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4e mardi du mois de 11 h à 13 h (salle 8, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 22 janvier au 25 juin 2013
Les effets contemporains de la mondialisation (en particulier la crise financière dans les sociétés occidentales et l’émergence de nouvelles puissances économiques) incitent à reprendre des questions fondamentales sur le sens de l’économique en tant que catégorie descriptive du social et sphère de rationalité pratique. Ces questions de philosophie économique, selon nous, portent tout autant sur des représentations collectives que sur des phénomènes pouvant être formalisés de façon apparemment objective. C’est du moins la perspective qui s’impose si l’on se propose de parvenir à une définition comparative des phénomènes qui, dans nos sociétés, relèvent de l’économique comme tel, conçu comme un domaine autonome de la vie sociale, mais qui dans d’autres sociétés sont profondément « imbriqués » (c’est l’expression de Karl Polanyi) dans le tissu de la vie sociale.
L’actualité qui met en scène les États soumis aux décisions des marchés est une occasion de se demander, dans des termes différents, comment se définissent les deux domaines du politique et de l’économique dans les sociétés libérales. La régulation politique de l’économie est-elle foncièrement incompatible avec celle de liberté individuelle ? La notion de souveraineté n’a-t-elle d’application que sous la condition d’une autarcie économique ? Y a-t-il une définition sociologique (au sens comparatif) du marché, ou s’agit-il d’une notion purement rationnelle ? Y a-t-il, comme le pensait Polanyi, des éléments sociaux de la vie économique qui ne peuvent pas prendre une forme marchande (par exemple le travail, la nature, la monnaie) ? L’autonomie du domaine économique est-elle, comme le pensait Louis Dumont, un trait caractéristique de la modernité et une forme majeure dans lesquels s’exprime la valeur individualiste ? D’autres formes d’expression de cette valeur sont-elles concevables ?
De telles questions, qui ont une portée pratique, demandent également à être précisées d’un point de vue conceptuel. En réunissant des ethnologues, des économistes, des philosophes et des historiens attachés au point de vue sociologique, ce séminaire veut approfondir ces questions liées à l’analyse des phénomènes modernes dans la perspective d’une comparaison des sociétés.
22 janvier : François Flahault, « L’homme est-il un vivant ? Économie des choses et économie des personnes »
26 février : Alain Ehrenberg, « Psychologie et économie : la science naturelle du comportement »
26 mars : Bruno Karsenti, « Souveraineté et défense de la société par elle-même »
23 avril : André Iteanu, « Que peut-on appeler “valeur”dans les économies de l’échange ? »
28 mai : Sylvain Piron, « Valeur, contrat et bien commun : la sociologie morale des scolastiques et la nôtre »
Mots-clés : Anthropologie, Comparatisme, Économie, Histoire économique et sociale, Philosophie, Politique,
Domaine de l'affiche : Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie
Intitulés généraux :
Renseignements : contacter Stéphane Breton.
Adresse(s) électronique(s) de contact : stephane.breton(at)college-de-france.fr
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