Migrations contraintes en Méditerranée orientale de l’Antiquité à nos jours

L’École française d’Athènes, en collaboration avec l’EHESS (ANHIMA, CETOBaC, CRH) et l’Institut d’histoire moderne et contemporaine (UMR 8066 : CNRS, École normale supérieure, Université Paris 1 Panthéon - Sorbonne) organise un séminaire de formation doctorale sur le thème des Migrations contraintes en Méditerranée orientale de l’Antiquité à nos jours.
 

Argumentaire

Depuis quelques années, la crise dite « migratoire » ou « des réfugiés », constitue un thème central de notre quotidien. Il occupe une bonne part de l’opinion publique et de la politique européenne. Celle-ci ne s’accorde d’ailleurs pas face à une crise humanitaire qui affecte plusieurs régions de l’Europe. La Méditerranée orientale compte parmi les régions les plus concernées par les flux de personnes contraintes de quitter leur pays, le plus souvent en Asie ou en Afrique. Cette région au carrefour de trois continents se situe à l’épicentre ou à proximité de bouleversements majeurs, d’ordre politique, économique, militaire ou autre, qui forcent les personnes à quitter leur foyer et à en chercher un autre. Pour cette partie du monde, qui a accueilli de nombreuses civilisations depuis l’Antiquité, les phénomènes migratoires, les flux de personnes contraintes ou forcées de se déplacer, sont loin d’être une nouveauté. Les problèmes auxquels elle se trouve confrontée ne devraient donc pas être traités comme particuliers à notre temps, mais comme une tendance lourde de notre histoire sur la très longue durée. En effet, depuis l’Antiquité, les questions liées aux ostracisés, aux exilés, aux bannis, aux rescapés, aux réfugiés, aux migrants ou à l’asile occupent une place centrale. Elles reviennent sans cesse dans les débats politiques des pays de départ, de transit et d’accueil, en raison des répercussions sociales, politiques, juridiques, économiques et culturelles que ces bouleversements suscitent. Pour ne citer que quelques exemples, au VIe siècle avant notre ère, des groupes et des individus ont quitté les cités ioniennes comme Phocée et Samos, soumises à la pression des rois achéménides ou à l’instauration des pouvoirs tyranniques, pour émigrer vers l’Occident. Au seuil de l’époque moderne, l’empire ottoman a accueilli les juifs d’Espagne après 1492, tandis qu’au moment de la chute de ce même empire en 1922 la Grèce a reçu environ 1 200 000 réfugiés, soit, à l’époque, l’équivalent du cinquième de sa population. À toutes les périodes, ces déplacements contraints ont laissé des mémoires et des traces, sous forme de récits, d’objets, de transferts de savoirs et de techniques.

L’École française d’Athènes en coopération avec l’École des hautes études en sciences sociales, Paris et l’Institut d’histoire moderne et contemporaine (UMR 8066), souhaite participer à la commémoration d’un événement central de l’histoire de la Grèce moderne : la défaite de 1922 en Asie mineure qui a entraîné de nombreuses migrations contraintes. Pour cela, elle propose ce séminaire interdisciplinaire et trans-période de formation doctorale qui sera un cadre d’échange pour les étudiants en Master et en Doctorat. Le séminaire examinera comment les migrations contraintes ont été vécues par les différents acteurs, les individus, les groupes, les associations et les États. Les questions seront posées à la fois pour les lieux de départ, de transit, que ceux-ci aient des frontières terrestres ou maritimes, et pour les lieux d’installation. Ces derniers pouvant être des patries imaginées, imaginaires, des découvertes heureuses ou malheureuses. Ces expériences migratoires très disparates seront surtout examinées à partir des traces matérielles, mémorielles et autres qu’elles ont laissées dans les lieux de départ, de transit et de destinations. Ce choix épistémologique nous permettra d’étendre nos interrogations sur plusieurs disciplines (archéologie, histoire, histoire de l’art, anthropologie, sociologie, littérature) et sur la très longue durée en mettant l’accent sur des thématiques et des aspects méthodologiques différents à travers ces focales :

  • Culture matérielle
  • Focus chronologique : 1922
  • Sources, archives
  • Mémoire, ego-documents
  • Images, représentations, musique et son

Au cours de cette semaine de formation doctorale, les activités scientifiques se dérouleront sous forme d’ateliers, de conférences, et de visites sur le terrain, visant à confronter les différentes approches plus haut évoquées.

En savoir plus

Comité scientifique/ Comité d'organisation : Angelos Dalachanis (CNRS, IHMC), Gilles de Rapper (École française d’Athènes), Cecilia D’Ercole (EHESS, ANHIMA), Catherine Horel (EHESS, CETOBaC) et Marie-Elisabeth Mitsou (EHESS, GEHM-CRH).

Modalités et calendrier de soumission

Le séminaire de formation aura lieu à Athènes (Grèce) du 3 au 7 octobre 2022. Il est ouvert aux étudiants inscrits en thèse et aux étudiants de Master 2.
L’EFA prend en charge les frais d’hébergement, de restauration et des déplacements intérieurs des étudiant(e)s retenu(e)s.
Les étudiant(e)s prendront en charge leur billet d’avion vers Athènes et devront solliciter le soutien de leurs centres ou départements de rattachement.
Le dossier de candidature doit être fait en ligne sur la plateforme missions au plus tard pour le 30 mai 2022 et comprendra :                                   

  • une fiche de candidature      
  • un curriculum vitae
  • une lettre de motivation
  • une lettre de recommandation
  • une courte présentation du sujet de thèse

Contact : dir.moderne@efa.gr     

Informations pratiques

Date(s) limite(s)
  • Monday 30 May 2022 - 18:00