Pre-modern Korean Studies in Europe: Results, Projects, and Prospects

Par Isabelle Sancho, directrice du Centre de recherches sur la Corée

Le Centre de recherches sur la Corée (CRC) a organisé du 20 au 22 janvier à la Maison de l’Asie un colloque international qui a réuni pour la toute première fois la grande majorité des spécialistes européens de la Corée dite pré-moderne venus de douze pays européens (France, Allemagne, Grande-Bretagne, République tchèque, Pays-Bas, Roumanie, Suisse, Danemark, Suède, Hongrie, Espagne, Russie). Cet évenement a été rendu possible grâce au financement généreux de l’Academy of Korean Studies (AKS) en Corée du Sud ainsi qu’au soutien de l’Institut d’Etudes Coréennes (IEC) du Collège de France.

Objectifs

Le colloque, intitulé Pre-modern Korean Studies in Europe: Results, Projects, and Prospects, avait pour but principal de faire le point sur la recherche passée, présente et future des participants. Ces derniers ont tous été invités individuellement par l’organisatrice Isabelle Sancho, directrice du CRC, dans le contexte plus général des années croisées France-Corée (2015-2016) qui commémorent le 130e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre ces pays.

Le colloque a réuni une trentaine de chercheurs jeunes et confirmés, sans distinctions de hiérarchie, dans une ambiance résolument placée sous le signe de l’échange et de la bienveillance, mais aussi de l’amitié. L’une des fonctions principales de l’événement a été en effet de “faire communauté” et de renforcer les liens entre les intervenants qui se connaissaient déjà mais n’avaient pas encore d’espace spécifiquement dévolu à leur domaine de spécialisation au sein des études coréennes internationales. Le colloque a, en ce sens, été défini en partie comme un hommage rendu à feu Daniel Bouchez, ancien membre du CRC, qui fut l’un des pioniers des études coréennes en France et en Europe.

La professeure invitée à l’EHESS par le CRC en janvier 2016, Sunjoo Kim (professeure d’histoire coréenne à l’Université Harvard) a également participé au colloque à titre de présidente de session et a ainsi pu échanger avec les collègues pre-modernistes rattachés dans diverses institutions européennes.

Bien que le colloque ait été initialement conçu comme un événement relativement fermé et clos sur lui-même, certains collègues de l’UMR (CECMC et CRJ), des étudiants ainsi que des collègues d’autres institutions ont assisté à certaines sessions, apportant souvent leur réflexion aux questions abordées par les participants. Les spécialistes français de la Corée dite “moderne et contemporaine” (XXe–XIXe siècles), notamment Alain Delissen et Valérie Gelézeau du CRC, ont également été très présents et ont contribué à la discussion générale portant sur les contours et les définitions possibles d’un sous champ d’études que l’on pourrait qualifier d’études pré-modernes coréennes (communalité des sources primaires employées, langues utilisées, problèmes de périodisation, etc).

Compte-rendu

La première journée a été consacrée à la présentation d’ouvrages publiés très récemment, à commencer par le dernier livre de Martina Deuchler, professeur émérite de la SOAS, qui constitue un véritable événement scientifique dans le milieu des études coréennes : Under the Ancestors’ Eyes: Kinship, Status, and Locality in Premodern Korea (Harvard Asia Center, 2015). Les autres ouvrages présentés ont montré l’exemple de collaborations entre enseignants-chercheurs et doctorants à la suite d’un projet précis à l’université de la Ruhr-Bochum ainsi qu’entre collègues de trois différents pays européens qui collaborent régulièrement malgré leur éloignement géographique et le manque de financement institutionnel (République tchèque, Allemagne, Russie). La seconde partie de la journée a été centrée sur les traductions de matériaux primaires dans différentes langues européennes (tchèque, français, anglais), avec ou sans subventions académiques sud-coréennes.

Les deux derniers jours ont quant à eux été dévolus à quatorze présentations individuelles au format laissé entièrement libre : ni titre ni résumé n’ont été demandés aux intervenants. Le principe, expérimental, a été de laisser chacun s’exprimer librement sur son travail passé et présent, hors des cadres formels (et bien souvent trop formalisés) des colloques comportant un thème précis.

La discussion finale a sommairement dressé un bilan de l’ensemble des communications entendues. Certains directions communes ont ainsi pu été dégagées: désir de produire rapidement des matériaux pédagogiques de qualité en anglais mais aussi dans différentes langues européennes (synthèses, manuels, matériau didactique pour l’enseignement du coréen ancien et du chinois classique, traductions de sources primaires, etc.), intérêt marqué pour les études nord-coréennes sur la Corée prémoderne, volonté de collaboration et d’échanges sous des formats souples et non-concurrentiels au sein de l’Europe.

Dès l’ouverture du colloque, la question de la pertinence de créer une association de pré-modernistes européens avait été posée par l’organisatrice ainsi que trois autres participants (Vladimir Glomb de l’Université Charles de Prague, Kim Daeyeol de l’INALCO, Andreas Müller-Lee de l’Université libre de Berlin). Après de multiples discussions lors de la session finale mais aussi lors d’échanges informels, les participants ont décidé d’un commun accord de ne pas créer d’association supplémentaire qui pourrait être considérée comme concurrente de l’association européenne d’etudes coréennes (AKSE). Les deux raisons principales invoquées ont été:

  • le souhait de ne pas créer une structure qui serait perçue comme exclusive pour les autres collègues en études coréennes
  • la volonté de garder une formule de réunion scientifique régulière et extrêmement souple, sans format pré-défini (possibilité de restreindre à des tables rondes avec thèmes précis, nombre de participants variable, sources de financement à déterminer à chaque occasion, etc.).

Il a enfin été décidé d’organiser un nouveau colloque à l’université de Bucharest au printemps 2018, grâce à la proposition de Diana Yuksel. L’événement a été unanimement considéré comme une réussite collective.

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Chercheur(s):
Isabelle Sancho