Something you should know : artistes et producteurs aujourd'hui

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

Mercredi de 19 h à 21 h (salle M. et D. Lombard, 96 bd Raspail 75006 Paris), du 29 octobre 2008 au 24 juin 2009

Accueillir l’art contemporain à l’EHESS, en se plaçant résolument du côté de la pratique — des artistes et des producteurs aujourd’hui — est l’objet du séminaire. Choix précisément daté : la chute du Mur et la mondialisation bouleversent les flux et les polarités du monde de l’art, suscitant des formes nouvelles d’activisme, de nouvelles ambitions collectives. Interroger l’espace et les formes de la représentation politique ou la constitution des nouvelles références nationales issues du monde communiste, réinscrire l’utopie au cœur de projets collectifs, questionner les légitimités majoritaires et les angles morts de la démocratie : autant de motifs pour l’art d’aujourd’hui que le séminaire se propose d’exposer en donnant la parole aux artistes, aux curators, aux critiques qui, travaillant hors de France, viennent à l’EHESS nous faire participer à leur expérience et, littéralement, faire école.

Mercredi 29 octobre : Maja Bajevic, « Depuis ses débuts, à la fin des années 1990, la pratique de Maja Bajevic a réfracté, plutôt que simplement réfléchi, la riche histoire de sa formation socioculturelle » (Lynne Cooke). Maja Bajevic est née à Sarajevo en 1967, a grandi à Munich en Allemagne et a étudié l’art au sein de la conservatrice Académie des beaux-arts de Sarajevo, avant de poursuivre ses études dans l’atelier Multimedia de l’école nationale Supérieure des beaux-arts de Paris, son déménagement vers Paris ayant été occasionné (c’est du moins ce qu’on peut lire) par l’exposition les Magiciens de la Terre en 1989. Le siège de Sarajevo et la guerre en ex-Yougoslavie l’empêchant de retourner vers sa ville natale, Maja Bajevic est restée 8 ans à Paris, à partir de 1991. Aujourd’hui, elle vit entre Sarajevo, Berlin, Venise et Paris. Elle a obtenu plusieurs bourses de séjour dans différentes villes, comme Zurich en 2001, ou comme Berlin (DAAD) et enseigne à l’IUAV de Venise. « Une relation compliquée au monde et avec le monde constituent, à mon sens, l’essence de presque tous les gestes artistiques » (M. Bajevic) L’expérience de l’exil et l’urgence des questions d’identité y afférant sont devenues une source importante pour son activité artistique. Lynne Cooke note : « l’engagement de Maja Bajevic, notamment à l’égard des questions de pouvoir politique et de patriarcat et qui concerne plus spécifiquement l’exclusion des femmes du patrimoine culturel, a été relevé par nombre de critiques ; les façons, dont, depuis ses débuts, elle a traité de la question de la réception, tentant de résister à la consommation facile, le sont moins… » Maja Bajevic a activement contribué à la création du centre d’art contemporain de Sarajevo. Elle a participé à nombre de manifestations internationales, depuis sa participation à Manifesta 3 à Ljubljana (2000) et à la 7è Biennale d’Istambul (2001), jusqu’à Documenta 12 (2007), passant par Valence, Sharjah, Moscou, etc. Elle a fait partie du premier (et unique) Pavillon bosniaque à la 50è Biennale de Venise, a proposé un projet online pour la Dia Foundation et a également eu une exposition personnelle à la Fondazione Bevilaqua la Masa de Venise. Elle expose actuellement à Paris, à la Galerie Michel Rein.

 

Mercredi 5 novembre 2008 : Dean Daderko : "What's the difference between more fun than anybody and the most fun for everybody?"(*)

(*)« Lorsque que vous sortez d’un musée, gardez votre ticket d’entrée. Attendez une minute, pour voir qui arrive. Si quelqu’un approche, demandez lui s’il veut récupérer votre billet, ce qui lui permet d’entrer gratis, et donnez-le lui ».

Dean Daderko est curator. Il vit à New York. Sa plus récente exposition, SIDE X SIDE s’est tenue à La MaMa’s La Galleria dans le quartier du Lower East Side à New York pour l’organisation Visual Aids. Elle s’est attachée à montrer les trajectoires et carrières de cinq artistes de la première génération confrontée à l’épidémie de sida, dans les années 1980. Eat the Document organisée à la Larissa Goldston Gallery de New York, réunissait des œuvres de quatre artistes, pour montrer comment le développement d’une contre-culture artistique dans les années 1970 peut interagir, à la fois comme héritage et comme moteur, avec des pratiques contemporaines. Daderko a été co-commissaire avec Gregg Bordowitz de This Strangest of Theaters: A Townhall Meeting on Politics and Emotion, un événement qui réunissait un conférencier et des performers, pour traiter des interactions entre amour et militantisme. Il a été commissaire d’exposition pour la Kitchen, Art in General et Artist’s Space à New York et pour le centre d’art contemporain de Vilnius en Lituanie. Ses textes ont été publiés dans des ouvrages publiés par P.S.1 Contemporary Art Center, the Australian Center for Contemporary Art, El Museo del Barrio, et le Studio Museum de Harlem, entre autres.


Dean Daderko is a curator based in New York. Through his practice, he seeks to establish opportunities for engaging dialogue between viewers, artists and works. His most recent exhibition, SIDE X SIDE, was curated for Visual AIDS and hosted by La MaMa's La Galleria in New York's Lower East Side. SIDE X SIDE considered the trajectories and careers of five artists who were among the first generation faced with the onset of the AIDS epidemic in the 1980s. Eat the Document, a group exhibition hosted by Larissa Goldston Gallery in New York, brought together works by four artists to consider how the development of an artistic counter-culture in the 1970s maintains a legacy and dialogue with some contemporary practices. Daderko co-curated, with Gregg Bordowitz, This Strangest of Theaters: A Townhall Meeting on Politics and Emotion. This event that brought together a lecturer and performance artists, and addressed the interconnectedness of activism and love. Daderko has curated exhibitions for The Kitchen, Art in General, and Artists' Space in New York, and for the Contemporary Art Center in Vilnius, Lithuania. His writing has appeared in publications by P.S.1 Contemporary Art Center, Australian Center for Contemporary Art, El Museo del Barrio, and the Studio Museum in Harlem, among others.

Mercredi 26 novembre : Jason Simon
Artiste, curateur et enseignant, Jason Simon, qui vit à New York, fait également des films et de la vidéo. On a pu voir son travail à la Biennale du Whitney Museum et dans des galeries qui furent des pivots de la scène artistique new yorkaise : la galerie de Pat Hearn (Pat Hearn Gallery) et celle de Colin de Land (American Fine Arts Co). Il a beaucoup publié, notamment dans les magazines : Artforum, Parkett, Purple, Springerin et Frieze. Ses films et ses videos sont en distribution chez First Run/Icarus Films et Video Data Bank.

