Défense du cas particulier

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

Vendredi de 9 h à 11 h (salle 7, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 16 novembre 2012 au 21 juin 2013. La séance du 22 février se tiendra salle M. et D. Lombard, 96 bd Raspail 75006 Paris

Ce groupe de travaille accueille chercheurs en sciences sociales et cliniciens rassemblés par l'étude du champ social de la folie. Saisie à travers les transferts qu'elle impose, celle-ci met en évidence une recherche active sur les catastrophes du lien social.

Au moment où paraît dans Cell un article où un généticien affirme n'avoir travaillé qu'à partir d'un cas particulier-lui-même, nous retournons vers une des propositions de Ludwig Wittgenstein : "Rien ne vaut l'étude de quelques cas particuliers". À partir du "laboratoire à deux" que constitue la relation analytique et ses interférences dans le cas de trauma ert de folie, nous mettrons à l'épreuve la formule d'Harry Stack Sullivan dans les années 30, :"Les schiozophrènes sont le sujet des sciences sociales".

Suivi et validation pour le master : Hebdomadaire annuel (48 h = 2 x 6 ECTS)

Mentions & spécialités :

Domaine de l'affiche : Sociologie

Intitulés généraux :

  • Françoise Davoine- Folie et lien social
  • Jean-Max Gaudillière- Folie et lien social
  • Renseignements : écrire à Jean-Max Gaudillière, 164 bd du Montparnasse 75014 Paris.

    Niveau requis : nécessité d'un projet de recherche écrit.

    Compte rendu

    À rebours des tendances lourdes de la plupart des sciences humaines, ou de spécialités médicales comme la psychiatrie, nous nous sommes interrogés sur la pertinence de prétendues preuves, concernant l’étiologie et le devenir de la folie, fondées sur des estimations statistiques et sur une causalité maîtresses du jeu. Or la clinique des traumatismes, qui se trouve directement connectée à celle de la folie, récuse précisément cette double approche, qui laisse délibérément de côté l’interruption de la dimension temporelle, constatée par la plupart des thérapeutes, sans distinction de spécialité.
    Or il n’est pas jusqu’à une des disciplines les plus en pointe dans le champ de la biologie moléculaire, qui a pu récemment mettre en œuvre le cas particulier, dans une série d’expérimentations portant sur un seul corps, avec de nombreuses variables, plutôt que n échantillons, avec une seule ou peu de variables. Le « cas particulier » étant en l’occurrence celui même de l’expérimentateur, Michael Snyder (Stanford University), qui en a rendu compte dans un article qui a fait date dans une revue scientifiquement incontestable, Cell.
    Ces avancées nous ont conduits à reprendre le travail clinique et théorique de Dori Laub, professeur à Yale et cofondateur des Video Archives Fortunoff de la Shoah. Trois membres de notre séminaire se sont d’ailleurs attelés à la traduction et à la publication de plusieurs de ses articles (son œuvre est complètement inédite en français, et ils paraîtront d’abord dans une revue.)
    La même démarche nous a fait accueillir Yaëlle Sibony-Malpertu, pour la parution de son livre Une liaison philosophique : du thérapeutique entre Descartes et la princesse Elizabeth de Bohême, Stock 2012, ainsi que le psychanalyste belge Jacques Roisin, auteur d’une biographie retentissante de Magritte, et d’un livre De la survivance à la vie publié aux PUF, fondé sur son expérience clinique à la fois des victimes survivantes de génocides, comme le Rwanda, et d’agressions violentes (viols, pédophilie, tentatives d’assassinat, braquages, etc.).
    Nous avons été invités à présenter nos travaux dans de multiples circonstances internationales : en octobre 2012, à Chicago, au congrès de l’ISPS-US « Making contact with the depths, psychosis as it is lived » ; en novembre, interview par Marilou Brousseau « Au cœur de l’être », sur radio Ville-Marie à Montréal ; en janvier 2013, au musée du Louvre « La représentation de la bataille », et à l’EMP de Fontenay-sous-Bois, « Traumas venus d’ailleurs » ; en février à la SFPP à Paris : « Psychanalyse de guerre, la guerre sans trêve » ; en mars 2013, à l’Université Emory d’Atlanta, « In context : the semiotic of showing » ; en mai, à Santiago du Chili : ouverture de la chaire Michel Foucault « Peur, surveillance sociale, altérité », Université du Chili, faculté des sciences sociales ; puis à la faculté de philosophie : « De l’histoire de la psychanalyse à la psychanalyse de l’histoire » ; en juin, en Suisse, à l’hôpital psychiatrique public de la Fondation de Nant, pour le congrès de l’ISPS-Suisse : « La folie, une recherche d’historiens en puissance. »
    De nombreuses projections du film Une longue histoire de folie, tiré du livre de Françoise Davoine Mère Folle, ont eu lieu en France et dans le monde, avec ou sans notre présence : notamment à Cordoba (Argentine), à Londres (au musée Freud), à Lille (cinéma Métropole), à Strasbourg (musée d’Art moderne) etc.

    Publications
    Françoise Davoine et Jean-Max Gaudillière

    • À bon entendeur, salut ! Face à la perversion, le retour de Don Quichotte, Paris, Stock, 2013, 380 p.
    • Interviews par Cathy Caruth. John Hopkins University Press.

    Françoise Davoine

    • Mother Folly. A Tale, trad. J. Miller, Stanford University press, 2013.

    Dernière modification de cette fiche par le service des enseignements (sg12@ehess.fr) : 31 janvier 2013.

    EHESS (Siège), 190-198 avenue de France 75244 Paris cedex 13 - Tél : 01 49 54 25 25

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