Les politiques de l’Intelligence artificielle

Le séminaire doctoral a pour objet l’étude de la gouvernance algorithmique comme nouvel enjeu politique, social et juridique auquel sont confrontées les démocraties libérales aussi bien à l’intérieur de leurs frontières qu’au niveau international. La gouvernance renvoie à l’idée d’une régulation qui ne s’appuie pas seulement sur les moyens classiques du gouvernement, mais sur un éventail d’instruments et de procédures que mettent en œuvre des acteurs très divers dotés d’une légitimité qui n’est pas uniquement politique. Avec l’avènement de l’intelligence artificielle qui accentue la dimension procédurale de la démocratie et la fragmentation des centres de décisions, le mode de gouvernement qui s’impose est celui de la gouvernance. La gouvernance algorithmique renvoie aux procédures qui permettent d’encadrer les décisions prises par un système automatisé. Mais l’expression de « gouvernance algorithmique » ou de « gouvernance des algorithmes » trahit une ambiguïté intéressante, selon que le génitif est objectif ou subjectif : on peut en effet comprendre que la gouvernance algorithmique porte sur la manière de « gouverner l’intelligence artificielle (IA) » ou sur la manière dont « l’IA nous gouverne ».

Nous explorerons le thème de la gouvernance de l’IA en abordant de manière non exhaustive la question de l’encadrement éthique et politique de l’IA, dans le sillage des travaux de la Déclaration de Montréal pour un développement responsable de l’IA ; le problème de l’utilisation politique de l’analyse algorithmique des émotions ; les ambiguïtés de la pratique des « nudges » facilités par les applications en IA ; les enjeux de la protection des données et de la vie privée ; les impacts de l’IA sur le marché de l’emploi mais aussi sur la conception du travail, et enfin la perspective crédible d’une implication des citoyens dans un codage civique des algorithmes publics.

 

Programme final :

24 juin
Thème: Nudges et politique des émotions
Laurence deVillers (Paris-Sorbonne, INRIA- DATAIA)

25 juin
Thème: La gouvernance des algorithmes, quelle régulation pour l’IA?
Fanny Hidvegi (Access Now’s European Policy Manager, membre du High Level Expert Group on AI de la Commission Européenne).

26 juin
Thème: Évaluation, surveillance et transparence
Valérie Peugeot (commissaire à la CNIL, Orange-Lab)

27 juin
Thème: Les impacts économiques de l’IA et mutations du travail:
Karine Perset (OCDE, division « digital »)

28 juin (Journée conférence et atelier-écriture)
Thème: vers un codage citoyen
Hugues Bersini (Iridia, ULB)

 

Les personnes souhaitant assister à des séances de l’école d’été en tant qu’auditeurs libres doivent s’inscrire auprès du secrétariat Etudes politiques :  etudespol@ehess.fr

 

Organisé par le Centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal (CÉRIUM, Faculté des arts et des sciences) et la mention Etudes politiques de l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), en partenariat avec la Fondation de la Maison des Sciences de l’Homme (FMSH) avec le soutien du Centre d’études sociologiques et politiques Raymond Aron (CESPRA), de l'IEA (Institut d’études avancées), de The Future Society, de l’Observatoire international sur les impacts sociétaux de l’intelligence artificielle (Québec), de l’INRIA-DataIA (Paris Saclay), du Centre de Recherche en Éthique (Montréal), du département de philosophie de l’UdeM, et de la Chaire de recherche du Canada en Éthique publique et théorie politique.

Économie, Philosophie psychologie arts et langage, Sociologie et sciences politiques

Informations pratiques

Chercheur(s):
Date(s)
  • Lundi 24 juin 2019 - 09:00 - Vendredi 28 juin 2019 - 18:00
Contact(s)
  • luc.foisneau@ehess.fr
  • etudespol@ehess.fr