S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.
1er et 3e mercredis du mois de 17 h à 19 h (amphithéâtre François-Furet, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 4 novembre 2009 au 2 juin 2010
Le séminaire ici proposé se situe dans la suite des mouvements nés dans le monde universitaire français du refus du nouveau dispositif d'enseignement et de recherche mis en œuvre par le gouvernement de M. Sarkozy : « autonomie » des universités, nouveau statut des personnels, mastérisation des concours, transformation du CNRS et des autres EPST en « agences de moyens », nouvelles formes d'« évaluation » inspirées de la gestion des entreprises, etc. Cet ensemble de « réformes » a suscité parmi les universitaires et chercheurs de très vifs débats. Certains le soutiennent activement, d’autres le refusent farouchement et aspirent à d’autres réformes. Le rapport des forces est incertain et l’avenir reste ouvert.
Comme les autres séminaires de notre établissement, celui-ci poursuit des objectifs scientifiques, épistémologiques et pédagogiques : il s'agit de décrire, de comprendre et d'expliquer ce qui est en train d'arriver. Les formes de l’enquête seront pour une part classiques : analyse de documents, observations de type ethnographique, étude des trajectoires et configurations d’acteurs, des argumentaires et des actions, des institutions et des constructions normatives. Mais il s’agira aussi d’une « enquête publique » qui fait appel aux acteurs eux-mêmes et propose un cadre à leur confrontation. La parole sera donc largement donnée aussi bien à ceux qui combattent les « réformes » qu’à ceux qui les approuvent ou s’en accommodent.
Nous ouvrirons aussi le propos à d’autres domaines de la vie sociale où se développent des politiques analogues d’asservissement des biens publics aux logiques de marché.
Si la France sera le premier objet de nos interrogations, nous pratiquerons autant que possible une démarche comparative et d’histoire croisée orientée vers les autres pays européens, mais aussi vers les États-Unis, sans doute la référence la plus mobilisée dans les controverses sur les politiques des sciences, et vers les nouvelles puissances scientifiques en Asie ou les puissances déchues, comme l'ancienne URSS. Il est en effet évident que les changements des dispositifs scientifiques sont parties intégrantes d'un projet global, dont l'expression européenne a été inaugurée par le processus de Bologne et le conseil européen de Lisbonne. Nous étudierons la formation de ce projet et les usages locaux de celui-ci et, plus largement, des références étrangères.
Le séminaire s'interrogera sur l'émergence de nouveaux rapports sociaux dans le monde de la recherche (précarisation de l'emploi, dépendances nouvelles, individuelles ou collectives...), sur les conséquences scientifiques de l'hégémonie annoncée des financements contractuels, sur les nouvelles formes de l'évaluation actuellement imposées mais contestées, sur les conditions de l'innovation et de la découverte scientifiques, sur les marges d'action des personnels scientifiques pour empêcher la mise en place de ce nouveau dispositif d'organisation de la science, ou pour résister en son sein là où il s’est imposé : marges professionnelles (quelle autonomie des chercheurs dans le choix de leurs thèmes et de leurs méthodes ?), civiques (quelles sont les formes actuelles de la demande sociale vis-à-vis des sciences et des sciences sociales en particulier ?) et politiques (quelles actions collectives sont envisageables pour que les acteurs de la science gardent leur mot à dire dans la définition de leur propre activité ?)
Ce séminaire alternatif sera réactif aux évolutions de l’actualité ; lieu d’une veille face aux réformes de la recherche et de l’enseignement, il ne s'interdira par principe d'aborder aucun des problèmes que suscitent aujourd'hui les politiques des sciences. Nous espérons qu'il participera au vaste mouvement qui tend à faire regarder comme inacceptable une « réalité » qu’on nous annonce comme inéluctable et à rendre à nos professions leur dignité, leur autonomie et leur sens du bien public.
Programme novembre-décembre 2009
4 novembre 2009 : Ouverture. Enjeux et futur du mouvement universitaire
modération : Robert Descimon
Luc Boltanski (EHESS), Pauline Delage (doctorante EHESS, Sud), Marcel Gauchet (EHESS) et Isabelle This Saint-Jean (Paris-XIII, SLR)
18 novembre 2009 : Régimes d’évaluation 1. L’évaluation comme principe politique
modération : Michel Agier
Richard Rechtman (CHS La Verrière, IRIS) sur l’hôpital psychiatrique, Emmanuel Didier (CNRS-CESDIP) sur la police, Albert Ogien (CNRS-CEMS) sur la Lolf, Sylvain Piron (EHESS) sur la recherche
2 décembre 2009 : Recherche et société 1. Savants autonomes, sciences utiles ?
modération : Christian Topalov
Hélène Conjeaud (CNRS Physique du vivant, SLU) « Les ‘savants’ des sciences utiles sont-ils encore autonomes? Exemples tirés de la recherche en biologie cellulaire et en immunologie », Dominique Pestre (EHESS) « "Autonomie des sciences -– vis-à-vis de qui ? Utilité des savants – dans quel but ? Du côté des sciences ‘dures’ », Francis Chateauraynaud (EHESS) "La recherche sous l'emprise du management des connaissances. Le cas des STS, entre sciences sociales et gestion de projet".
