2009-2010

Anthropologie historique des savoirs antiques

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

Jeudi de 16 h à 18 h (INHA, salle Pierre-Jean Mariette, 2 rue Vivienne 75002 Paris), du 12 novembre 2009 au 10 juin 2010

Le séminaire poursuivra une réflexion fondamentale sur les pratiques et les instruments de savoir, en s'appuyant sur deux thématiques en rapport avec l'Antiquité classique.

1) Lire Jean-Pierre Vernant : de la psychologie historique à l'anthropologie des formes de la pensée grecque (1er semestre). À partir d'un choix de textes lus en commun, on dégagera les éléments d'une méthode historiographique novatrice tant par ses objets et ses questionnements que par son usage des sources, ainsi que les multiples voies ouvertes par cette oeuvre sur l'étude des pratiques intellectuelles et culturelles dans les mondes anciens.
2)
Dédale géographe : de la terre à la lune (2nd semestre, à partir du 11 mars 2010). On étudiera l'émergence et le développement de la cartographie dans le monde grec, dans ses liens avec la géographie comme dans ses dimensions intellectuelles, techniques et imaginaires, et on esquissera les étapes d'une archéologie de la mappemonde européenne, notamment à travers la postérité du thème de la lune comme miroir de la terre.

21 janvier : Riccardo Di Donato, Professeur à l'Université de Pise et Professeur invité à l'EHESS, "Les origines de Jean-Pierre Vernant"

Aires culturelles : Europe, Méditerranéens (mondes),

Suivi et validation pour le master : Semestriel

Mentions & spécialités :
  • Histoire
    (Séminaire de recherche M1S1 M1S2 M2S3 M2S4)

Domaine de l'affiche : Histoire - Histoire et civilisations de l'Europe - Monde méditerranéen

Intitulé général : Histoire comparée des pratiques et des traditions de savoir

Renseignements : auprès de Viviane Thérault, Centre Louis-Gernet, INHA, 2 rue Vivienne 75002 Paris, tél. : 01 47 03 84 10.

Direction de travaux d'étudiants : sur rendez-vous par courriel.

Réception : sur rendez-vous par courriel.

Niveau requis : connaissance du grec ancien souhaitable mais non obligatoire.

Adresse(s) électronique(s) de contact : cjacob(at)ehess.fr

Compte rendu

1. Relire Jean-Pierre Vernant
Le premier semestre du séminaire a pris la forme d’un atelier de lecture sur certains textes « fondateurs » de Jean-Pierre Vernant et de son maître, le psychologue Ignace Meyerson. Ce parcours répondait à un double objectif : offrir aux étudiants de master un fil conducteur pour lire ou relire l’œuvre de Jean-Pierre Vernant, comprendre sa genèse et les étapes de son développement ; analyser un « style intellectuel » particulier, celui de Vernant au travail, en essayant d’éclairer son rapport aux sources, sa bibliothèque, ses pratiques interprétatives et ses concepts opératoires. Nous nous sommes plus particulièrement attachés aux Origines de la pensée grecque (1962) et à Mythe et pensée chez les Grecs (1965), à son analyse de l’émergence de nouvelles formes de rationalité, dans le cadre politique de la cité. La lecture de la thèse de Meyerson, Les fonctions et les œuvres (1948), nous a permis de réfléchir sur l’apport de la psychologie historique à une histoire des formes de pensée et des pratiques savantes, ainsi que sur les enjeux de cette approche pour l’interprétation des textes et des images, où l’artefact et le discours peuvent permettre de remonter vers les opérations techniques, intellectuelles et sociales qui les ont produits.

2. Dédale géographe
Le second semestre nous a conduit à reprendre le dossier de l’émergence de la cartographie en Grèce ancienne. Il s’agit moins d’une histoire de la cartographie stricto sensu que d’une archéologie conceptuelle et imaginaire de la carte, comme type d’image et construction intellectuelle. Dans le prolongement de notre relecture des textes de Vernant sur l’émergence d’un nouveau régime de rationalité en Grèce, nous avons examiné la place de la carte dans l’activité intellectuelle d’Anaximandre de Milet (VIe siècle) et dans son projet d’enquête sur la phusis, puis nous avons examiné l’apport d’Hécatée de Milet (début Ve siècle) sous la double forme d’une Périégèse et de Généalogies. Nous avons ensuite examiné le traitement de la cartographie dans les Histoires d’Hérodote, à la fois explicite (par exemple dans l’épisode de l’ambassade d’Aristagoras) et implicite (la carte comme principe structurant des descriptions géographiques). Une deuxième étape a conduit à dégager les mutations survenues dans la cartographie alexandrine, en nous fondant sur la lecture des Prolégomènes de la Géographie de Strabon : lien entre carte et sources littéraires, conception particulière de la tradition géographique, en particulier avec les opérations de la « rectification ». Enfin, dans une troisième étape, nous avons proposé une lecture cartographique de différents textes de l’époque hellénistique et impériale mettant en scène des survols de la surface de la terre ou des voyages cosmiques. Le regard sur les cartes ou sur les globes (célestes et terrestres) serait ainsi à situer parmi les pratiques spirituelles analysées par Pierre Hadot et Michel Foucault, induisant différentes formes de méditation éthique, politique et philosophique.

Dernière modification de cette fiche : 9 mars 2010.

Dernière mise à jour le 14/04/2009

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