S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.
Lundi de 11 h à 13 h (salle des artistes, 96 bd Raspail 75006 Paris), du 2 novembre 2009 au 14 juin 2010. Pas de séminaire le 23 novembre
La littérature est une source qui permet d’approcher la situation coloniale dans sa diversité. À travers l’analyse de textes (romans, récits, poésie) produits dans les anciennes colonies, nous discuterons la validité des lectures postcoloniales.
Nous ferons le choix de confronter des œuvres produites dans trois empires ayant chacun leur histoire propre, avec des orientations idéologiques différentes : l’empire britannique, l’empire français et l’empire russe/l’Union soviétique.
En observant plus précisément les cas irlandais, algérien et ukrainien, nous soulignerons récurrences et différences dans la façon d’aborder la situation coloniale en contexte impérial et post-impérial. Dans cette démarche, nous réserverons une place aux lectures issues des gender studies.
Lundi 12 avril 2010 : Brian T. Edwards (Northwestern University) présentera ses travaux sur l’American orientalism au Maghreb et au Proche Orient
Professeur associé d'anglais et de littérature comparée à Brian T. Edwards à Northwestern University (Evanston), Brian T. Edwards est l'auteur de Morocco Bound: Disorienting America's Maghreb, from Casablanca to the Marrakech Express (Duke University Press, 2005). Il travaille actuellement sur la circulation et les usages de la production culturelle américaine au Maroc, en Egypte et en Iran.
Une présentation plus détaillée de ses travaux est accessible par le lien suivant : http://www.english.northwestern.edu/people/edwards.html
Mots-clés : Coloniales (études), Culture, Histoire, Littérature, Textes,
Aires culturelles : Britanniques (études), Europe, Europe centrale et orientale, France, Maghreb, Russie, Transnational/transfrontières,
Suivi et validation pour le master : Obligatoire sur l'année (hebdomadaire)
Domaine de l'affiche : Histoire - Problèmes généraux
Intitulé général : Lectures postcoloniales
Renseignements : sur rendez-vous, Alain Messaoudi, CHSIM, 96 bd Raspail 75006, tél. : 01 53 63 56 16 ou Stéphanie Schwerter, MSH, bureau 326, 54 bd Raspail 75006 Paris, tél. : 01 49 54 20 07.
Niveau requis : connaissance de l'anglais souhaitable.
Adresse(s) électronique(s) de contact : Stephanie.Schwerter(at)msh-paris.fr, messaoud(at)ehess.fr
La lecture croisée d’œuvres de fiction produites dans le cadre de trois ensembles impériaux qui ont leur histoire propre (les empires britannique, français et russe), permet-elle de révéler des convergences, des échos significatifs ? Nous avons tenté l’exercice à partir d’un corpus constitué d’œuvres élaborées dans les langues « dominantes » (anglais, français, russe) par des auteurs issus de groupes « dominés » (Mouloud Mammeri, Kateb Yacine et Rabah Belamri pour l’Algérie ; Mary Costello et Robert McLiam Wilson pour l’Irlande du Nord, Chris Binchy et Roddie Doyle pour la République d’Irlande ; Andreï Kourkov pour l’Ukraine). L’analyse de la façon dont ces auteurs rendent compte dans leurs récits d’une situation « coloniale » – en se faisant le témoin d’une situation présente ou avec un regard rétrospectif – nous a permis de dégager quelques points pouvant faire l’objet d’une analyse comparative plus approfondie. Les moyens de porter témoignage de la violence d’une occupation armée ou d’un contrôle impérial se révèlent en effet fort divers (quel effet produit le choix d’un point de vue qui est celui d’un enfant – comme dans Regard blessé de Belamri – ou d’une femme – comme dans Titanic Town de Costello ? Quand utilise-t-on, comme le font Roddie Doyle ou Andreï Kourkov, le registre de l’ironie ou de l’humour ?). Les stratégies mises en œuvre pour donner un large écho à des voix étouffées ou a priori déconsidérées sont elles aussi variées – usage de la langue « dominante », intégration dans les mouvements d’avant-garde littéraire de la « métropole » (Kateb Yacine, ou, pour le Maroc, Abdelkébir Khatibi dont l’œuvre nous a été présentée par Nabil el-Jabbar) ou choix d’une écriture hétéroglotte intégrant des points de vue contraires (Chris Binchy). Un exposé de Brian T. Edwards sur l’American orientalism et les rapports à la culture américaine dans le Moyen-Orient a permis de rappeler la complexité des enjeux culturels dans un espace « impérial » « en activité ». Le séminaire, qui a profité de la présence à Paris de Ferial J. Ghazoul, professeur de littérature comparée à l’université américaine du Caire, a fait écho aux débats actuels sur la réception des études postcoloniales en France et sur les usages qui en sont faits en fonction des différentes traditions disciplinaires. Il a donné enfin l’occasion de discuter de travaux d’étudiants articulant histoire et fiction – comment restituer l’histoire des chameliers « afghans » transportés de l’actuel Pakistan en Australie pour permettre la pénétration des zones désertiques de l’intérieur du pays ? (Samira Kassari) ; comment traduire en italien l’œuvre de l’écrivain croate Slobodan Novak ? (Ana Stankovic) ; quelles formes littéraires nouvelles le passé colonial a-t-il inspiré en Italie ? (Cecilia Brioni).
Dernière modification de cette fiche : 8 avril 2010.
Dernière mise à jour le 9/06/2009
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