Un compte-rendu et un enregistrement de la séance seront disponibles quelques jours après sur les carnets du séminaire à l'adresse suivante : lire ici
(Un verbatim de la 1ère séance y est déjà. Y est aussi indiqué comment accéder aux fichiers audio de la 2ème séance)
16 décembre 2009 : Régimes d’évaluation 2. Enquête sur les pratiques de l’évaluation collégiale : le CNU
modération : Robert Descimon
Introduction par Nicolas Dodier (EHESS et INSERM)
Philippe Boutry (EHESS et Paris-I) sur la section 22 (histoire moderne et contemporaine), Stéphane Beaud (ENS) sur la section 19 (sociologie, démographie), Pierre Judet de la Combe (EHESS et CNRS) [sous réserve]
Discutant : Nicolas Pouyanne (section 25 : mathématiques, secrétaire de la CP-CNU) [sous réserve]
6 janvier 2010 : Qu'est-ce qu'une politique scientifique ? 1
Financements sur programme: et les contenus ?
Modérateur : Cédric Lomba (CRESPPA, CNRS-Université Paris 8).
Intervenants : Gérard Lenclud (LAS, EHESS-CNRS), « Le rôle de l'ANR dans le financement des recherches en SHS », Alain Trautmann (Institut Cochin, INSERM-CNRS), « Réorganisation radicale des sciences de la vie et de leur financement : signification politique et conséquences prévisibles », Jean-Charles Hourcade (CIRED, EHESS-CNRS) sur des expériences de financements sur programme en économie, Marc Lipinski (Vice-président de la région Ile de France) sur la politique régionale de financement.
20 janvier 2010 : Observer la « modernisation » 1 : LRU et compétences élargies : enjeux et problèmes
Modérateur : Fanny Cosandey
Interventions de
Thierry Bergeonneau (EHESS) : « Les compétences élargies, principes et Perspectives »
Christophe Pebarthe (Bordeaux III, SNESup) : « Compétences élargies et autonomie ; pour un refus raisonné »
3 février 2010 : Recherche et société 2. Devenir professeur : le rôle de la recherche
Modératrice : Isabelle Backouche
Thierry Aprile (IUFM de Créteil), Laurence De Cock (lycée Joliot-Curie de Nanterre, INRP), Laurence Giavarini (université de Bourgogne, SLU), Isabelle Heullant-Donat (université de Reims)
17 février 2010 : Observer la « modernisation » 2 : Faire face à la précarité.
L'accroissement rapide de l'emploi précaire dans l'enseignement supérieur et la recherche est une des tendance les plus préoccupantes de ces dernières années. A l'initiative de l'intersyndicale, une enquête a été lancée en octobre dernier, destinée à rendre visible le phénomène et à comprendre la multiplicité des situations que recouvre la notion de précarité. Deux des coordinateurs et rédacteurs de l'enquête viendront présenter leur méthodologie et leurs résultats, dans une séance qui permettra également d'apporter des témoignages et de préciser les revendications du "printemps des précaires" qui s'annonce.
Modérateur : Sylvain Piron
Intervenants : Isabelle Clair (CNRS) et Wilfried Rault (INED)
3 mars 2010 : Le rapport Maurel: mise en conformité des SHS ? (Observer la "modernisation" 3)
Le "rapport d'étape" du Conseil pour le développement des humanités et des sciences sociales mis en place par la ministre Valérie Pécresse et présidé par Marie-Claude Maurel, directrice d'études à l'EHESS, offre une vision de l'enseignement et de la recherche dans nos disciplines que nous croyons très important de faire connaître et de discuter. Nous nous efforçons actuellement d'organiser un débat avec des membres de ce comité, mais ne pouvons pas encore en annoncer la date et les modalités. La séance du 3 mars proposera une première approche de ce document, nous espérons vivement qu'elle sera suivi d'une seconde, plus contradictoire.
