2010-2011

Politique des statistiques

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

Un mardi par mois de 10 h à 17 h ou de 14 h à 17 h (bd Raspail 75006 Paris), du 7 septembre 2010 au 31 mai 2011. Les séances des 2 novembre et 7 décembre 2010 sont annulées

4 janvier (salle de réunion, CEAf, 2e étage, 96 bd Raspail), de 14 h à 17 h
22 février (salle 6, 105 bd Raspail), de 14 h à 17 h
1er mars (salle 6, 105 bd Raspail), de 10 h à 17 h
5 avril (salle de réunion, CEAf, 2e étage, 96 bd Raspail), de 14 h à 17 h
10 mai (salle 10, 105 bd Raspail), de 14 h à 17 h
31 mai (salle 5, 105 bd Raspail), de 14 h à 17 h.

Il est dorénavant établi que les statistiques publiques ne sont pas seulement des outils d'observation de la société, mais aussi des instruments de gouvernement qui, par leurs méthodes, leurs réseaux métrologiques, les catégories qu'elles établissent, influencent l'action politique et transforment ainsi la société qu'elles décrivent.

Ces dernières années ont été marquées du sceau de « la crise » : crise financière, crise économique, crise écologique, crise sociale, crise démocratique... le monde occidental et son modèle supposé universel de libéralisme politique et économique seraient en crise. Prendre au sérieux cette crise suppose d'en considérer la traduction statistique. Elle ne peut pas être seulement une chute des séries quantitatives dans les abysses des minima, car une simple décroissance – quand bien même vertigineuse – signifie que les séries statistiques passées restent capables de décrire la société. Or les séries classiques correspondant au monde ancien sont critiquées et remises en cause par les utilisateurs, qui demandent impérieusement à ce qu'elles soient renouvelées et adaptées aux nouvelles réalités apparues avec la crise.

Depuis quelques années, on assiste effectivement à l'expression d'un profond mécontentement à l'endroit du système statistique public qui, dès lors, se trouve plongé lui aussi dans une crise profonde (controverses sur le taux de chômage, sur le pouvoir d'achat, délocalisation de l'INSEE, etc.), à laquelle il répond en abandonnant d'anciennes séries et méthodes et en en établissant de nouvelles (nouvelles techniques managériales de gouvernement par les nombres telles que le benchmarking, nouveaux indicateurs de richesse et de sécurité, nouveaux réseaux de collecte sur la biodiversité, etc.).

C'est pourquoi nous proposons, face à la crise, de nous tourner vers les statistiques non pas pour qu'elles nous fournissent des chiffres qui donneraient des solutions, mais pour qu'elles nous exposent en pleine lumière les déchirements et les controverses internes qui contribuent à façonner les termes des problèmes auxquels la société est aujourd'hui confrontée.

Ce séminaire exploratoire prolonge celui de l'an dernier qui s'était concentré sur la diffusion et les usages d'une technique d'étalonnage des performances, celle du benchmarking, et tentera de repérer plus généralement, d'une part, les critiques émises depuis quelques années contre les statistiques publiques et, d'autre part, les domaines où de nouvelles façons de quantifier ont été expérimentées pour y répondre. En s'attachant à décrypter les transformations affectant les statistiques, ce sont les mutations politiques et sociales à l'œuvre que nous nous efforcerons de comprendre.

4 janvier : Gaël de Peretti, INSEE, Observer et mesurer : la statistique publique en ligne de mire.
22 février : Étienne Pénissat, CERAPS, Lille-II, Controverse sur le taux de chômage.
1er mars : Benjamin Lemoine, CSI, ENSMP : Statistiques et dette publique.
5 avril : Gabrielle Bouleau, CEMAGREF, Montpellier : Dénombrer la biodiversité.
10 mai : Laurent Thévenot, GSPM-EHESS et LASQ-CREST : Le "Gouvernement par objectif" : métamorphose des évaluations autorisées.
31 mai : Agnès Labrousse : Expérimentation randomisée et évaluation des politiques publiques.

Mots-clés : Sociologie,

Aires culturelles : Europe,

Suivi et validation pour le master : Obligatoire sur l'année (bi-mensuel)

Mentions & spécialités :

Renseignements : sur rendez-vous.

Adresse(s) électronique(s) de contact : edidier(at)ehess.fr

Dernière modification de cette fiche : 6 janvier 2011.

Dernière mise à jour le 1/05/2011 par

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