Quelques-uns de ses projets ont eu à voir avec la publicité commerciale, avec la restauration des oeuvres d'art, avec les systèmes de communication publique et de collection. Jason Simon a travaillé avec Bill Horrigan au Wexner Center for the Arts (Ohio) pour fonder le Wexner’s Art & Technology Lab ; il a par ailleurs assuré le commissariat de plusieurs programmes -films et video, à New York et ailleurs. Il est actuellement Professeur associé au Département Media Culture au sein de la City University (The College of Staten Island) à New York; il a été membre fondateur de la galerie coopérative Orchard et chaque été, avec Moyra Davey, il accueille le festival de films et vidéos d'une minute dans une grange, située dans l'Etat de New York.
Jason Simon is an artist and a film and video maker based in New York City. He has shown his work in the Whitney Biennial, in solo gallery shows at Pat Hearn Gallery and American Fine Arts Co., and his writing has appeared in journals such as Artforum, Parkett, Purple, Springerin and Frieze. His films and videos are distributed by First Run/Icarus Films and the Video Data Bank and some of his projects deal with advertising, art restoration, public address systems and collecting. He worked with Bill Horrigan at the Wexner Center for the Arts establishing the Wexner’s Art & Technology lab and he has curated film and video programs in New York and abroad. He is currently Associate Professor in The Department of Media Culture, The College of Staten Island, City University of New York; he was a founding member of the cooperative gallery Orchard, and each summer he co-hosts with Moyra Davey the One Minute Film and Video Festival in a barn in upstate New York.

3 décembre 2008 : Marjetica Potrc

Le travail de Marjetica Potrc se situe à l'intersection de l'architecture, de la sculpture et des sciences sociales, de l'anthropologie en particulier. Qu'elle travaille dans un barrio de Caracas (2003), une ferme de Murcie (2007), au Rajasthan (2005), à Detroit (2005) ou dans la Nouvelle -Orléans dévastée par Katrina (2008), Potrc élabore un va et vient singulier entre le terrain et l'espace d'exposition, galerie ou musée, entre la sculpture / l'installation et l'architecture, entre l'observation et l'intervention in situ. Son attention s'est portée très tôt sur l'architecture spontanée ou "l'architecture sans architectes", sur les formes et les solutions inattendues proposées par l'inventivité des communautés locales. Ses "Case Studies" ou "études de cas", qui associent architectes, artistes et communautés locales, explorent et développent la richesse potentielle du "design participatif" au fil d'une méditation sur le projet, le modèle et l'invention.

Marjetica Potr est diplômée en architecture et en sculpture de l'Université de Ljubljana et a reçu de nombreux prix, notamment le Prix Hugo Boss 2000 et le "Vera List Center for Arts and Politics Fellowship" à la New School de New York en 2007. Son travail a été exposé en Europe et en Amérique, par exemple à la Biennale de Sao Paolo (1996 et 2006), à Skulptur.Projekte de Münster en Allemagne (1997, à la Biennale de Venise 2003. Elle a eu des expositions personnelles, entre autres, au musée Guggenheim de New York (2001) et à Portikus à Francfort en Allemagne (2006). http://www.potrc.org

10 décembre 2008 : Moyra Davey

Moyra Davey vit à New York. Son travail de photographe et de vidéaste est étroitement entrelacé avec une pratique constante de l’écriture. Elle a publié un essai sur la lecture, The Problem of Reading (Documents Books 2003), et une anthologie sur l’ambivalence de la maternité et de la création, Mother Reader: Essential Writings on Motherhood, (Seven Stories Press, 2001). Elle a eu nombre d'expositions personnelles et a participé à des expositions collectives, récemment au Metropolitan Museum of Art et au FRAC Ile de France/Plateau l'été dernier (« l’Argent ») ; elle a exposé entre 1989 et 2003 à la galerie American Fine Arts, Co. de New York. Ses écrits comme ses photographies ont été publiées dans différentes revues, telles : Cabinet, LTTR, L’inconvenient, Harpers et Grand Street.
La critique et commissaire Lynne Cooke, incluant Moyra Davey au sein de son bilan annuel pour le numéro de décembre 2008 d'Artforum, commente son choix en ces termes : "Groupés en ensembles fluides, à échelle modeste, ses photographies de presque riens --des vues fragmentaires d'intérieurs banaux, souvent domestiques-- sont devenues sa signature. Sa vidéo : « Fifty Minutes », 2006, un récit tournant autour d'un cas chargé de psychanalyse, mené sur le ton de l'auto -dérision et de l' ironie tranchante, lui a aussi valu une attention durable. L'écriture, cependant, est devenue de plus en plus son mode favori...". Au printemps 2008, « Long Life Cool White », au Fogg Art Museum, première rétrospective de son travail, fut l’occasion d’une publication singulière, moins un catalogue qu’un journal et une méditation sur la photographie : « Notes on Photography and Accident », dont elle dit « c’est un essai fragmentaire, d’un genre hybride, dont l’un des thèmes est la frustration et l’ennui que suscite en moi la plus grande part de la photographie actuelle, telle qu’elle a proliféré depuis 10 / 15 ans : mise en scène, échelle épique, etc. C’est l’impatience que je ressentais envers cette tendance qui m’a conduite à explorer la notion d’accident, à en repérer l’absence dans les œuvres contemporaines. Je me considère comme une photographe, mais comme j’écris aussi et je fais des vidéos, en général je réponds « artiste » quand on me demande ce que je fais ».
Moyra Davey est Elle est l'une des membres fondatrices de l'espace/collectif newyorkais Orchard et avec Jason Simon, elle organise tous les ans le festival One Minute Film and Video Festival dans une grange à Narrowsburg, dans l'Etat de New York. Moyra Davey a reçu en 2004 une dotation de la fondation anonyme (et qui emprunte son titre à Virginia Woolf) « Anonymous Was a Woman » et elle est actuellement bénéficiaire d'une résidence à la Cité des Arts.

http://orchard47.org

MOYRA DAVEY is an artist and a writer based in New York. Long Life Cool White, a twenty-year survey of her photographs was presented by The Harvard Art Museum in 2008, accompanied by an artist’s book of the same title. She has shown her work in many solo and group shows, most recently at the Metropolitan Museum of Art (in France: at the FRAC Ile de France/Le Plateau, in the exhibition L'Argent, this past summer), and from 1989-2003 at American Fine Arts, Co. in NYC. Davey is the editor of Mother Reader: Essential Writings on Motherhood (2001) and author of The Problem of Reading (2003). Her writing and photographs have appeared in Cabinet, LTTR, L’inconvenient, Harpers and Grand Street. She is a founding member of Orchard gallery in NYC; with Jason Simon she co-hosts the annual One Minute Film and Video Festival in Narrowsburg, NY. Davey is a 2004 recipient of an Anonymous Was a Woman award; she is currently participating in the International Residencies Program at The Cité des Arts in Paris.