Modérateur : Christian Topalov
Intervenants: Michel Barthélémy (CNRS-CEMS) : « Logique des rapports officiels et la définition d’une situation homogène pour l’action publique »
Elie Haddad (CNRS-CRH) : « Présentation et discussion du rapport du Conseil pour le développement des humanités et des sciences sociales »
Jacques Lautman (Université de Provence, ancien directeur scientifique des SHS au CNRS) : « Analyser un rapport, ce n'est pas le prendre au pied de la lettre. Pourquoi tant d'ignorance des réalites et tant de hargne contre le CNRS ? »
17 mars 2010 : Parlons argent (budget, financement sur programme, salaires, primes) (Observer la "modernisation" 4)
Les questions du financement de la recherche, mais aussi celles de la situation matérielle de tous les personnels, titulaires, précaires et étudiants engagés dans le processus de production et de transmission de savoirs, sont au cœur de la crise que connaissent aujourd'hui les Universités et les établissements publics de recherche. Le séminaire "Politiques des sciences" se doit d'aborder ces questions qui sont un aspect majeur des "réformes" et du refus qu'elles suscitent.
Le débat sera introduit par trois exposés liminaires, présentés par :
- Jean Fabbri, ancien secrétaire général du SNESup (FSU)
- Mlle Obscure Précaire retenue à un colloque à Bologne (sur le thème "plus vite et plus loin vers une société de l'ignorance"), sera remplacée par une membre de son comité de soutien
- Henri-Edouard Audier, ancien administrateur du CNRS (élu SNCS (FSU))
Modérateur : Robert Descimon
7 avril 2010 : Les politiques d'évaluation en Europe
Intervenants: Christophe Charle, professeur à Paris I, directeur de l'IHMC, président de l'ARESER, sur la situation en Allemagne, et Mark Greengrass, professeur à l'Université de Sheffield, sur la situation en Grande-Bretagne. Modérateur : Robert Descimon.
Un compte-rendu et un enregistrement de la séance seront disponibles quelques jours après sur les carnets du séminaire à l'adresse suivante : http://pds.hypotheses.org (Un verbatim des précédentes séances y est consultable. Y est aussi indiqué comment accéder aux fichiers audio des séances précédentes).
Les récents mouvements universitaires opposés aux réformes en cours dans l'enseignement supérieur et la recherche ont soulevé de nombreuses questions sur le contenu de ces réformes, la doctrine qui les sous-tend et les objectifs qu'elles sont censées atteindre, ainsi que sur la manière concrète dont elles passent dans les faits. Ces mouvements ont aussi exprimé des refus et des exigences qui sont restés largement insatisfaits. Le séminaire de l'EHESS consacré aux politiques des sciences entend maintenir tous ces dossiers ouverts. Il fait appel à un grand nombre d'intervenants, tant les questions concernées supposent la mobilisation de compétences variées pour les aborder d'une manière rigoureuse et créatrice de nouveaux savoirs. L'ambition de ces carnets est de constituer la mémoire des travaux du séminaire, de porter le contenu de ses débats à la connaissance du plus grand nombre et d'inviter leurs lecteurs à faire connaître leurs propres points de vue. L'un de ces objectifs est de prendre part à l'élaboration collective de la phase 2 du mouvement universitaire. Elle se définirait par la constitution d'un moment et d'un espace de réflexion critique et partagée que pourraient s'approprier, par le fait même de contribuer à son développement, le monde académique et tous ceux que l'avenir de l'enseignement et de la recherche préoccupe à un titre ou à un autre.
5 mai : Séance exceptionnelle : le séminaire « Politiques des sciences » offre sa tribune aux élus du Conseil scientifique et du Conseil d’administration de l’EHESS qui souhaitent rendre compte de leur action devant leurs mandants.
A ce jour, nous ont fait savoir qu'ils participeront: Mathieu Arnoux (CS), Isabelle Backouche (CA), Irène Bellier (CS), Simona Cerutti (CA), Giovanna Cifoletti (CA), Fanny Cosandey (CS), Pascal Cristofoli (CS), Nancy L. Green (CA), André Gunthert (CA), Christian Jouhaud (CS), Isabelle Merle (CS), Sophie Pochic (CA), Alessandro Stella (CA), Christian Topalov (CS).
Marc Abélès (CA), Juliette Cadiot (CS), Valérie Chaufourier (CA), Elizabeth Claverie (CA), Jean-Claude Galey (CS), Barbara Glowczewski (CA), Kapil Raj (CA) et Valeria Siniscalchi (CA), empêchés, se sont excusés.
