2008-2009

Anthropologie de la domination dans les sociétés berbères

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

1er et 3e lundis du mois de 13 h à 15 h (salle 1, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 17 novembre 2008 au 18 mai 2009. La séance du 5 janvier est reportée au 12 janvier (même heure, salle 5)

Dans ce séminaire, il s’agira de discuter la notion de domination à partir de textes théoriques fondateurs (Weber, Foucault, Bourdieu, etc) et d’observations effectuées en Algérie et au Maroc (dans des univers berbérophones), régions traversées par des luttes, des tensions, des affinités et/ou des alliances. Il s’agira de s’interroger sur les schèmes qui structurent les relations de pouvoir aussi bien au niveau des groupes qu’au niveau des discours, comme de reconsidérer les critères de vision et de classification à l’origine de cette perception du monde et de la culture. À cette fin, il est important de s’appuyer sur des discours reconnus et officiels et sur ceux qui sont à la fois méconnus et mineurs.

18 mai 2009 : Ahmed Skounti, professeur à l’Institut national des sciences de l’archéologie et du patrimoine et à l’Université Cadi Ayyad de Marrakech, invité à l'EHESS, Patrimoine rupestre et origine de l'écriture : de l'art rupestre à l'écriture au Maroc

Mots-clés : Anthropologie,

Suivi et validation pour le master : Obligatoire sur l'année (bi-mensuel)

Mentions & spécialités :

Domaine de l'affiche : Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie

Intitulé général : Anthropologie de la domination : pratiques, discours, représentations dans les sociétés berbères

Adresse(s) électronique(s) de contact : yacine(at)msh-paris.fr

Compte rendu

Notre séminaire comprend deux volets. Le premier, axé sur des travaux théoriques de chercheurs connus dont l’enquête (ou la pratique), a pour objet la connaissance dans un contexte extrême de domination (colonisation, impérialisme, guerre).
Sonia Dayan-Herzbrun (Paris VII/Diderot) est partie des travaux d’Edward Saïd et tout particulièrement au chapitre XXVII « des Réflexions sur l’exil », à savoir comment des œuvres littéraires, qu’elles soient de théorie ou de fiction, peuvent participer à un processus de résistance à la colonisation et à ce qui en demeure aux niveaux politique et culturel. Comment peut-on développer une anthropologie qui ne soit plus prisonnière de l’impérialisme ? Les analyses de Frantz Fanon dans Les Damnés de la terre lui servent de fil conducteur pour montrer ce que pourrait être une contre-narration.
Tassadit Yacine s’est attachée, quant à elle, à montrer les rapports entre ethnologie et colonisation en partant des travaux de Germaine Tillion (1957-1962), Bourdieu (1959-1964), sur l’Algérie en guerre. Elle a mis l’accent sur la réception de cet objet surdéterminé politiquement.
Le second volet du séminaire est axé sur des recherches de terrain.
Au Maroc, Lahoucine Bouyakoubi (EHESS) a focalisé son intervention sur la fabrication d’un orientalisme spécifique à cette aire (les Berbères ayant été intégrés dans ce champ) tandis que Rachid Agrour s’est attaché à décrire la reconversion du commandant Justinard (le passage de la vision militaire et administrative à celle du chercheur engagé).
Dans un tout autre contexte (la France), Benoît de l’Estoile (ENS) est parti d’une observation des musées pour montrer comment se fabrique le goût et comprendre comment s’opèrent les catégories lorsqu’il s’agit de l’art et ici de la pensée muséologique.
Chadia Yelles développe le même objet en période coloniale et décrit la manière avec laquelle les objets du musée sont représentés en fonction des groupes d’appartenance.
En revanche Jean Pierre Faguer a mis l’accent sur l’École de la République en situation coloniale et ses implications dans la vie sociale (l’exemple de Taos Amrouche). Il a entre autre montré les formes de domination et de la violence qui en découle (ici la violence douce).

Publications
• Tassadit Yacine, et al., Els Amazics avui, la cultura berber, Barcelone, IEMED/Pages editors, 2009.
• « Algérie : à propos du pouvoir des femmes dans une communauté rurale », (Guiart, Éd.), dans Étudier sa propre culture : expériences de terrain et méthodes, Paris, L’Harmattan, 2009, p. 79-91.
• Jean Amrouche, Journal 1928-1962, sous la dir. de Tassadit Yacine, Paris, Non Lieu, 2009, 415 p.
« Une archéologie de la culture : Rabah Bélamri, Mouloud Féraoun et Mouloud Mammeri », ibid., p. 11-12.
• « Rapports de genres et littérature post-coloniale chez Mouloud Féraoun et Mouloud Mammeri », ibid., p. 15-16.
• « Mouloud Mammeri : Autopsie de la société rurale algérienne », Awal, 38, 2008, p. 57-60.
• « Pourquoi Rabah Bélamri ? », ibid., p. 97-98.

Dernière modification de cette fiche : 14 mai 2009.

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