2008-2009

De l'écologie culturelle à l’anthropologie de la nature : évolutions et ruptures

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

Jeudi de 15 h à 17 h (salle 8, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 27 novembre 2008 au 19 février 2009. La séance du 29 janvier est annulée

Au cours des quarante dernières années l’approche anthropologique de l’interface entre nature et société s’est profondément transformée. La perspective traditionnelle qui dissociait l’étude des caractères physiques des écosystèmes au moyen des outils des sciences de la vie (point de vue etic) de l’étude des usages et des représentations culturelles au moyen desquels ces écosystèmes sont médiatisés par les humains (point de vue emic) a perdu de son importance au profit de démarches qui mettent plutôt l’accent sur les processus de déterminations réciproques, de coévolution et d’affordance dans les rapports entre humains et non-humains. On reviendra sur les étapes de cette mutation pour mieux mettre en évidence les traits saillants de l’anthropologie environnementale contemporaine, en s’appuyant notamment sur des études de cas en Amazonie et en Nouvelle-Guinée.

Jeudi 19 février 2009 : Dans le cadre de l'opération "Changeons le programme" : « l'anthropologue dans la cité : comparaisons internationales »

Aires culturelles : Amérique du Sud, Océanie,

Suivi et validation pour le master : Semestriel

Mentions & spécialités :

Domaine de l'affiche : Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie

Intitulé général : Écologie symbolique

Renseignements : envoi des dossiers à Philippe Descola, Laboratoire d’anthropologie sociale, 52 rue du Cardinal-Lemoine 75005 Paris, tél : 01 44 27 17 32.

Direction de travaux d'étudiants : sur rendez-vous uniquement.

Réception : uniquement sur rendez-vous et avec un projet écrit envoyé au préalable, à partir du 10 septembre 2008.

Niveau requis : ce séminaire s’adresse aux étudiants confirmés ; il est ouvert aux étudiants du master.

Adresse(s) électronique(s) de contact : sophie.bosser(at)college-de-france.fr

Compte rendu

L’objectif du séminaire était de procéder à une récapitulation et à un bilan des recherches anthropologiques menées au cours des quarante dernières années sur l’interface entre nature et société. On a retracé l’évolution des approches depuis un état de la discipline dans lequel une dissociation nette était établie entre, d’une part, l’étude préalable des caractères physiques des écosystèmes et des objets naturels au moyen des outils des sciences de la vie (point de vue etic) et, d’autre part, l’étude des usages et des représentations culturelles au moyen desquels les organismes sont catégorisés et les écosystèmes médiatisés par les humains (point de vue emic). Marquées par les débats sur le déterminisme des facteurs limitants (écologie culturelle), la traduction des grammaires classificatoires (analyse componentielle) et l’universalité des schèmes de catégorisation (ethnoscience cognitive), ces approches caractérisées par le dualisme des méthodes et des objets ont en grande partie cédé la place à des démarches qui mettent plutôt l’accent sur les processus de causalité réciproque, de coévolution et d’affordance dans les rapports entre humains et non-humains. Sans doute plus fidèles à la dimension phénoménologique des interactions entre les entités du monde, ces approches récentes ont pourtant l’inconvénient de rendre difficiles les comparaisons entre types contrastés de rapports aux non-humains et l’on s’est donc penché sur les modèles qui permettraient de rendre compte de façon comparative des régimes différenciés de comportement en ce domaine.
Les débats de l’anthropologie environnementale ayant été conduits de façon privilégiée par des ethnologues spécialistes de l’Amazonie et de la Mélanésie, les animateurs du séminaire ont largement fait appel, dans un premier temps, à des études de cas provenant de ces deux régions dont ils sont spécialistes ; dans un second temps, des exposés portant sur ces deux aires culturelles ont apporté un éclairage complémentaire : Eduardo Brondizio (université d’Indiana) a présenté l’évolution de l’anthropologie écologique aux États-Unis et la part qu’il y a prise avec ses recherches sur l’Amazonie brésilienne ; Emmanuel Lézy (Université Paris-X/Nanterre) a abordé l’approche environnementale des Guyanes du point de vue de la géographie ; Stephen Rostain (CNRS) a brossé le tableau des formes d’adaptation aux écosystèmes amazoniens du point de vue de l’archéologie préhistorique ; enfin, Ludovic Coupaye a illustré par sa recherche sur les ignames chez les Abelam (Nouvelle-Guinée) comment un cultigène peut devenir un véritable fait social total.

Publications
• « Human Natures », Social Anthropology, 17 (2), 2009, p. 145-157.
• « Die zwei Naturen bei Lévi-Strauss », dans Wirkungen des wilden Denkens. Zur strukturalen Anthropologie von Claude Lévi-Strauss, sous la dir. de Michael Kauppert et Dorett Funcke, Francfort, Suhrkamp, 2009, p. 227-247, traduction anglaise dans The Cambridge Companion to Lévi-Strauss, sous la dir. de Boris Wiseman, Cambridge, Cambridge University Press, 2009, p. 103-117.

Dernière modification de cette fiche : 17 février 2009.

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