Deux projets franco-allemands lauréats de l’ANR DFG

L’Agence nationale de la recherche et la Deutsche Forschungsgemeinschaft ont publié la liste des projets lauréats pour l’édition 2016 de l’appel à projets franco-allemand en sciences humaines et sociales. Parmi les 13 projets financés, 2 projets sont coordonnés par l’EHESS.

Rachida Chih Faulks (CETOBAC - UMR 8032) et  Prof. Dr. Stefan Reichmuth (Ruhr-universität Bochum) réaliseront avec leurs équipes le projet intitulé La Présence du Prophète : Muhammad au miroir de sa communauté dans l’Islam moderne et contemporain.

Judith Lindenberg (CRH - UMR 8558) et Aurélia Kalisky (Zentrum für Literatur und Kulturforschung) vont travailler sur le projet Premiers modes d'écriture de la Shoah. Pratiques savantes et textuelles de survivants juifs en Europe (1942-1965).

La Présence du Prophète : Muhammad au miroir de sa communauté dans l’Islam moderne et contemporain- ANR PROPHET

Présentation : À chaque forme d’appartenance à l’islam correspond une certaine vision du Prophète et une certaine relation du croyant à lui. Au cours de l’histoire comme de nos jours, les enjeux communautaires de la relation du croyant et des groupes au Prophète sont évidents. Ces enjeux se situent aussi bien sur le plan des croyances et donc des appartenances que sur les plans du social et du politique. Une fracture traverse aujourd’hui toute la communauté musulmane dans sa relation au Prophète. Elle concerne aussi bien les pays musulmans que l’islam en situation minoritaire, en Occident ou ailleurs et son intensité varie en fonction des composantes des sociétés et des autorités religieuses qui gèrent leur devenir. C’est donc la relation des musulmans au Prophète, à la fois une et multiple, unanime et conflictuelle qui est l’objet de ce projet. 

Premiers modes d'écriture de la Shoah. Pratiques savantes et textuelles de survivants juifs en Europe (1942-1965)- ANR PREMEC

Présentation : Ce projet propose de s’intéresser aux formes d’écritures et de savoirs relatifs à la Shoah élaborés par sept auteurs juifs survivants entre 1942 et 1965 : Joseph Wulf, Michel Borwicz, Nachman Blumental, Noé Grüss, Jacques Presser, Abel Herzberg, H.G. Adler. Jusqu’ici, l’étude de ces auteurs n’a été menée qu’en les assignant à des champs du savoir déterminés (l'histoire d'une part, la littérature de l'autre). Notre approche consiste au contraire à examiner leurs pratiques dans toutes leurs dimensions, précisément à partir de leur caractère multiforme, en analysant la façon dont les savoirs élaborés et les modes d'écriture mis en œuvre transcendent les séparations habituelles entre les genres et les disciplines. Les méthodes particulières développées par ces auteurs sont analysées, d’une part, dans leur continuité avec certaines cultures savantes préexistantes et, d’autre part, comme des pratiques faisant rupture, prenant acte de ce que la “Catastrophe“ a fait aux savoirs sur l’Homme. Cet examen doit permettre non seulement de saisir la valeur épistémologique propre aux manières de faire développées par les auteurs en question, mais aussi d’évaluer leur intérêt pour la recherche d’aujourd’hui, et ce à la fois dans le domaine spécialisé des recherches sur la Shoah et dans le domaine élargi de l’histoire des savoirs. Ce projet réunira des chercheurs du CRH (Judith Lyon-Caen), de l’université de Strasbourg (Audrey Kichelewski), de l’Institut Simon Dubnow à Leipzig (Nicolas Berg), de l’Institut Historique allemand de Varsovie (Katrin Stoll), de l’Institut pour les Holocaust et Genocides Studies d’Amsterdam (Conny Kristel).
 

Fait religieux, Islam, Shoah