Mercredi 21 janvier : La galerie des locataires 1972, Ida Biard
Hors du système de l’art officiel mais aussi hors du système marchand, la galerie des Locataires, initiée par Ida Biard à partir de 1972, a su faire entendre, entre Paris et Zagreb, un chœur de voix contestataires et un "engagement moral". Galerie, certes, mais refusant de n’être qu’un lieu d’exposition et s’abstenant de vendre, sans propriétaire ni adresse fixe, elle a été complètement liée au désir et à la survie des artistes dont elle s’est efforcée d’activer les projets (Cadere, Boltanski, Messager, Sarkis, Buren, Fleischer, Goran Trbuljak, Zarko Vijatovic, Nina Kjundzic, ….). Elle sut initier un ping-pong entre la « scène parisienne » et celles d’autres villes d’Europe, voire avec d’autres espaces insolites, situés poste restante mais qui ne sont pas restés lettre morte.

Ce nomadisme contre-institutionnel tient à la personne d’Ida Biard. Née en Yougoslavie, elle a étudié l’histoire de l’art à Paris entre 1963 et 1969 et elle a su maintenir son « attitude » de galerie des Locataires, au sein de l’Atelier de création radiophonique (France-Culture), dans une flotille de  « Taxis avant minuit » (1987), dans le « Simplon Express » (1989), dans la  région Franche-Comté dont elle fut conseillère aux arts plastiques (1990-99) ou encore dans le 14è arrondissement de Paris.

Ida Biard, qui travaille aujourd’hui au recollement des archives de la Galerie des locataires et sur le projet « Battre en retraite », ainsi qu’à un « Débarquement » sur l’île de Molat en mer Adriatique, présentera également pour la première fois lors du séminaire la vidéo « Ailleurs », réalisée en 1993-94 et restée inédite.

Mercredi 28 janvier : Claire Pentecost

Claire Pentecost, artiste et écrivain, met en œuvre une grande diversité de medias pour interroger les modes de structuration, institutionnels et imaginaires, qui organisent la division des savoirs (www.publicamateur.org). Ses projets récents se sont concentrés sur l'agriculture industrielle et l'ingénierie bio -agronomique, leurs régimes d'échange et de commerce, et les alternatives imaginables. Parmi ses dernières réalisations, un site internet on -line à contenu ouvert sur le mode de wikipedia, destiné à l'archivage des informations sur les coûts dissimulés du système alimentaire globalisé (www.VisibleFood.org). Au cours des deux dernières années, elle a organisé avec Brian Holmes et le collectif new yorkais "16 Beaver" un séminaire intitulé "Continental Drift "[Faille continentale] dans le but de regrouper les savoirs collectifs en matière sociale, théorique et esthétique nécessaires face aux bouleversements de la carte géopolitique (www.16beavergroup.org/drift/).
Pentecost est professeur au département de photographie de l'école de l'Art Institute de Chicago, elle y enseigne photographie et théorie critique et y anime plusieurs séminaires interdisciplinaires.
www.clairepentecost.org

Mercredi 18 février  : Manuel J. Borja-Villel, directeur du Musée National Reina Sofia de Madrid

Né en 1957 à Burriana (en Espagne), Manuel J. Borja-Villel,  a reçu une formation d'historien d'art ; d'abord à l'Université de Valence (jusqu'en 1980), puis à l'Université de Yale aux Etats-Unis, (1981-82) et, grâce à une Bourse Fullbright, à la City University de New York, où il a soutenu un doctorat (1989).

Manuel J. Borja-Villel fut le directeur du musée de la Fondation Antoni Tàpies de Barcelone depuis son inauguration en Juin 1990 jusqu'en 1998. Il y a organisé les expositions "Les Limites du Musée" et "la Cité du Peuple", ainsi que des monographies d'artistes, entre autres:  Louise Bourgeois, Brassaï, Marcel Broodthaers, Lygia Clark, Hans Haacke et Krzysztof Wodiczko. Il a écrit sur Rodchenko, l'expressionnisme abstrait, Louise Bourgeois, Brassaï, Giacometti et l'art contemporain Espagnol.

De Juillet 1998 jusqu'à Janvier 2008, il a dirigé le Museu d'Art Contemporani de Barcelone (MACBA), où il a programmé des expositions de Vito Acconci, El Lissitzky, Öyvind Fahlström, Peter Fischli & David Weiss, Robert Frank, David Goldblatt, Luís Gordillo, Raymond Hains, Richard Hamilton, William Kentridge, Perejaume, Michelangelo Pistoletto, Gerhard Richter, Martha Rosler, Antoni Tàpies, Philippe Thomas... Parmi les expositions marquantes du MACBA sous sa direction, on note également : “Antagonismes (art et politique)”, “Champs de Force. Phases du cinétique”, “Art et Utopie. Action Limitée”,  “Theatre sans Théâtre" and “Be-Bomb: Transatlantic war of images and all that Jazz. 1946-1956”.

Il est, depuis un an, le nouveau directeur du  Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía (MNCARS) de Madrid, où il a programmé les expositions de Nancy Spero, James Coleman, Deimantas Narkevičius, "La modernidad interpelada",  Georges Vantongerloo, Cildo Meireles, Aby Warburg. Après Alfred Pacquement, Manuel J Borja-Villel est aujourd'hui président du CIMAM (International Committee for Museums and Modern Art Collections, lié à l' ICOM), et il est membre d'autres comités internationaux, comme l'American Center Foundation. Borja-Villel était aussi l'un des membres du comité consultatif de la Documenta 12 de Kassel.

25 février 2009 : Raimundas Malasauskas
"Je suis sûr que si Sigmund Freud avait vécu dans la deuxième moitié du XXe siècle, il aurait eu son propre show télévisé (...) et ses chiffres d'audience seraient meilleurs que ceux d'Aristote ou d'Adorno" (Raimundas Malasauskas, Interview in Frieze Magazine, avril 2007)

Curator et écrivain (il a écrit notamment sur Missy Eliot, sur le loisir, sur les machines temporelles), Raimundas Malasauskas est actuellement l'invité d' Artists Space, à New York. Il a, entre 2004 et 2006, co-produit CAC TV (également connue sous le nom de :"chaque émission est un pilote, chaque émission est l'épisode final") et travaillé en tant que curator au Centre d'Art Contemporain de Vilnius en Lituanie (1995-2006), alors qu'émergeait l'une des scènes artistiques les plus vivantes du monde. Il est aussi, avec Aaron Schuster, l'auteur du livret de l'opéra "en presque un acte": Cellar Door, développement musical de l'exposition de Loris Gréaud au Palais de Tokyo en 2008. Son travail, placé sous la double invocation du légendaire showman, Barnum, et du non moins légendaire opérateur (lithuanien) de Fluxus, Georges Maciunas, explore les questions de la production d'événements et de la "téléaction", et articule les perspectives parallèles de la science, des media, du cinéma, de la littérature et de la culture de masse. "Curator spéculatif", Raimundas est intervenu l'an dernier au sein du programme doctoral d'études curatoriales à Cal Arts, Los Angeles (2007-2008).
Il a publié Raw Among the Ruins (avec Brian Dillon, Alexis Vaillant, Lisette Smits, Phillip Van Den Bossche) (2007); Gabriel Lester : How to Act Installations 2000-2007 (avec Vasif Kortun, Aaron Schuster, Sara Arrhenius, Gabriel Lester) (2007); Looking for Mr. Fluxus : In the Footsteps of George Maciunas
(avec Grady T. Turner, Skuta Helgason) (2003).
http://www.cac.lt/tv
http://www.rye.tw/kaleidoscope_room.html
(www.rye.tw <http://www.rye.tw>).

