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Séminaires du G.R.I.H.L. >> Séminaire de Christian Jouhaud et Dinah Ribard

 

 

Travail intellectuel et écritures politiques. Autour de la Fronde

Mardi de 11 h à 13 h (salle 5, 105 bd Raspail 75006 Paris),
du 6 novembre 2012 au 28 mai 2013

2012-2013

La Fronde est une période d'intense production écrite. Cette production ne se réduit pas aux mazarinades, et sous cette dernière appellation se profilent des écritures très diverses, susceptibles d'être étudiées dans une perspective qui n'est pas seulement celle de la crise politique. Réciproquement, de nombreux écrit parus à l'époque, touchant aux savoirs, aux métiers, à la religion, à la charité publique, aux belles-lettres, etc. , n'ont jamais été considérés dans leur rapport à l'événement politique. Les conjonctures frondeuses, observées de ces deux points de vue, laissent voir des formes de travail de la pensée et des usages sociopolitiques de l'écrit insaisissables autrement. Le séminaire de cette année poursuivra cette réflexion. On continuera, par une série d'études de cas, à prendre la mesure de l'impact des écritures frondeuses hors de la crise politique et à reprendre la lecture de « mazarinades » dont la mise en série comme libelles avait arasé les spécificités intellectuelles et scripturaires.

 

2011-2012

La Fronde (1648-1653) est une période d'intense production écrite. Cette production ne se réduit pas aux mazarinades, et sous cette dernière appellation se profilent des écritures très diverses, susceptibles d'être étudiées dans une perspective qui n'est pas seulement celle de la crise politique. Réciproquement, de nombreux écrits parus à l'époque, touchant aux savoirs, aux métiers, à la religion, à la charité publique, aux belles-lettres, etc., n'ont jamais été considérés dans leur rapport à l'événement politique. Les conjonctures frondeuses, observées de ces deux points de vue, laissent voir des formes de travail de la pensée et des usages sociopolitiques de l'écrit imperceptibles autrement. Dans la perspective ouverte par cette recherche, les écrits ne sont plus séparés par leur appartenance ou non à la catégorie de « mazarinades », mais la Fronde y est saisie comme conjoncture d'écriture et de publication, comme « fenêtre » sur des pratiques intellectuelles multiples, et sur des formes de travail de la pensée qu'on ne voit pas ou qu'on ne peut pas comprendre comme telles autrement, et qui sont mobilisées comme ressources dans la crise politique. Au cours de cette première année de séminaire consacrée à une telle approche des écrits du temps de la Fronde, on a donc tenté de réévaluer d'une part l'impact de la crise politique sur des écrits qui ne sont pas repérables comme des mazarinades et, d'autre part, de mieux observer dans un certain nombre de mazarinades la part du travail intellectuel qui investit leur écriture et que leur mise en série comme libelles de la Fronde estompe. Nous avons aussi considéré la Fronde comme moment d'élaboration, de production de types d'écrits, de façons d'écrire, de rapports à l'écrit, de pensées de l'écriture, de politiques de l'écriture qu'on voit repris, présents, mis en œuvre bien plus tard et ailleurs. En partant d'une chronologie courte nous avons ainsi été conduits à nous déplacer au long du XVIIème siècle et au-delà. Après quelques séances introductives de mise en place de la problématique, le travail a été centré sur trois dossiers. On s'est d'abord intéressé, principalement à partir du cas d'écrits bordelais, à l'écriture de l'histoire de la Fronde durant la Fronde même : sont ainsi apparues des sociabilités lettrées et des pratiques intellectuelles investies dans l'interprétation des « mouvements » mais d'évidence préexistantes à la crise politique et pourtant insaisissables en dehors d'elle. Plusieurs séances ont ensuite été consacrées à la mazarinade attribuée sur sa page de titre au « poète-menuisier » Adam Billaut, ce qui a fait surgir comme question politique la pratique – mise en œuvre par Adam Billaut lui-même ou par d'autres que lui – consistant à attribuer un texte anonyme à une figure éditoriale d'auteur constituée une décennie plus tôt mais mobilisée dans l'action politique frondeuse. Enfin les « mémoires » de Bussy-Rabutin ont été étudiés du point de vue des rapports entre le récit et la citation de correspondances du temps de la Fronde. Ces correspondances, instructions, « mémoires » ou « relations » d'événements destinés à la reproduction et à la diffusion sont des écrits d'action : leur usage décalé révèle la pensée de l'action qui a conduit à leur élaboration, leur diffusion, leur conservation. On s'est ainsi efforcé d'approcher l'événementialité du travail intellectuel en dehors de la question de l'innovation, de l'invention, de la rupture.

 

 

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