Surdité et langue des signes : analyseurs politiques, philosophiques et sociolinguistiques. Interprétation et santé mentale 3

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1er et 3e lundis du mois de 19 h à 21 h (salle 8, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 20 octobre 2008 au 15 juin 2009. La séance du 6 avril est avancée au 30 mars (même heure, même salle)

En partenariat scientifique avec l’AFILS (Association française des interprètes en langue des signes)

Reprenant la question posée par Bernard Mottez « Les Sourds existent-ils ? », ce séminaire se propose d’être un lieu interdisciplinaire de réflexion et de discussion. Il interroge les savoirs, les pratiques et les valeurs construits dans le champ de la surdité et fait suite au séminaire des années 2006-2007 animé par Christian Cuxac et Alexis Karacostas sur la question de l’implant cochléaire et à celui de 2007-2008 animé par Andrea Benvenuto et Marie Coutant sur la question de la norme.

Cette année, ce séminaire portera sur l’interprétation et la santé mentale. Il poursuivra la démarche déjà initiée d’un questionnement des normes qui balisent savoirs et pratiques dans le champ de la surdité. L’interprétation LSF/français présente des enjeux épistémologiques et linguistiques majeurs, au delà de l’importance politique fondamentale qu’elle revêt en permettant que sourds et entendants investissent l’espace public dans des conditions d’égalité d’êtres parlants. Une vaste littérature sur l’interprétation des langues vocales a pu donner des bases à la construction d’un champ de savoir spécifique à l’interprétation des langues des signes, mais cette discipline a dû inventer ses propres voies pour rendre compte de sa singularité.

Si, d’autre part, comme l’affirme George Canguilhem, on ne peut parler ni d’un sujet normal ou pathologique en soi, ni d’un milieu normal ou pathologique en soi, si donc on ne peut le faire qu’en mettant sujet et milieu en relation, la santé mentale des sourds ne peut être comprise comme une donnée intrinsèque de la surdité, qui configurerait ce qu’on appelle une « psychologie de la surdité ». Sans négliger les données objectives du corps biologique et du corps social, nous nous inscrirons dans la perspective ouverte par la proposition de Bernard Mottez « la surdité est un rapport ». Si la culture est un territoire de différences qui a besoin de traductions permanentes (Homi Bhabha, 1994), la santé mentale ne peut pas faire l’impasse sur les rapports de langues et de vécus des sourds et des entendants. Ces rapports constituent l’espace psychothérapeutique qui devient ainsi un territoire de différences qu’il faut traduire en permanence.

Explorer les spécificités des pratiques d’interprétation et de santé mentale et les liens mutuels entre ces deux disciplines dans le champ de la surdité, tel sera l’objectif principal de ce séminaire.

Séminaire ouvert aux étudiants de master.

Aires culturelles : Europe centrale et orientale, France,

Suivi et validation pour le master : Obligatoire sur l'année (bi-mensuel)

Renseignements : La participation se fera sur inscription en raison du nombre limité de places renseignements et réservations: mcoutant(at)ehess.fr

Adresse(s) électronique(s) de contact : mcoutant(at)ehess.fr

Dernière modification de cette fiche : 2 décembre 2008.

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