2009-2010

Sociologie historique des professions

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

2e et 4e jeudis du mois de 13 h à 15 h (salle 7, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 12 novembre 2009 au 24 juin 2010. La séance du 26 novembre se prolongera jusqu'à 17 h. La séance du 25 février se déroulera en salle 8. La séance du 25 mars se déroulera en salle 8. La séance du 16 juin se déroulera de 11h à 13h (salle 7).

Nous aborderons les professions à travers leurs rapports avec la puissance publique, les marchés et les systèmes de formation depuis le XIXe siècle, en regardant les évolutions tant des cadres institutionnels de leurs interventions que du contenu de leur travail. Nous réfléchirons notamment à ce que les métamorphoses du fait professionnel nous disent des manières de prendre en charge des activités à forte teneur à la fois technique et politique ou morale dans nos sociétés : médecine, droit, recherche, architecture, par exemple. Ce thème prend un relief particulier du fait de changements récents qui montrent que l’autonomie professionnelle peut être contestée : notamment des pressions managériales et le développement de régulations supranationales. Ces menaces seront abordées en fin d’année.

Aires culturelles : Amérique du Nord, Europe,

Suivi et validation pour le master : Semestriel

Mentions & spécialités :
  • Sociologie
    (Séminaire de recherche M1S1 M1S2 M2S3 M2S4)

Domaine de l'affiche : Sociologie

Renseignements : sur rendez-vous.

Direction de travaux d'étudiants : sur rendez-vous.

Réception : sur rendez-vous.

Niveau requis : inscription en master ou en doctorat.

Adresse(s) électronique(s) de contact : champy(at)ehess.fr, deplaude(at)free.fr

Compte rendu

Le séminaire a été consacré à l’histoire des professions dont les membres ont reçu une formation spécialisée de haut niveau – c’est-à-dire dans un sens assez proche de l’acception que ce terme a en anglais –, et aux transformations de leur place dans les sociétés occidentales contemporaines depuis le milieu du XIXe siècle. La perspective adoptée a consisté à dépasser les approches centrées sur des professions particulières, pour tenter de réfléchir plus globalement aux conséquences qu’a eues pour les pays occidentaux la constitution de ce que nous avons appelé des « sociétés de professionnels », c’est-à-dire des sociétés où une proportion significative de travailleurs appartiennent à ce type de professions, où les valeurs du professionnalisme pénètrent de larges secteurs du monde du travail, et où les professionnels jouent un rôle important dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques publiques (en matière d’éducation, de santé, de justice, d’urbanisme, etc.). Nous nous sommes notamment intéressés aux rapports des professions avec les pouvoirs publics, les marchés et les systèmes d’enseignement, en regardant à la fois les évolutions des cadres institutionnels de leurs interventions et celles du contenu de leur travail. Un objectif sous-jacent à cette réflexion était de saisir ce que les métamorphoses des professions nous disent des manières de prendre en charge des activités ayant une forte teneur technique et politique dans nos sociétés. Le séminaire a été organisé en trois modules. Le premier a été consacré à l’émergence des professions dans leur forme institutionnelle contemporaine, en général à partir du milieu du XIXe siècle, en présentant notamment les cas de la médecine et de l’architecture. Puis nous avons consacré la plus longue partie de l’année à la question de la place des professions dans la société, en tentant de saisir quelles formes a prises l’autonomie de leurs membres dans le travail, quelles en ont été les conditions, et quels en ont été les effets sociaux. Nous avons ainsi tenté par exemple de montrer comment des membres ou des représentants de certaines professions ont participé directement à la production de l’action publique et ont influé sur des débats de société. Par ailleurs, Juliette Rennes, désormais maîtresse de conférences à l’EHESS, nous a présenté ses travaux sur la place des femmes dans les professions « de prestige » sous la iiie République, et plus précisément sur les controverses auxquelles a donné lieu l’accès des femmes à ces professions en France. Le dernier module, plus programmatique, a été consacré aux remises en cause de l’autonomie professionnelle dans le travail, du fait notamment des manifestations de défiance du public, du recul de l’autorité professionnelle, de la bureaucratisation des contextes de travail et du développement de nouvelles formes de contrôle managérial. Nous avons cherché à faire ressortir les enjeux de ces évolutions et les limites des approches sociologiques actuellement dominantes sur ce thème, en nous demandant ce que pourrait être une approche alternative. Nous poursuivrons cette réflexion en 2010-2011 dans le cadre d’un séminaire collectif de l’EHESS que nous animerons avec Arnaud Saint-Martin.

Dernière modification de cette fiche : 10 juin 2010.

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