2009-2010

Les mondes séfarades : savoirs cognitifs et pouvoir de l'espace

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

2e lundi du mois de 13 h à 15 h (salle 6, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 9 novembre 2009 au 14 juin 2010. La séance du 10 mai est annulée et remplacée par une séance le lundi 14 juin de 13h à 17h en salle 4 (même lieu).

Le séminaire se propose d'explorer les spécificités de la création culturelle dans les mondes séfarades à partir d'une réflexion mettant en jeu plusieurs approches anthropologiques de l'espace.
On s'intéressera en particulier à l'interaction entre une structure spatiale organisée en réseaux sur la longue durée et l'émergence de la pensée rationnelle sur le modèle grec comme mode d'interprétation des textes sacrés. À titre de modèle, on se saisira des voies ouvertes par Jean-Pierre Vernant dans « Mythe et pensée chez les Grecs ». La question pour la periode médiévale se présentera de la façon suivante : influence des Arabes ou pouvoir d'un nouvel espace partagé ? La corrélation entre les modes d'occupation de l'espace des Juifs séfarades après leur expulsion d'Espagne et les nouvelles formes culturelles qui se sont développées dans l'arc qui relie Italie, Amsterdam et empire ottoman sera discutée.

Mots-clés : Histoire,

Aires culturelles : Méditerranéens (mondes),

Suivi et validation pour le master : Obligatoire sur l'année (bi-mensuel)

Mentions & spécialités :

Renseignements : sur rendez-vous.

Adresse(s) électronique(s) de contact : nicole.abravanel(at)club-internet.fr

Compte rendu

Les conférences ont été conduites en continuité du séminaire « les mondes séfarades et converso : l’épreuve de l’espace » (assuré en co-responsabilité avec Natalia Muchnik et Enric Porqueres en 2008-2009). L’enjeu était de penser les relations entre espace et culture en se centrant cette fois-ci sur l’époque médiévale, période fondatrice pour le monde sépharade. L’hypothèse de départ a initialement privilégié une approche structurale de la longue durée. Celle-ci a pu être formulée schématiquement de la façon suivante : à une forme d’occupation de l’espace en réseaux qui peut être qualifiée de vectorielle, et qui fut portée par les marchands lettrés du monde séfarade, peut-on faire correspondre une rationalité composite qui peut, elle, être qualifiée d’algébrique ? Une première intervention conjointe d’Andreas Wittenbourg (Université de Picardie) et Bernard Mezzadri (Université d’Avignon) a permis de poser ce qui fut, dans le cadre du centre Louis Gernet, la lecture élaborée par Jean-Pierre Vernant du glissement vers une représentation abstraite de l’espace à partir entre autre de la structure théologique Hestia/Hermes. Christophe Picard (Université de Paris-I/Panthéon-Sorbonne) a tracé un tableau d’ensemble de « l’espace Méditerranée musulman aux premiers siècles de l’Islam », siècles fondamentaux mais obscurs au vu des sources historiques, qui furent précisément ceux où intervint la mutation culturelle du monde séfarade. Tandis que Michaël Gasperoni (EHESS) a fait état de ses travaux sur le monde juif dans l’espace italien privilégiant l’axe de la parenté, deux séances furent consacrées à la notion de transfert culturel au Moyen Âge. Gad Freudenthal (CNRS) a présenté « L’appropriation des sciences gréco-arabes au sein des cultures juives médiévales : Espaces arabophones vs espaces hébréophones » tandis que Tony Lévy (CNRS) situait l’émergence de l’algèbre en hébreu. Ainsi la notion de transfert culturel a été illustrée et discutée dans et au regard des fonctions de l’espace.

Dernière modification de cette fiche : 20 avril 2010.

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