11 mars 2009 : Martin Beck, né en Autriche en 1963, vit et travaille à New York. Seul ou en collaboration avec Julie Ault, Beck explore en artiste, en designer, en historien, les "modalités de l'être - auteur et les conditions de l'efficacité de l'art" (methods of authority and artistic agency) qui ont soutenu une certaine acception de la modernité. Les dispositifs d'exposition, dont il a exploré les possibilités au titre de designer, sont devenus l'objet même de ses investigations artistiques au fil du projet "OUTDOOR SYSTEMS, indoor distribution" inauguré en 2000 à Berlin, une réflexion continuée sur les conditions de visibilité de l'art. Ainsi le module "Struc Tube", un système d'exposition mobile imaginé par George Nelson en 1948, à une époque où l'exposition pouvait encore être créditée du potentiel émancipateur d'un "format de connaissance" : "Struc Tube" est devenu le support d'une suite d'interventions qui l'ont réactivé comme dispositif d'exposition, autant qu'elles l'ont transformé en sculpture, dispositif chorégraphique, instrument critique... La rumeur attribuant à un acte délibéré l'incendie, le 14 juin 1969, du bâtiment très controversé édifié à l'université de Yale par Paul Rudolph est devenue le fil conducteur d'une enquête sur l'épuisement d'une certain fonctionnalisme dans les années 70 (Rumor). Les courbes et les graphiques déployés depuis les années soixante par les administrations publiques et en général tous les tropes de l'exposition imaginés par le fonctionnalisme sont l'occasion de réinterprétations critiques monumentalisées et restitués à leur caractère d'artefacts dans le cadre de ses expositions (Installation, 2006). À l'automne 2008, l'installation "Pannel 2: Nothing better than a touch of ecology and catastrophe to unite the social classes" revenait sur un épisode oublié de l'histoire du design : la rencontre houleuse en 1970, à Aspen, sur le thème "Environment by Design,"de la crème des designers les plus établis (Herbert Bayer, Saul Bass, George Nelson ...), des alternatifs et activistes écologistes américains (The Ant Farm...) et d'une délégation française -Jean Baudrillard en tête- réfutant le "tournant écologique" envisagé comme dérivatif à la lutte des classes et "nouvel opium du peuple".

Martin Beck a exposé (entre autres) à la Wiener Secession, Vienne (2006) ; Orchard Gallery, New York (2007) ; Casco, Office for Art, Design and Theory (2007), Utrecht ; Gasworks, Londres (2008).

Un recueil de ses écrits et de ceux de Julie Ault a été publié par le Kokerei Zollverein Zeitgenössische Kunst und Kritik : Critical Condition. Ausgewählte Texte im Dialog (2003). Martin Beck publierégulièrement dans "Springerin" et "Texte zur Kunst". About the relative Size of Things in the Universe a été publié par Casco et Four Corners Books, Londres, 2007.

18 mars 2009 : Helen Molesworth

L’activité curatoriale d’Helen Molesworth a de quoi nous intéresser tout particulièrement dans le contexte français :  sa pratique, qui s’est développée au sein de différentes institutions américaines, n’élimine nullement les questions féministes, de genre et de sexualités, ni les cadres socio-historiques de l’art contemporain . Elle intègre, au contraire, ces questions dans leurs contradictions et leurs complexités (ainsi que son autre champ de recherche: la réception de Marcel Duchamp), dans les problématiques muséales de l’exposition et dans ce qu’on appelle ici “l’histoire de l’art des musées”.

Historienne de l’art, formée également dans le cadre du Whitney Museum, Helen Molesworth est aujourd’hui à la tête du département d’art Moderne et Contemporain des Musées d’art de l’Université d’Harvard, où elle a organisé tout récemment l’exposition de Moyra Davey, que nous avons reçue à notre séminaire. Entre 2002 et 2006, elle fut la conservatrice en chef des expositions du Wexner Center for the Arts dans l’Ohio. Elle y a notamment réalisé Twice Untitled and Other Pictures (looking back), une exposition confrontant des oeuvres récentes et anciennes de Louise Lawler ; une exposition des animations de Sadie Benning ; ou encore Part Object Part Sculpture, proposant une généalogie de la sculpture à partir des objets érotiques de Marcel Duchamp, produits dans les années 1950-60. Ce renversement de la perspective duchampienne, tournant le dos aux premiers readymades pour s’intéresser au “fait-main” artisanal, articulait une triangulation entre l’objet,  le désir et la répétition, présente dans nombre d’oeuvres contemporaines, d’Eva Hesse à Linda Benglis, Lee Bontecou, Alberto Burri ou Robert Gober. Helen Molesworth a également organisé l’exposition Solitaire ; soit la relation compliquée au féminisme de trois artistes femmes des années 1960, Lee Lozano, Joan Semmel et Sylvia Plimack Mangold. Helen Molesworth a été, entre 2000 et 2002, conservatrice chargée de l’art contemporain au Baltimore Museum of Art. Elle y a organisé notamment Work Ethic, une réflexion sur le travail artistique à l’ère de l’information (traitant notamment des notions de management, de production, et de technicité à l’oeuvre dans l’art contemporain d’après 1960)  et Bodyspace, explorant l’héritage du Minimalisme chez des artistes contemporains tels Robert Gober ou Felix Gonzalez-Torres. Elle a écrit un grand nombre d’articles parus dans Artforum (dont, dans le numéro de Mars 2009, une critique de deux expositions concomittantes au Guggenheim-- celle de Catherine Opie et de theanyspacewhatever) et dans Art Journal, Documents ou October. Elle travaille actuellement sur une exposition à propos de l’art des années 1980.
Helen Molesworth is the Head of the Department of Modern and Contemporary Art and the James R. and Maisie K. Houghton Curator of Contemporary Art at the Harvard Art Museums. From 2002 to 2006 she was the Chief Curator of Exhibitions at the Wexner Center for the Arts where she organized exhibitions such as Twice Untitled and Other Pictures (looking back) an exhibition of new and old works by Louise Lawler and Part Object Part Sculpture which posited a genealogy of sculpture produced in the wake of Marcel Duchamp’s erotic objects and his hand made readymades of the 1960s. From 2000-2002 she was the Curator of Contemporary Art at the Baltimore Museum of Art, where she organized Work Ethic which traced the problem of artistic labor in post 1960's art, and BodySpace which explored the legacy of Minimalism for contemporary artists. She is the author of numerous articles and her writing has appeared in publications such as Artforum, Art Journal, Documents, and October. Her research areas are concentrated largely within and around the problems of feminism, the reception of Marcel Duchamp, and the socio-historical frameworks of contemporary art.  She is currently at work on an exhibition about art of the 1980s.

