S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.
Vendredi de 17 h à 19 h (salle 7, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 4 décembre 2009 au 4 juin 2010. Les séances des 4 et 11 décembre se dérouleront en salle 1, celle du 8 janvier à l'amphithéâtre François-Furet, celle du 4 juin en salle 8. Pas de séminaire le 12 mars
Le « poème du monde » (carmen mundi) ne saurait être accaparé par la seule espèce humaine, car trop d'analogies montrent que les comportements culturels ont leurs racines dans le vivant. Pourtant, il existe un saut entre les systèmes techno-symboliques proprement humains et les systèmes écologiques que nous partageons avec le reste du monde vivant; à savoir la capacité (dans une certaine mesure) de s'affranchir de l'étendue et de la durée par la représentation. Les lieux du monde humain ne sont donc pas seulement, et sont de moins en moins, les lieux du monde vivant, bien qu'ils y restent nécessairement fondés par notre chair. En réaction contre le réductionnisme mécaniciste qui a guidé la modernité, on s'interrogera sur cette frontière poreuse qui sépare les mondes de l'écoumène (la Terre habitée humainement) des mondes de la biosphère (la Terre habitée par la vie), et dont le passage ne cesse en réalité de culturer la nature, naturer la culture.
Mots-clés : Anthropologie, Biologie et société, Corps, Culture, Environnement, Esthétique, Éthique, Géographie, Histoire, Morphologie, Philosophie, Sciences, Spatialisation, territoires, Techniques, Travail,
Aires culturelles : Transnational/transfrontières,
Suivi et validation pour le master : Obligatoire sur l'année (hebdomadaire)
Domaine de l'affiche : Géographie
Intitulé général : Géographie culturelle
Renseignements : sur rendez-vous.
Direction de travaux d'étudiants : sur rendez-vous.
Réception : sur rendez-vous.
Niveau requis : nécessité d'un projet de recherche écrit.
Adresse(s) électronique(s) de contact : berque(at)ehess.fr
Cette année universitaire a débuté, en septembre, par une tournée de conférences au Japon, à l’occasion de la remise du Grand Prix des cultures asiatiques de Fukuoka (Fukuoka Ajia bunka taishô). Augustin Berque était le premier Occidental à recevoir ce Grand Prix, institué en 1990 et doté de cinq millions de yen.
Cette année étant également l’avant-dernière de son enseignement à l’École, Augustin Berque en a fait la première moitié d’un séminaire étalé sur deux ans, sous le titre « Poétique de la Terre ». La majuscule T indique qu’il s’agit à la fois de la planète Terre, objet des sciences de la nature, et de la terre comme sol phénoménologique de l’existence humaine. « Poétique », au double sens de ποίησις, veut dire le déploiement ontologique qui a fait accéder cette Terre de l’état de planète (chose physico-chimique) à celui de biosphère (chose écologique) puis à celui d’écoumène (chose éco-techno-symbolique). La division du séminaire en deux étapes a réservé la présente année scolaire à une critique du réductionnisme mécaniciste propre au paradigme occidental moderne. Inversant littéralement la poétique susdite, ce réductionnisme est non seulement incapable d’en saisir le sens, mais, ce qui est plus grave, il a mis en œuvre (sous la forme qu’est la civilisation contemporaine) une dynamique opposée, dont l’aboutissement virtuel est le retour de la Terre à son état initial de planète stérile. En effet, ce que l’on ne saisit ordinairement que par des indicateurs tels que la réduction de la biodiversité (dont le rythme est de l’ordre de celui des quelques grandes extinctions que la Terre a connues dans le passé), autrement dit en termes de biosphère, est en réalité un phénomène écouménal (éco-techno-symbolique), qui met en jeu même nos systèmes symboliques apparemment les plus déconnectés de ce genre de questions – déconnection qui est justement l’un des symptômes du réductionnisme susdit. Ce phénomène, au cours du séminaire, a été saisi à travers une série d’exemples tournant majoritairement autour de nos manières d’habiter. La deuxième étape du séminaire, qui fera l’objet de l’enseignement d’Augustin Berque en 2010-2011, entend montrer la dynamique que le mécanicisme a inversée, et qu’il nous faut retrouver.
Publications
• Une ville se refait-elle ? (direction), Paris, L’Harmattan, 2009, 142 p. (Géographie et cultures n° 65, printemps 2008).
• Les fondements terrestres de l’existence humaine : la perspective écouménale, p. 35-53 dans Ecosophies. La philosophie à l’épreuve de l’écologie, sous la dir. d’Hicham-Stéphane Afeissa, Paris, Éditions MF, 2009, 295 p.
• A paisaxe como institucion da realidade, p. 19-42 dans Olladas criticas sobre a paisaxe, sous la dir. de Federico Lopez Silvestre et Francisco Diaz-Fierros Viqueira, Santiago de Compostelle, Consello da cultura galega, 2009.
• The choretic work of history, Semiotica, n° 175, 2009, 163-176.
• L’existence humaine dans sa plénitude, dans Habiter écologique. Quelles architectures pour une ville durable ?, Actes Sud/Cité de l’architecture et du patrimoine, Paris, 2009, 612 p., p. 40-41.
• From flood control to aesthetics, International Journal of Water Resources Management, vol. XXV, 2009, n° 4, p. 585-591.
• Vert Taklamakan, L’Espace géographique, XXXIX, 2010, n° 1, 89-90.
• Méline en japonais : la ville-campagne (Den.en toshi, 1907), Ebisu. Études japonaises, 42, automne-hiver 2009, p. 5-17.
• Ontologie des écosystèmes, ou des milieux humains ?, EspacesTemps.net, 15 juin 2010. http://espacestemps.net/document8138.html.
Dernière modification de cette fiche : 10 décembre 2009.
Dernière mise à jour le 14/04/2009
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