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Mardi de 9 h à 11 h (salle 1, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 5 octobre 2010 au 25 janvier 2011
Le séminaire de cette année est un prolongement de celui de l’an dernier. Nous y insisterons davantage sur les relations entre la perception et d’autres facultés ou modes de (re)présentation, dont l’imagination et la mémoire. Bien qu’il ne soit pas nécessaire d’avoir suivi le séminaire précédent, nous reprendrons le fil de la discussion là où nous l’avons laissé, à partir de la question de l’influence sur notre expérience de divers types de représentations et capacités traditionnellement tenus pour « extérieurs » à la perception, tels que croyances, représentations sociales et culturelles, ou encore états de l’imagination et du souvenir. La question de la modularité, synchronique et diachronique, de la perception, sera reprise à partir d’exemples spécifiques. Le programme détaillé des séances, qui s’articuleront sur des textes choisis à l’avance, dans le domaine de la philosophie et des sciences cognitives, sera communiqué un peu avant la rentrée.
Mots-clés : Épistémologie, Philosophie, Sciences cognitives,
Suivi et validation pour le master : Semestriel
Domaine de l'affiche : Philosophie et épistémologie
Intitulé général : Philosophie cognitive
Renseignements : contacter l'enseignant par courriel.
Direction de travaux d'étudiants : contacter l'enseignant par courriel.
Réception : sur rendez-vous, à l'Institut Jean-Nicod.
Niveau requis : M2
Adresse(s) électronique(s) de contact : dokic(at)ehess.fr
Le séminaire a porté surtout sur la perception et l’imagination (le thème de la mémoire sera traité plus en détail dans le séminaire de l’année suivante). Nous avons commencé par poser la question des analogies et différences entre ces trois capacités psychologiques. Leurs produits doivent-ils être considérés comme des « attitudes propositionnelles » (Russell), c’est-à-dire des relations à des propositions, ou certains d’entre eux sont-ils mieux conçus comme possédant un contenu non propositionnel, voire non conceptuel ? Quelle est la nature de la distinction entre les images mentales de l’imagination et celles du souvenir ? En vertu de quels mécanismes métacognitifs le cerveau peut-il les différencier ?
Nous avons ensuite évoqué le thème kantien de l’ingérence de l’imagination dans la perception. Selon Kant et plus récemment Strawson, l’imagination est un « ingrédient essentiel » de la perception. D’autres auteurs, dont Sartre et (dans certains textes) Wittgenstein préfèrent considérer que la perception est exclusive de l’imagination. Nous avons analysé le phénomène de « perception amodale » et évalué la thèse selon laquelle les faces cachées des objets perçus sont typiquement représentées via l’imagination. Nous avons alors abordé la question plus générale de la « perméabilité cognitive » de la perception. Un certain nombre de travaux expérimentaux, dont les premiers datent des années 1960, à l’apogée de la psychologie « New Look », indiquent apparemment que la perception peut être directement influencée par des facteurs cognitifs (croyances, désirs, habitudes et représentations socioculturelles, etc.). Contre ces travaux, nous avons argumenté en faveur de l’imperméabilité cognitive de la perception, du moins sous l’aspect synchronique.
La dernière partie du séminaire a porté sur l’imagination proprement dite, plutôt que sur ses relations avec la perception. Nous avons analysé les principales théories philosophiques contemporaines sur l’imagination, notamment la thèse simulationniste et la thèse du code unique. Cette analyse nous a amenés à esquisser une taxinomie des modalités de l’imagination : sensorielle vs cognitive, cognitive vs suppositionnelle, subjective vs objective. À cette occasion, nous avons invité Christopher Peacocke (Université Columbia) et débattu avec lui de ses thèses sur l’imagination. Nous avons également abordé la question du rôle joué par l’imagination dans le rêve, dans la dépiction et dans les expériences de pensée.
Publication
• « Les grands courant en philosophie de l’esprit », dans Lectures de la philosophie analytique, sous la dir. de Sandra Laugier et Sabine Plaud, Paris, Ellipses, 2011, p. 331-350.
Dernière modification de cette fiche : 9 juin 2010.
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