25 mars 2009 : The Otolith Group, Anjalika Sagar et Kodwo Edshun

Au XXIIe siècle, la terre est devenue inhabitable aux hommes désormais dépourvus d'otolith, ce dispositif de l'oreille interne qui assure le sens de l'équilibre et de l'orientation dans le monde de la gravité terrestre. L'humanité est exilée sur une station orbitale internationale, en proie aux images de la seconde guerre mondiale, de la guerre d'Irak et de la première cosmonaute, Valentina Tereshkova... C'est le thème du premier film d'Otolith Group en 2003. "Otolith II" (2007) est situé, toujours mi-document d'archive et footage, mi-fiction, à Chandigarh, la capitale indienne conçue par Le Corbusier et Mumbai, capitale mondiale des slums.
The Otholith Group est une création, en 2000,  à Londres, des cinéastes Anjalika Sagar et Kodwo Edshun.  Otolith a pris pour matériau les archives des media, les fictions futuristes et le legs des non-alignés et du tiers -monde. Expérimentation cinématographique et sonore, son travail explore aussi le texte et les pratiques curatoriales dont il fait autant de matériaux pour un débat sur la production artistique contemporaine. Cet aspect du travail d'Otolith Group peut être envisagé comme leur contribution à  la construction et à la consolidation d'un espace public alternatif. Leurs films et leurs installations ont été régulièrement présentés à la Lisson Gallery et dans des expositions internationales (Documenta 12, Kassel; "Just In Time",
The Stedelijk Museum, Amsterdam; "The Unhomely": 2nd International Biennial of Contemporary Art, Seville; "How to Improve the World: 60 Years of British Art",  Hayward Gallery, London; "Ecotopia: The Second ICP Triennial of Photography and Video", New York, Triennale de la Tate; "Our House is a House that Moves", Skuc Gallery, Ljubljana and Living Art Museum, Reykjavik.
En 2007, The Group, qui a beaucoup travaillé à la réévaluation du collectif indépendant de cinéastes noirs londoniens BAFC, a conçu et organisé la rétrospective "The Ghosts of Songs: The Art of The Black Audio Film Collective 1982 -1998").
The Otolith Group sera co-curateur de la rétrospective Haroun Farocki, à Londres, en 2009.
En 2008 Otolith a reçu le prestigieux prix LAFVA.
Leur première exposition solo, "A Long Time Between Suns", vient de s'ouvrir à Glassworks, Emily Pethick et Anna Colin en sont les commissaires. Leurs deux premiers films, Otolith (2003) etOtolith II (2007) y sont présentés dans un environnement conçu par Will Holder comme un centre in progress d'archivage et de production graphique (Holder est aussi le concepteur de leur premier catalogue). "

http://otolithgroup.org/
http://www.gasworks.org.uk/exhibitions

Otolith Group was founded in 2000 by its core members, Anjalika Sagar and Kodwo Eshun who live and work in London. The Group works with media archives, histories of futurity and the legacies of non-alignment and tricontinentalism. The Group's artistic work explores moving image, sound, text and curatorial practice and functions as a platform for discussion on contemporary artistic production. This latter aspect can be understood as part of the Group's wider interest in the construction and consolidation of a counter-public sphere. The Group's films and installations have featured widely in international exhibitions including Lisson Gallery, London; /Documenta 12/, Kassel; /Just In Time/, The Stedelijk Museum, Amsterdam; /The Unhomely:/ 2nd International Biennial of Contemporary Art, Seville; /How to Improve the World: 60 Years of British Art/,  Hayward Gallery, London; /Ecotopia: The Second ICP Triennial of Photography and Video/, New York, /Tate Triennial/ and /Our House is a House that Moves/, Skuc Gallery, Ljubljana and Living Art Museum, Reykjavik. In 2007, The Group curated and produced /The Ghosts of Songs: The Art of The Black Audio Film Collective 1982 -1998/ and will co-curate a major exhibition on the work of Harun Farocki in London in 2009. In 2008, the Group were recipients of a prestigious LAFVA Award.
The Otolith Group's first solo exhibition just opened at Gasworks and The Showroom in early 2009 and is curated by Emily Pethick and Anna Colin.

1er avril 2009 : Ivana Müller, originaire de Croatie, Ivana Müller vit et travaille à Amsterdam et Paris. Après avoir étudié la littérature à Zagreb, la danse et la chorégraphie à Amsterdam, les arts appliqués à Berlin, Ivana Müller développe des concepts performatifs qui s’appuient sur le détournement de la perception ou de la logique. Les pièces sont à la fois poétiques et scientifiques, philosophiques et pleines d’humour, intimes et politiques. Dans ses performances, sont abordées de façon récurrente les questions de l'"invention de soi", de la relation entre le corps et sa représentation, de l'imaginaire et l'imagination et des rapports entre performeur et spectateur.

Si elle travaille essentiellement pour le théâtre, elle conçoit également des installations pour galeries et musées. Elle est l’un des membres fondateurs de l’association LISA (Amsterdam). Les spectacles d’Ivana Müller, parmi lesquels on peut citer /While We Were Holding It Together /(2006), où le spectateur regarde, imagine, réinvente l’histoire du tableau vivant sur scène selon sa propre faculté d’interprétation ; How Heavy Are My Thoughts (2003), où la performeuse se demande si est-il possible que le poids de notre tête dépende de notre état mental, physique, émotionnel ou physiologique ; Under My Skin (2005), où le spectateur est invité à visiter le corps d'Ivana du dedans au dehors; ou bien Playing Ensemble Again and Again (2008) ont été présentés en Europe, aux États-Unis et récemment en Asie.

http://www.associationlisa.com/ivana/

Mercredi 8 avril 2009 : Hito Steyerl

Née à Munich, Hito Steyerl vit et travaille à Berlin où elle enseigne en tant que professeure invitée à  l'Université des Arts. Elle a étudié la philosophie puis le cinéma à la Tokyo Academy of Visual Arts avec Shohei Imamura et Hara Kazuo et à la Munich Academy of Television and Film. En 1990/91, elle a travaillé comme assistante-réalisatrice et directrice technique pour Wim Wenders, pour "Bis ans Ende der Welt". Depuis 1998, elle a participé à différents festivals internationaux et expositions d’art contemporain (Manifesta 5, Biennale de Berlin, et plus récemment, Documenta 12, à Kassel, en 2007). Hito Steyerl est également connue comme essayiste et théoricienne de la critique post-coloniale, ses recherches touchent à la globalisation culturelle, au féminisme, à l’immigration et au racisme.

