2012-2013

Out of culture, la société par ses restes

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

Lundi ((EHESS, Centre de la Vieille-Charité, 2 rue de la Charité 13002 Marseille)), du 4 mars au 3 juin 2013

Le séminaire de l’année 2011-2012 poursuit la formule simple débutée l’an dernier sous un format de trois heures avec un cours suivi de discussions, analyses et exposés en liaison avec la séance. Nous aborderons cette année une série de thèmes liés à la culture matérielle, aux objets et à leurs usages et significations sociales. Nous inviterons plusieurs spécialistes à intervenir sur des recherches en cours.

Si l’on accepte de considérer le phénomène culturel sous toutes ses acceptions, parfois mêmes contradictoires (un ensemble cernable d’objets et pratiques versus « the way to do things »), il importe alors de saisir ce qui échappe à la culture ou ce qui est rejeté de notre sphère normative et patrimonialisante. Que cela soit des « primates non humains » dotés à présent d’objets et traditions, d’hommes préhistoriques « pré-culturels » ou de « natures » pensées en dehors de la sphère anthropique, divers phénomènes pris dans leurs généalogies ou dans contrastes peuvent nous instruire sur les sujets impensés ou illégitimes des sciences humaines.
Le cœur de notre réflexion portera sur les résidus, restes, excrétât, surplus de nos activités qui de façon inductive, à la façon des archéologues, permettent de remonter aux déterminants comportementaux, psychologiques et sociaux, et à terme, de proposer un modèle explicatif plus large des fonctionnements et dynamiques sociales.
Les restes, leur production, leur traitement ont une valeur heuristique originale pour les sciences sociales. C’est tout au moins la position que nous défendrons dans le cadre de cet enseignement. Le reste, envisagé comme « revers de la production », mais aussi comme un objet mettant inlassablement en travail le symbolique et la fonction signifiante, sera considéré comme bon à penser sous divers angles et selon diverses approches.
Nous explorerons les théories anthropologiques, psychanalytiques et économiques classiques afin de saisir la place qu’y occupent les restes, les questions qu’ils soulèvent, les modalités selon lesquelles ils sont pensés - ou impensés.
En partant de l’examen de pratiques observées par des ethnologues sur des terrains proches et lointains, nous examinerons les enjeux symboliques, sociaux, politiques et économiques qui se jouent en relation avec des activités telles que la collecte, le bricolage, la réparation, le rejet, l’élimination, la valorisation, la commémoration,… Nous nous arrêterons notamment sur l’une des destinée possible du reste : le déchet et son corollaire, la souillure. En plongeant au niveau des pratiques, et en prenant appui sur des études de terrain, nous questionnerons les mécanismes qui articulent position sociale et souillure et étudierons plus particulièrement des activités de travail en contact avec des déchets et les effets sociaux de ces activités sur les travailleurs.

Mots-clés : Anthropologie,

Aires culturelles : Afrique,

Suivi et validation pour le master : Bi/mensuel annuel (24 h = 6 ECTS)

Mentions & spécialités :

Domaine de l'affiche : Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie

Intitulés généraux :

  • Frédéric Joulian- Anthropologie évolutionnaire
  • Renseignements : outre une participation active au séminaire, l’évaluation se fera sur la base d’un travail d’écriture critique et d’une présentation orale.

    Direction de travaux d'étudiants : encadrement de travaux d’étudiants sur les métiers du déchet, l’économie de la récupération et du recyclage.

    Réception : lundi et jeudi, sur rendez-vous.

    Niveau requis : licence.

    Adresse(s) électronique(s) de contact : Frederic.Joulian(at)ehess.fr, agnes.jeanjean(at)unice.fr

    Dernière modification de cette fiche par le service des enseignements (sg12@ehess.fr) : 7 juin 2012.

    EHESS (Siège), 190-198 avenue de France 75244 Paris cedex 13 - Tél : 01 49 54 25 25