Écriture archaïque chinoise
S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.
2e et 4e mercredis du mois
de 15 h à 17 h
(salle 10, 105 bd Raspail 75006 Paris),
du 10 novembre 2010 au 8 juin 2011. Pas de séance le 11 mai
Nous nous intéresserons à la manière dont les anciens Chinois ont procédé pour créer les caractères leur permettant de représenter graphiquement des notions dans le domaine des sentiments et des émotions. L’étymologie graphique chinoise permettant de faire ressortir la préférence du composant catégoriel « cœur ; esprit » dans la plupart des cas, il nous appartiendra de retracer le développement de ces graphies afin de mieux comprendre ce phénomène propre à l’écriture chinoise. Cette étude exploitera les données épigraphiques et paléographiques disponibles de la période allant du XIIIe siècle avant J.-C. au IIe siècle après J.-C.
Aires culturelles :
Chine,
Renseignements : sur rendez-vous par courriel.
Adresse(s) électronique(s) de contact : marechal(at)ehess.fr
Compte rendu
L’année a été consacrée au premier volet d’une étude sur la manière dont les anciens Chinois ont procédé pour créer les caractères leur permettant de représenter graphiquement des notions relevant du domaine des sentiments et des émotions. L’étymologie graphique chinoise permettant de faire ressortir la préférence du composant catégoriel « cœur ; esprit » dans la plupart des cas, nous avons commencé par présenter la graphie xin « cœur » dont l’identification dans les plus anciens documents écrits chinois découverts en 1899 et datant du XIIIe siècle avant J.-C., ne remonte qu’à 1979. Les plus anciennes occurrences de la graphie xin indiquent qu’elle renvoie à l’organe physique mais qu’elle pourrait déjà avoir servi à rendre compte de la notion d’« état d’esprit ». Elle est en effet clairement attestée au sens d’« intention » dès le milieu du Xe siècle avant J.-C., tandis qu’elle entre dans la composition de la graphie nian « penser à ; se souvenir » attestée, quant à elle, au plus tôt au XIe siècle avant J.-C. Les plus anciennes données épigraphiques chinoises nous montrent donc qu’elle a servi relativement tôt à rendre compte de notions liées à l’intellect. Ainsi nous avons concentré notre attention sur la présentation d’autres graphies dans lesquelles elle entre en composition, notamment si « penser », lü « considérer », wang « oublier ».