Hito Steyerl est l’auteur, entre autres, du documentaire "November", ( 25’, Allemagne, prod. Hito Steyerl, 2004), centré sur la personnalité d’Andrea Wolf, son amie d’enfance, autrefois actrice de films de « Kung fu » féministes, devenue une icône du PKK (organisation de la résistance kurde). Le point de départ de ce documentaire est un film d’art martial féministe tourné en super 8 par Andrea Wolf et Hito Steyerl quinze ans plus tôt, dans lequel elles combattaient, sans armes, contre un groupe d’hommes. Considérée comme une membre de la Faction armée rouge, organisation accusée, notamment, d’avoir fait sauter une prison pour  immigrés en attente d’expulsion vers leur pays d’origine, Andrea Wolf, dont la tête était mise à prix, avait décidé de se cacher au Kurdistan où elle avait rejoint l’armée des femmes du PKK. En octobre 1998 au cours d’un échange nourri dans le nord de l’Irak entre le PKK et l’armée turque, Andrea Wolf est arrêtée et plus tard abattue. Ce documentaire, encadré de trois monchromes rouges sur écrans numériques, était inclus dans l'exposition personnelle d'Hito Steyerl à la Kunsthalle de Winterthur, en 2008. Celle-ci s'intitulait "Red Alert", nom de code utilisé par le département de Sécurité Intérieure aux USA pour désigner le plus haut degré d'alerte terroriste."Lovely Andrea" et "Journal n°1" proposaient un accès plus intime aux images de la mémoire collective.

Parmi ses publications :
Tester, avec Marina Gržinić, Jose Maria Mariategui, Marcus Neustetter, Oliver Ressler, Hito Steyerl, 2004 Arteleku, San Sebastian; Die Farbe der Wahrheit (The color of truth), 2008 Turia + Kant, Wien; The Greenroom. Reconsidering the Documentary and Contemporary Art #1, Maria Lind & Hito Steyerl Edit., Berlin, Sternberg Press, 2008.
en langue française, sur le web : "L'articulation de la contestation"
http://www.eipcp.net/transversal/0303/steyerl/fr

FILMOGRAPHIE SÉLECTIVE :
Deutschland und das Ich ("Germany and Identity") 1994, 42 min (16mm) 
Le pays du sourire - Allemagne 1996, Réalisation : Hito Steyerl, 2min 
Babenhausen - 1997, 4min 
Die leere Mitte ("The Empty Centre") 1998, 62min (16mm)

Hito Steyerl, born in Munich, works as filmmaker, videoartist and author in the area of essayist documentary film, postcolonial criticism, as producer as well as theorist. The works are located on the interface between film and fine arts. Main topics: cultural globalisation, political theory, global feminism, and migration. Her further activities include work as political journalist, film and art critic, catalogue and book author. Her films have received international awards and are screened on TV in many countries. Hito Steyerl holds a Phd in philosophy, and she has held academic positions (among others): Visiting Professor for Experimental Media Creation at Universität der Künste, Berlin, numerous lecturerships at art and filmschools in Vienna, Munich, Hannover, etc.

'Red Alert' was the title of first solo show by Hito Steyerl in Switzerland that took place at the Kunsthalle Winterthur in 2008. The name comes from the work she presented in 2007 at Documenta in Kassel, comprising three computer screens with monochrome video stills in red. The US Homeland Security also uses the term 'Red Alert', but as a code for the highest terror threat level. 'November' shows another reference to terrorism; we see a young friend of Hito's past that went to Kurdistan to join the women's army. That same army was joined with the labor party PKK and during a run in with the Turkish Army her friend was shot and killed. Personal memory is also a theme in 'Lovely Andrea' in which the artist returns to Japan, where she was a student. She searches for the bondage photographs that were made of her. In 'Journal No. 1' we go from personal memory to reflecting about the collective and visual memory, and its impact on the community. The name is taken from the first Bosnian news program in 1947, the original of which, along with the whole archive, was destroyed during the 1990s and the Balkan War. The exhibition of Steyerl's work at the Kunsthalle shows the strength in the individual works yet also generates a broader understanding for the artist and the associations that are important to her visual language.

Mercredi 29 avril 2009 : Isabelle Graw

Fondée en 1990 par Isabelle Graw et Stefan Germer, Texte zur Kunst, revue de théorie et de critique dont October fut l'un des modèles revendiqués,  est devenue une plateforme de débat essentielle pour le monde de l'art, en Allemagne et bien au-delà. Poursuivant son activité de critique (elle a publié des études substantielles sur Mike Kelley, Martin Kippenberger, Jutta Koetter, Rosemary Trockel ...) et la direction de Texte zur Kunst, Isabelle Graw enseigne l'histoire et la théorie de l'art à la Städelschule de Francfort. Elle y a fondé, en 2003, avec  Daniel Birnbaum, l'institut de critique d'art, qui est rapidement devenu un foyer international de réflexion sur les conditions de la production théorique aujourd'hui, à l'ère du "nouvel age du capitalisme". Parmi les cycles de conférences et les colloques qu'elle a organisés à la Städelschule, on citera deux recueils de textes particulièrement marquants, dont elle est, avec Daniel Birnbaum, l'éditeur: "Under Pressure. Pictures, Subjects, and the New Spirit of Capitalism" (Sternberg, New York, 2007, le reueil des conférences tenues au cours de l'année 2006 / 2007 par Luc Boltanski, Sabeth Buchmann, Tim Griffin, W. J. T. Mitchell, Sighard Neckel, Martin Saar, Paolo Virno;"Canvases and Careers today. Criticism and its markets" (Sternberg, New York, 2008), dont Graw précise:"il était particulièrement intéressant pour nous d'assister à l'émergence d'une sorte de faille transatlantique. Les participants américains en tenaient pour l'obsolescence de la critique, et se raccrochaient à l'idée de transformer cette faiblesse en force, tandis que la plupart des Européens partaient du principe opposé: que la critique n'avait jamais été aussi forte qu'aujourd'hui puisqu'elle est désormais partie prenante d'une économie du savoir (knowledge -based economy)".Elle a livré une participation marquante au colloque "Institutional critique and after" organisé au LACMA en 2006 (JRP|Ringier, 2006), une remise en question de la "critique institutionelle" désormais institutionnalisée et des dichotomies les mieux établies (critique / marché) qu'elle a poursuivie dans "Der große Preis. Kunst zwischen Markt und Celebrity Culture (2008, Dumont verlag)(Grand prix. L'art entre marché et culture people).

Une sélection des textes et des débats publiés depuis 1990 dans Texte zur Kunst va être publiée en français, par Catherine Chevalier et Andreas Fohr : "Généalogie d’une critique – Une anthologie de la revue Texte zur Kunst (1990-1998)", Les presses du Réel (2009).