Modérateur : Michel Agier
2 juin 2010 : Deux ans de réflexion: bilan et pistes pour l'avenir
Cette treizième et dernière séance de l'année 2009-2010 sera consacrée à un tour d’horizon du séminaire qui bouclera ses deux ans d’âge, si on lui ajoute les « Grands Débats de l’EHESS » dont il est l’héritier. A cette occasion, nous invitons l’ensemble des organisateurs et intervenants des différentes séances qui ont eu lieu à venir y participer activement. Nous tirerons ensemble un bilan des thématiques couvertes par le séminaire et esquisserons des pistes pour l’avenir.
Dans cette double mesure et attente, les contributions à cet échange de vues pourraient porter également, voire prioritairement sur un retour réflexif des collègues qui ont non seulement anticipé et analysé les changements apportés à la situation de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche par les réformes gouvernementales en cours, mais se sont efforcés d’articuler une réflexion scientifique sur le bouleversement du paysage universitaire, notamment par des initiatives locales ou/et des esquisses de propositions alternatives, voire des formes de recherche-action. Ces dernières ont été pour eux l’occasion de prendre les textes officiels comme base d’inférence et d’action afin d’élaborer des compréhensions et des initiatives alternatives à ce que ces textes et leurs orientations semblaient devoir prescrire de prime abord. Nous pensons ici, entre autres, aux initiatives des Refondateurs, de la Coordination Nationale des Universités, de SLU et SLR, des syndicats de la FSU, du SNESup et du SNCS, des Amis de Mlle Obscure Précaire, du Collectif Printemps-2010, etc., qui ont tous, à un moment ou à un autre, pris part et animé l’une ou l’autre des séances de ce séminaire depuis le commencement. Ce dernier s’intéresse aux actions et analyses qui ont participé au mouvement social des universités (étudiants, personnels non enseignants, universitaires, chercheurs, statutaires ou précaires…) et ont concrètement contribué à interroger le mode managérial qui semblait aller de soi d’une réforme parmi d’autres, en un problème méritant un examen et une action publics, sous des modalités variées. C'est ainsi finalement qu’une affaire ministérielle et technocratique s’est retrouvée être, malgré elle, l’objet d’un débat démocratique portant à la fois sur ses attendus et ses finalités. Un débat dont l’un des mérites essentiels est de rendre accessible la technicité de ces réformes afin qu’elles soient appréhendables et analysables comme mesures de pouvoir discutables, partielles voire partiales, colmatant des brèches ici
tout en en ouvrant là-bas. Rendre le pouvoir visible à travers son action, faire l’analyse de ses choix idéologiques tels qu’ils transparaissent dans celle-ci, en critiquer les conséquences et en proposer des correctifs ou des alternatives, participent en effet de l’essence de l’action politique dont l’exercice n’est pas réservé aux seuls professionnels du domaine, mais est bien entendu l’affaire de tous.
C’est la ligne directrice de ce séminaire que de tendre à ouvrir le débat, à donner la parole au plus grand nombre et tout particulièrement aux approches qui ont le moins les faveurs de la doxa. Ceci afin de donner la plus grande publicité possible à ces travaux et réflexions, de participer à la mise en exergue du contradictoire sans lequel aucun débat public sur les moyens et les fins ne peut valablement s‘engager et perdurer. De même que, en l’absence d’un tel lieu de confrontation, l’action effectivement menée ne peut être le fruit d’une décision collective assumée en tant que telle. Nous souhaiterions également que les journalistes, qui ont suivi et couvert non seulement le mouvement social des universités mais plus largement la mise en place de la politique du gouvernement concernant l’enseignement supérieur et l’éducation nationale, puissent venir s’exprimer largement sur leur expérience de ces deux dimensions désormais inter-reliées. Enfin, cette dernière séance de l’année sera l’occasion pour les membres du public du séminaire d’exprimer leurs points de vue et attentes sur le séminaire passé et futur, sur sa forme, son organisation comme sur son contenu. Nous souhaiterions également avoir un retour sur le site du séminaire, et notamment recueillir des suggestions sur les modifications qu’il serait possible de lui apporter pour en améliorer l’intérêt et la lisibilité.
En résumé, il s’agit de dresser un bilan résolument tourné vers l’action et la dimension de connaissance qui lui est inextricablement liée pour faire pièce à un discours et une politique dont d’aucuns s’accordent à juger les fondements et les effets pour le moins préoccupants.
