открытость и закрытость сообществ) », Новое Литературное Обозрение, n° 100, p. 678-701, 2009.
• « Die Person in ihrem vielfachen Engagiertsein », Trivium, 5–2010.
• Avec Rainer Diaz-Bone, « Die Soziologie der Konventionen. Die Theorie der Konventionen als ein zentraler Bestandteil der neuen französischen Sozialwissenschaften », Trivium, 5–2010.
• Avec François Eymard-Duvernay, Olivier Favereau, André Orléan, Robert Salais « Werte, koordination und rationalität : Die verbindung dreier themen durch die Économie des conventions », Trivium, 5–2010.
Dernière modification de cette fiche : 23 juillet 2009.
Dernière mise à jour le 14/04/2009
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