Centre d'étude des mouvements sociaux - CEMS

Le Centre d’étude des mouvements sociaux (CEMS) existe depuis plus de 50 ans ! Ses bureaux sont concentrés au sixième étage du 54 Bd Raspail. Il aura pour les deux années à venir le statut d’une Formation de recherche en évolution ascendante (FRE n°2023) et compte redevenir une Unité mixte de recherche à part entière en 2021. Daniel Cefaï en a assuré la transition pendant la dissolution de l’Institut Marcel Mauss et, depuis le 1er janvier 2019, la direction est passée à Ève Chiapello, secondée par Isabelle Ville, et Joëlle Caugnon en est la secrétaire générale.

Le CEMS compte actuellement 25 chercheurs titulaires, 5 émérites et 4 ITA. Il regroupe 66 doctorants et 21 jeunes docteurs, et accueille simultanément plusieurs chercheurs en délégation et professeurs-invités, ainsi que 14 post-doctorants. Il vient d’obtenir, en plus de sa double tutelle de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS) et du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), la labellisation de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM U 1276), sous la responsabilité de Janine Barbot.

Son projet s’intitule « En quête de démocratie ». La démocratie, avec ses forces et ses faiblesses, ses ambiguïtés et ses paradoxes, est étudiée au CEMS sous différents angles.

La démocratie est abordée depuis l’institution d’agencements matériels, d’arsenaux législatifs, de réseaux technologiques, d’outils gestionnaires, d’instruments statistiques, qui lui donnent une visibilité, qui y garantissent l’exercice du droit, de l’administration et du gouvernement, mais qui peuvent aussi avoir la fonction d’inciter ou d’empêcher, de contrôler et de punir. Des enquêtes sont en cours sur différents objets : dynamiques de financiarisation croissante des politiques publiques et des réseaux d’ONG ; technologies de soin, de reproduction ou d’enfantement contrôlées par la corporation médicale ou l’industrie pharmaceutique ; violences institutionnelles imposées aux sans-abri, migrants et réfugiés ; nouvelles méthodes de désinformation et de production du doute et de l’ignorance dans la webosphère ; emprise sur les formes de production et de consommation par l’agrobusiness…

La démocratie y est, en contrepoint, observée à travers des mouvements de dénonciation et de revendication collective : mobilisations de genre, LGBT et queer, batailles autour de la mémoire de l’esclavage ou actions de victimes d’erreurs médicales, révoltes en Kabylie, mouvements pour une agro-écologie et pour la permaculture, cultures et théâtres sourds… L’actualité a été en partie couverte, à chaud, au moment des actions d’Occupy, de Nuit Debout et de Notre-Dame des Landes. Un croisement s’est fait au CEMS entre sociologies des mouvements sociaux et des problèmes publics : les mobilisations sont examinées à partir des activités de discussion et de participation, d’enquête et d’expérimentation de personnes ordinaires – habitants, travailleurs, consommateurs, patients, citoyens, hommes/femmes… – qui s’efforcent de maîtriser, individuellement et collectivement, leurs milieux de vie et leurs histoires de vie.

La démocratie y est donc interrogée sur le terrain du politique, qui déborde le régime des lois et des institutions pour innerver la vie quotidienne – une leçon que beaucoup d’entre nous ont apprise dans un dialogue continu avec les philosophies de Dewey ou Lefort, Arendt ou Rancière. Elle est ainsi examinée du point de vue de l’invention de nouvelles formes d’expérience, individuelles et collectives : émergence de nouvelles exigences de liberté et d’équité, de justice et de réparation, reconnaissance de droits à la différence ou à l’autonomie, appel à la mise en « communs » de biens privés ou publics, création de nouvelles façons de vivre au quotidien. Elle engage la critique de formes instituées de pouvoir médical, institutionnel, économique ou écologique, qui fait des corps et de leurs environnements des enjeux politiques : controverses autour de la violence obstétricale subie par les femmes, visibilisation sur la scène publique des enjeux liés au handicap, à la couleur de peau ou à la différence de genre, aménagements de bouts d’environnement par des agricultures alternatives…

Le projet du CEMS a été entièrement refondu en 2017-18, au terme d’un processus de réflexion collective. Il a été conçu autour de quatre axes, qui fixent des directions générales de recherche. Chaque axe – signifié par 3 verbes à l’infinitif – correspond à un moment du processus démocratique.

Ces quatre axes sont transversaux aux enquêtes du CEMS et innervent cinq groupes de travail (GT). Les groupes de travail sont les lieux concrets où se mène la recherche. Les chercheurs peuvent être plus particulièrement investis dans l’un ou l’autre, mais cette participation n’est pas exclusive et les interactions/circulations sont nombreuses entre les différents groupes de travail.

Un sixième groupe est en train de se constituer : Sciences, technologie, instruments.

Cette architecture de groupes de travail ne cesse de se transformer. Le CEMS est en pleine renaissance…

 

Événements

Vendredi 18 octobre 2019

Penser l'intersectionnalité dans l'espace public

« Penser l'intersectionnalité dans l'espace public » 18 Octobre 2019 - 9h30–18h CNRS Pouchet – 59-61 Rue Pouchet, 75017 Pari s Préprogramme 9h30-9h45 : Accueil 9h45-10h : Introduction de la journée par les organisateurs∙trices , Victor Albert Blanco , Sarah Barnier (CEMS-EHESS- ICM) 10h-12h30 : Les effets des dispositifs sur les acteurs∙trices : assignations, discriminations,...

Vendredi 27 septembre 2019

Le Brésil a-t-il besoin d'une réforme agraire? Ruptures et continuités d'un débat

Le Brésil a-t-il besoin d'une réforme agraire ? Ruptures et continuités d'un débat La journée d'études se tiendra à l' EHESS , 105 Boulevard Raspail 75006 Paris, le vendredi 27 septembre 2019, de 8h45 à 18h , en l'amphithéâtre François Furet . Présentation de la Journée Le Brésil est un pays de taille continentale. En...

Informations pratiques

Lieu(x) : EHESS

PROFESSEUR INVITÉ

Alexandre Baril Alexandre
Alexandre Baril (Ph.D.) est professeur adjoint à l’École de service social de l’Université d’Ottawa et spécialiste de la diversité (sexuelle, de genre et de corps/capacités)...

Conférence(s)
  • Lundi 2 décembre 2019 - 15:00
  • Jeudi 12 décembre 2019 - 09:00
  • Lundi 16 décembre 2019 - 08:00
  • Mercredi 18 décembre 2019 - 17:00