Histoires et mémoires d’ici et d’ailleurs : regards croisés. La question de la mémoire en Europe

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Vendredi de 10 h à 13 h et de 14 h 30 à 17 h 30 (CEVIPOF, salle Georges-Lavau, 98 rue de l’Université 75007 Paris), les 13 mars, 10 avril, 15 mai et 12 juin 2009

La mémoire n’explique rien, notamment parce qu’elle explique souvent trop. Mais, symétriquement, la mémoire, dans sa dimension très contemporaine — « le phénomène mémoriel » - est trop souvent l’objet d’explications simplistes, mécanistes, platement déterministes (« l’événement fondateur ») ou étroitement finalistes (« l’instrumentalisation du passé »).  En sciences sociales, trois grandes approches dominent aujourd’hui. Celle des « lieux de mémoire », associée au nom de Pierre Nora et inscrite dans la discipline historique se donne le plus souvent pour objet les usages politiques du passé et pour cadre l’identité nationale. Celle du « travail de mémoire », associée au nom de Paul Ricoeur s’inscrit dans la réflexion politico-normative et renvoie fréquemment au souci d’apaiser les conflits issus du passé. Celle des « cadres de la mémoire », associée au nom de Maurice Halbwachs, relève plutôt de la sociologie et se donne pour objet les conditions sociales de l’expression et de la formulation des souvenirs. Quand ces trois problématiques peuvent se chevaucher dans les études sur la mémoire, histoire et sociologie ont d’emblée un double objet: le premier relève de ce que les acteurs eux-mêmes appellent aujourd’hui « les politiques de la mémoire » - ou les usages politiques du passé -, le second renvoient aux conditions sociales d’évocation et de formulation des souvenirs et des expériences passées vécues ou transmises et le poids de celles-ci sur les représentations.
Le séminaire virtuel « histoires et mémoires d’ici et d’ailleurs : regards croisés » a vocation depuis plusieurs années à constituer un lieu de réflexion sur les diverses approches qui constituent la mémoire comme objet des sciences sociales d’une part, à éprouver leur validité sur des terrains empiriques variés d’autre part. Il portera  en 2008-2009 sur la question de la  mémoire en Europe et envisagera un bilan de la question de la mémoire en sciences sociales d’une part, et des formes sociales et politiques du phénomène mémoriel dans différents pays, notamment en France, Allemagne, Italie et Espagne, d’autre part. Il portera une attention particulière aux traditions théoriques et aux disciplines qui ici ou là ont porté la question de la mémoire et s’attachera tant à la chronologie qu’aux enjeux les plus contemporains du phénomène mémoriel. Il s’agira moins d’envisager les conditions d’une « mémoire européenne » que de mettre au jour les décalages théoriques, de temporalité et d’objets qui constituent la question de la mémoire, ici et là. Accessible aux étudiants de Master et doctorants, enregistré et disponible en ligne, le séminaire est également ouvert à un public plus large de chercheurs qui contribuent régulièrement à l’animation des discussions.

Aires culturelles : Europe,

Suivi et validation pour le master : Semestriel

Mentions & spécialités :
  • Histoire
    (Séminaire de recherche M1S2 M2S4)
  • Sociologie
    (Séminaire de recherche M1S2 M2S4)

Adresse(s) électronique(s) de contact : mariec.lavabre(at)sciences-po.fr

Dernière modification de cette fiche : 24 novembre 2008.

EHESS (Siège), 190-198 avenue de France 75244 Paris cedex 13 - Tél : 01 49 54 25 25

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