Elle doit permettre d'engager – ou de poursuivre –  un dialogue avec des approches critiques et théoriques américaines incontournables (telles October ou Artforum) ainsi qu'avec les diverses réceptions de la French Theory et des études culturelles, féministes, post-coloniales et des études du genre. Elle témoigne aussi d'une forme d'écriture de la critique qui s'est expérimentée de manière collective et méthodique. Et restitue le contexte de son élaboration et plus largement celui de Cologne dans les années 1990 évitant la mythification de cette scène autour de quelques artistes. C'est alors bien d'une généalogie d'une critique parmi les plus stimulantes de cette époque dont il est question.
Patrick Javault (critique d'art), publiera un portrait d'Isabelle Graw au sommaire de CRITIQUE D'ART (n°33, printemps 2009).

On trouvera la version française d'un entretien d'Isabelle Graw avec Pierre Bourdieu, "Que suis-je ?" (1996),in http://www.homme-moderne.org/societe/socio/bourdieu/entrevue/quesui.html
(repris dans "Questions de sociologie", Les éditions de Minuit, 1980, pp 95- 112)

Mercredi 13 mai 2009 : Dan Perjovschi

Dessinateur de presse en Roumanie depuis près de 20 ans pour l’hebdomadaire Revista 22, Dan Perjovschi, né en 1961 à Sibiu,appartient à la première génération d’artistes et intellectuels critiques de la société post-communiste en Roumanie. Ses installations de dessins, qui relèvent à la fois de la culture de la caricature et de celle des graffitis, commentant l’actualité internationale ou les affaires locales, se sont répandues dans les institutions culturelles. Le dessin d’actualité dans la presse et l’intervention in situ dans des lieux d’art, galerie ou musée, sont désormais menés en parallèle.

Dès 1990, immédiatement après la « Révolution roumaine », Lia et Dan Perjovschi ont fondé une archive contemporaine de l’art (CAA) à Bucarest. Cette initiative privée a pris pour siège l’atelier des artistes et ses matériaux, liés à la théorie et la pratique de l’art contemporain international, furent utilisés pour des discussions et des événements, que les artistes ont considéré comme partie prenante de leur travail.

La première intervention de Dan Perjovschi ayant rencontré un large public international eut lieu en 1999, à la Biennale de Venise, où il occupait le Pavillon Roumain : il avait couvert le sol du pavillon de dessins et graffiti politiques, tous consacrés à la vie post-communiste et au rôle de l’art face aux dictats des valeurs occidentales et du profit.

Prenant pour objet les contradictions socio-politiques dans les processus dits de transition des pays de l’ancien bloc de l’Est et de leur malaisée identité Européenne, Dan Perjovschi a développé un langage artistique qui lui permet de réagir plus vite de façon plus efficace et avec un maximum d’autonomie. Comme il le dit lui-même, s'il le dessine, c'est qu'il le comprend - avec humour, ironie et empathie, n'ayant besoin de personne et sans règles prédéfinies. C’est une oeuvre Free Style, comme le désigne l’intitulé de son exposition actuelle à lagalerie Michel Rein (http://www.michelrein.com). Ce n’est sans doute pas pour rien que la seule intervention qu’il ait réalisée dans une institution d’État roumaine ait pour support le Centre National de Danse de Bucarest (CNDB).

Dan Perjovschi participe encore activement au débat en Roumanie, notamment à travers son implication dans Revista 22 ainsi que dans la revue IDEA. Ses expositions les plus récentes sont (sélection) : What Happen to US ? au MoMA de New York, I am not Exotic I am Exhausted à la Kunsthalle Basel (2007), The Room Drawing à la Tate Modern, On the Other Hand à Portikus, Frankfurt (2006) Naked Drawings au Ludwig Museum de Cologne (2005). La première retrospective de Dan et Lia Perjovschi, States of Mind, a eu lieu au Nasher Museum of Art at Duke University en 2007. Il a participé aux expositions Fifth Floor à la Tate Liverpool, (2009), Le Nuage Magellan au Centre Georges-Pompidou (2007), New Europe à la Generali Foundation de Vienne, I still believe in Miracles. Dessins sans papier au musée d’art moderne de la ville de Paris (2005)… Il a également exposé à la Biennale de Venise et de Moscou (2007), à la Biennale d’Istambul 2005, à Manifesta en 1998.

Perjovschi a reçu le George Maciunas Prize en 2004. Il participe actuellement à l'exposition Frontières invisibles au Tri Postal jusqu'au 12 juillet 2009 dans le cadre de Lille 3000 et est artiste en résidence aux Récollets dans le cadre du programme de résidence de la Ville de Paris - Ministère des Affaires étrangères et européennes.

20 mai 2009 : Falke Pisano
Le travail de Falke Pisano, née à Amsterdam en 1978, repense les relations de la sculpture, de l'abstraction et du langage. Ses oeuvres ouvrent la possibilité de construire ou de poser des problèmes plastiques dans le champ du langage. Utilisant le plus généralement texte, conférence ou performance vidéo, elles sont mues par un attachement profond à l’existence des objets, en particulier d’objets abstraits.  C'est ce va-et-vient entre théorie et affect, entre langage et sculpture qui compose son œuvre ; la forme de ses pièces résultant d'une négociation incessante—ou une « alchimie »-- entre les deux états. Ainsi, le titre d’une de ses conférences-présentations de 2006, repris à Bétonsalon en 2008 :A Sculpture turning into a Conversation.
Pour prendre deux exemples, Chillida, Formes et Sentiments (2006) est un récit personnel où Falke Pisano expose ses réactions émotionnelles provoquées par les photographies, prises par David Finn, des œuvres du sculpteur basque Chillida. Au fil des pages de l'album, elle propose de retracer la relation entre les caractéristiques de ces objets spécifiques, leurs représentations, l'expérience du photographe et de sa fille, ainsi que ses propres préoccupations existentielles et ses réactions émotionnelles. 29 Décisions for a Time Capsule Radio Piece (2006) est un texte lu et enregistré présentant 29 décisions relatives à une histoire subjective non-chonologique de la sculpture (abstraite) moderne et contemporaine. Ces décisions résultent d'une description d'une séquence d'évènements inspirés de textes sur la sculpture des cinquante dernières années.
Dans son exposition personnelle à la galerie Balice-Hertling de Paris en 2008, Pisano a engagé le dialogue, au travers d’éléments spécialement conçus pour l’espace, avec Eileen Gray, en retraçant de façon complexe l’histoire de la Villa E-1027, maison en bord de mer que l’architecte édifia avec Jean Badovici à Roquebrune- Cap Martin et discutant notamment des notions d’abandon et d’échec (cf les comptes-rendus de Vivian Rehberg dans Frieze et de  dans artforum)
Récemment, Falke Pisano a participé au projet itinérant If I Can't Dance, I Don’t Want To Be Part Of Your Revolution, à la Triennale de Yokohama et à Manifesta 7, entre autres nombreuses manifestations ; en 2009, outre ses expositions personnelles  (Figures of Speech (Formation of a Crystal), Hollybush Gardens, London) Kunstverein, Graz), Falke Pisano participe notamment à la 53è Biennale de Venise et à Modernologies au Macba de Barcelone.

