S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.
Lundi de 16 h à 18 h ou mardi de 10 h à 12 h (EHESS, Centre de la Vieille-Charité (salle de réunion, 3e étage), 2 rue de la Charité 13002 Marseille), les 16, 17 et 30 novembre, 1er, 14 et 15 décembre 2009, 11, 12, 25 et 26 janvier, 1er et 2 février 2010 (ces deux séances se dérouleront en salle B)
À partir de l'étude des aristocraties dans l'Europe moderne, ce séminaire s’attache à développer une histoire comparée des sociétés européennes à l’époque moderne et à suivre ses prolongements à l'époque contemporaine. Il examinera en particulier les formes de la culture et de la sociabilité nobiliaires, l’impact des processus de confessionnalisation sur les milieux nobiliaires. Les sociétés nobiliaires constituent un point d'observation privilégié pour l'étude des diverses circulations (individus, formes culturelles,...) que l'on peut désigner comme « transfrontières ».
Mots-clés : Histoire, Historiographie,
Aires culturelles : Europe, Méditerranéens (mondes),
Suivi et validation pour le master : Semestriel
Domaine de l'affiche : Histoire - Histoire et civilisations de l'Europe - Monde méditerranéen
Intitulé général : Histoire comparée des noblesses européennes, XVIe-XVIIIe siècle
Renseignements : sur rendez-vous.
Direction de travaux d'étudiants : sur rendez-vous, le lundi de 14 h à 16 h.
Réception : sur rendez-vous, contact par courriel, secrétariat : Jocelyne Bernard, tél. : 04 91 14 07 58.
Adresse(s) électronique(s) de contact : boutier(at)ehess.univmed.fr, jocelyne.bernard(at)univmed.fr
Le séminaire a cette année mis l’accent sur les problèmes de construction historiographique que pose une pratique conséquence et ouverte de la comparaison. L’échelle retenue depuis plusieurs années est celle de l’espace européen de la première modernité, avec ses limites mouvantes et parfois incertaines, notamment à l’Est et au Sud-Est. Si une relecture tout à la fois empathique et critique des textes fondateurs de Marc Bloch (1928-1931) reste un exercice fécond, l’examen de travaux récents permet de dépasser des oppositions trop simples entre histoire comparée, histoire des transferts ou histoires interconnectées et certains faux débats qu’elles peuvent susciter. Bloch l’avait clairement souligné dès 1928 : l’exercice de la comparaison suppose d’abord une approche critique des pratiques historiographiques, ce que Christophe Duhamelle a proposé à propos de l’étude du religieux et des noblesses dans l’espace germanique des XVIe-XVIIIe siècle. L’échelle européenne est aussi inséparable des points de vue que l’on doit nécessairement adopter, implicitement ou explicitement : l’examen méticuleux des travaux de Tim Blanning qui propose une histoire des cultures confrontant France, mondes britanniques et germaniques et Russie, ou du livre de Jeroen Duindam sur les cours rivales de Versailles et de Vienne, met clairement en évidence cette difficulté majeure. Une des possibilité est alors de suivre les transformations d’un produit matériel (les toiles d’indienne, Alain Dewerpe), les appropriations ou les débats que suscite une proposition intellectuelle innovante (Spinoza et le « spinozisme », Jacques Revel), ou, si l’on pousse plus avant vers les temps contemporains, la fabrication par les États nationaux de législations pour réguler le droit du travail au xixe siècle (Alain Dewerpe) ou pour définir les droits des migrants (Paul André Rosental).
Ces considérations ont été mises à profit pour poursuivre l’étude des réseaux de communication savants dans l’Europe de la seconde moitié du XVIIIe siècle, dans le cadre du programme CITERE, financé par l’ANR. Deux questions ont été plus particulièrement examinées, en collaboration notamment avec Stéphane Bacciochi et Pascal Cristofoli : la première concerne à la fois le type de source (les correspondances), le choix des corpus, et la typologie même des corpus (archives savantes ; corpus constitués par une édition savante ; corpus partiels…) et leur impact sur la constitution des données ; la seconde a considéré les outils, intellectuels et techniques, de l’analyse de réseaux les plus adaptés aux sources et aux questionnements envisagés, et la façon de les associer à une analyse plus directement spatiale. La notion de « lieu intellectuel » a ainsi émergé en fin de séminaire, comme un problème que l’abondante littérature sur les « capitales intellectuelles » a contribué à reformuler et qu’il importe désormais de reprendre.
Comme chaque année, une série de huit séances spécifiques a été consacrée à la formation méthodologique et réflexive des étudiants de master.
Divers séminaires et interventions consacrés à des travaux d’histoire comparée de l’Europe moderne ont été présentés aux universités de Florence, Milan, Galway (Irlande) et Avignon.
Publications
• Avec Sandro Landi, Olivier Rouchon, La politique par correspondance. Les usages politiques de la lettre en Italie, XIVe-XVIIIe siècle, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2009, 320 p.
• Avec Sandro Landi, Olivier Rouchon, Firenze e la Toscana. Genesi e trasformazioni di uno stato (XIV-XIX secolo), Florence, Mandragora, 2010, 400 p.
• « Adresser ses vœux au grand-duc. Pratiques épistolaires entre recherche de la grâce et expression de la fidélité dans l’Italie du xviie siècle », dans La politique par correspondance. Les usages politiques de la lettre en Italie, XIVe-XVIIIe siècle, sous la dir. de Jean Boutier, Sandro Landi, Olivier Rouchon, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2009, p. 249-274.
• « Le nobiltà del granducato (XV-XIX secolo) », dans Firenze e la Toscana. Genesi e trasformazioni di uno stato (XIV-XIX secolo), Florence, Mandragora, 2010, p. 213-228.
• « Jean-Baptiste Colbert, Étienne Baluze et l’“histoire de chacune province” de la France », dans Provinciales. Hommage à Anne-Marie Cocula, Textes réunis par Jean Mondot et Philippe Loupès, Bordeaux, Presses universitaires de Bordeaux, 2009, t. 1, p. 139-146.
• Avec Franco Angiolini, « Noblesses de capitales, noblesses périphériques. Les dynamiques des élites urbaines dans le grand-duché de Toscane, XVIe-XVIIIe siècles », dans Le nobiltà delle città capitali, sous la dir. de Martine Boiteux, Catherine Brice, Carlo Travaglini, Rome, Roma Tre-CROMA, 2009, p. 51-75.
Dernière modification de cette fiche : 19 octobre 2009.
Dernière mise à jour le 14/04/2009
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