Modérateur : Robert Descimon
Un compte-rendu et un enregistrement de la séance seront disponibles quelques jours après sur les carnets du séminaire à l'adresse suivante: http://pds.hypotheses.org
(Un verbatim des précédentes séances y est consultable.Y est aussi indiqué comment accéder aux fichiers audio des séances précédentes)
Ce séminaire est accessible sur la plateforme d'enseignement de l'Environnement numérique de travail de l'EHESS :
Mots-clés : Visuel,
Suivi et validation pour le master : Obligatoire sur l'année (hebdomadaire)
Domaine de l'affiche : Histoire - Problèmes généraux
Intitulé général : Séminaire alternatif
Renseignements : sur rendez-vous.
Direction de travaux d'étudiants : mêmes horaires que pour les séminaires principaux des directeurs d'études.
Réception : mêmes horaires que pour les séminaires principaux des directeurs d'études.
Niveau requis : le séminaire s'adresse à tous les étudiants et auditeurs libres de l'EHESS.
Site web : http://pds.hypotheses.org
Adresse(s) électronique(s) de contact : agier(at)ehess.fr, descimon(at)ehess.fr, topalov(at)ehess.fr
Dans le sillage du mouvement universitaire du printemps 2009, le « séminaire alternatif » Politiques des sciences 2009-2010 a développé une programmation originale dans son contenu comme dans sa forme. Il s’est voulu un observatoire des réformes gouvernementales en matière universitaire. Son originalité consiste à les avoir appréhendées dans leurs effets et significations observables pour les membres du milieu de l’enseignement supérieur et de la recherche. En témoignent les analyses qui en ont été présentées dans les interventions et débats du séminaire conservés sur un site dédié (http://pds.hypotheses.org/). Ce séminaire a été largement orienté par le souci de rendre compte de l’attitude réflexive du milieu académique qui s’est développée autour des aspects problématiques de la mise en œuvre de ces mesures, et a donné lieu à une série d’initiatives en retour (séminaires, colloques, publications, mobilisations diverses) de la communauté. Un questionnement suscité par la nécessité de savoir quelle prise et quelle place il lui est possible de se donner au regard des mutations profondes auxquelles elle se trouve confrontée. Un enjeu majeur qui ressort des attentes et questionnements manifestés à cette occasion est d’éviter d’être les jouets passifs de mesures dont la mise en œuvre, prise dans le cadre européen de la création d’une « économie de la connaissance », n’a pas été précédée ni accompagnée d’une concertation avec la communauté éducative. À ce titre, le séminaire suit dans la durée le cours de la critique initiée par des membres de la communauté universitaire sur les effets dysfonctionnels de ces réformes et qui s’oppose d’une certaine manière à un discours public sur ces mêmes réformes. Le séminaire a pour vocation également de mettre en rapport ce mouvement dialectique entre des descriptions et analyses différentes voire conflictuelles autour d’un même objet – la réforme de l’enseignement supérieur et de la recherche – selon que celui-ci est présenté par ses initiateurs, les pouvoirs publics, ou par ses critiques, en s’intéressant aux actions conduites par les uns et les autres à l’appui de leur vision respective des choses. Nous avons privilégié le regard et l’expérience en quelque sorte de la « base », des acteurs et observateurs de terrain que sont les chercheurs et enseignants-chercheurs engagés à divers titres dans ce travail, que leur intérêt pour ce qui advient découle du fait que cela concerne leur domaine de recherche, leur activité syndicale ou d’élus des instances de gouvernement des établissements d’enseignement supérieur et organismes de recherche ou tout simplement d’un concernement dû au fait d’être membre de cette communauté professionnelle et de se soucier de son identité, de son avenir et de sa place dans la société.
Les principaux thèmes abordés au cours de l’année ont été les suivants : les enjeux du mouvement universitaire du printemps 2009, les pratiques d’évaluation, collégiale et externe, l’autonomie, le financement de la recherche, l’emploi précaire dans l’enseignement supérieur, les enjeux et problèmes soulevés par la loi « LRU », la « mastérisation » ou réforme de la formation des enseignants des premier et second degrés.
À cet égard, l’intérêt des thèmes abordés dans ce séminaire réside peut-être moins dans leur sujet, qui découle de l’agenda des réformes gouvernementales, que dans la manière de les aborder sous une perspective soucieuse de rendre compte d’une expérience commune et partagée par ceux qui les vivent au quotidien et en produisent une analyse issue du terrain et qui s’avère souvent critique. D’où l’intérêt de la relayer dans le cadre d’un séminaire ouvert à tous.
Dernière modification de cette fiche : 31 mai 2010.
Dernière mise à jour le 14/04/2009
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