En 2008, avec l’artiste Benoit Maire, elle a conçu, chez Croy Nielsen à Berlin, un projet intitulé Organon on the Wave qui fait étape à la Kunstverein de Graz cette année.  Elle s’est occupée avec l’artiste britannique Charlotte Moth, d’une initiative artistique mobile intitulée falkeandcharlotte et organisé le colloque As Yet, autour de l’idée de « spéculation », avec l’artiste et designer Will Holder, pour l’espace De Appel à Amsterdam. Elle a aussi programmé "Dolores", un projet d’expositions, conférences et films à la galerie Ellen de Bruijne Projects, Amsterdam.
En 2008, elle était résidente à Künstlerstätte Schloss Bleckede (Lünebourg), aux Ateliers Internationaux du Frac Pays de la Loire (Carquefou) ainsi qu’à l’IMMA (Dublin). En 2007, elle fut résidente à l’Institut Henry Moore de Leeds et à la Villa Arson de Nice et en 2003/04, à la Jan van Eyck Academy, de Maastricht.
Falke Pisano expose à partir du 30 mais dans le cadre d’une carte blanche à Francesco Pedraglio à La Galerie, centre d’art contemporain de Noisy-le-Sec.
http://www.balicehertling.com/falkepisanobio.html
http://galeriesinguliere.com/falkepisano.html
http://www.janvaneyck.nl/4_4_cv/cv_f_pis.html
http://www.artinfo.com/news/story/29570/benoit-maire-falke-pisano/

Mercredi 27 mai 2009 : Julie Ault

Le travail artistique, critique et curatorial, en solo ou à plusieurs de Julie Ault, née en 1957, ne cesse de confronter dispositifs d’exposition, design et politique. Julie Ault fut, avec Felix Gonzalez-Torres, l’un des fondateurs de Group Material. Ce collectif reste l’une des références majeures en matière d’activisme artistique, et ce dès les débuts dans le New York des années 1980, avec des expositions thématiques (« It’s a gender show », « Consumption : Metaphor, Pastime, Necessity » ou « The People's Choice (Arroz con Mango) ») puis, dans la cinquantaine ou plus de projets réalisés jusqu’en 1996, explorant les relations entre politique et esthétique. Citons le projet Democracy pour la Dia Art Foundation, en 1987 et l’important « Aids Timeline », vaste recherche sur le sida, inaugurée en 1989 au musée de Berkeley.
Ainsi, Group Material a beaucoup opéré pour transformer la notion du « curator », en traitant la recherche, l’installation, l’exposition et la réception de l’art comme un medium artistique, intégrant aussi des questionnements sur son économie et ses publications « dérivées », et ouvrant de nouvelles perspectives sur son historicité.

C’est ainsi, également, que se présente l’activité d’artiste de Julie Ault, qui semble insoucieuse des hiérarchies implicites entre production et « dispositif », entre projet d’exposition et d’édition, entre travail individuel et à plusieurs. Avec Martin Beck, que nous avons aussi reçu à notre séminaire, elle a réalisé des projets tels que Installation (Secession de Vienne, 2006), Social Landscape, au Weatherspoon Art Museum (Greensboro, 2004) ou Outdoor Systems, à la Neue Gesellschaft für Bildende Kunst (Berlin, 2000). Elle a publié avec Martin Beck Critical Condition: Selected Texts in Dialogue, (Zollverein, Zeitgenössische Kunst und Kritik, 2003).

Julie Ault a également mené à bien l’important : Alternative Art New York 1965–1985 (Minneapolis: University of Minnesota Press and The Drawing Center, 2002) ; elle a dirigé Felix Gonzalez-Torres (Steidldangin, 2006) et a fait renaître et connaître Sister Corita (Come Alive : The Spirited Art of Sister Corita, Four Corners Books, 2006).

Elle a enseigné à l’École Supérieure d'Art Visuel de Genève, à UCLA, Rhode Island School of Design, CalArts, Bard Center for Curatorial Studies, Malmö Art Academy, et Cooper Union.

Suivi et validation pour le master : Semestriel

Mentions & spécialités :

Domaine de l'affiche : Signes, formes, représentations

Intitulé général : De Vivès à Vico: Institutions, catégories et disciplines du savoir dans l'Europe de la Renaissance

Renseignements : Nicolette Delanne, EHESS / CESTA, 105 Bd Raspail, 75006 Paris tél: 0153635138 mail: nicolette.delanne(at)ehess.fr

Direction de travaux d'étudiants : sur RDV

Réception : Patricia Falguières falguier(at)ehess.fr

Site web : http://cesta.ehess.fr

Adresse(s) électronique(s) de contact : falguier(at)ehess.fr

Compte rendu

Le séminaire a poursuivi son exploration de la scène artistique contemporaine, au fil d’une série d’entretiens avec artistes et directeurs d’institutions (cf. liste infra) et de plusieurs journées d’études (13-15 novembre, Paris : journée in/out the white cube », INHA : avec A Constructed World, Daniel Buren, Claire Fontaine, Pierre Leguillon, Brian O’Doherty, Yann Serandour, Lionel Bovier ; à l’INHA, le 4 avril 2009 : « Harun Farocki/Rodney Graham » : avec Harun Farocki, Christa Blümlinger, Georges Didi-Huberman, Rodney Graham, Benoît Maire, Claire Brunet, Benjamin Thorel). Le séminaire a mis en évidence l’ampleur du renouvellement institutionnel en cours et la marginalité de la scène française par rapport à ce phénomène. Parmi les faits saillants de cette reconfiguration mondiale, on note l’importance des traditions civiques américaines (thématiques de l’empowerment, du reclaim, etc.), périodiquement réactivées par l’apparition de nouvelles formes d’activisme (mouvements gays et lesbiens, grassroots, experimental geography etc.), comme le rôle joué par les collectifs artistiques dans la reconfiguration de l’espace public dans l’Europe post communiste. Ces nouvelles formules de la pratique artistique s’inscrivent sans solution de continuité dans le sillage de l’art conceptuel et, plus loin, des constructivismes des années 1920, empruntant abondamment au corpus théorique et aux modes d’investigation propres aux sciences sociales. Ont participé au séminaire, d’octobre 2008 à juin 2009 : Maja Bajević, Dean Daderko, Jason Simon, Marjetica Potrč, Moyra Davey, Claire Pentecost, Ida Biard, Raimundas Malašauskas, Manuel Borja-Villel, Helen Molesworth, The Otolith Group, Hito Steyerl, Isabelle Graw, Ivana Müller, Dan Perjovschi, Falke Pisano, Julie Ault.

Dernière modification de cette fiche : 26 mai 2009.

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