L’ornement. Du 19e siècle à la Préhistoire

Ce colloque international organisé par l'École pratique des hautes études (EPHE), l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS) et le Centre de recherches sur les arts et le langage (CRAL) aura lieu du 8 au 9 juin 2021 (9 h 00 - 18 h 00), au 54 Boulevard Raspail, 75 006 Paris (Salle 1).

Organisateurs

  • Claudine Cohen (Histoire et philosophie des sciences, EHESS CRAL – EPHE/PSL)
  • Romain Pigeaud (EHESS CRAL)

Informations

Participants 

  • Brenno Boccadoro, (Musicologie, Université de Lausanne)
  • Claudine Cohen (Histoire et philosophie des sciences, EHESS CRAL – EPHE/PSL)
  • Martine Cotin (Sémiotique, Université de Franche-Comté)
  • Carole Fritz (Préhistoire, CNRS, Toulouse)
  • Thomas Golsenne (Histoire de l’art, Université Lille-III)
  • Francesco d’Errico (Préhistoire, CNRS, Bordeaux)
  • Rémi Labrusse (Histoire de l’art, Université de Paris-X Nanterre)
  • Jean-Loïc Le Quellec (Préhistoire, CNRS, Paris)
  • Arnaud Maillet (Histoire de l’art, Centre André Chastel, Sorbonne Université)
  • Louis Maitrier (Anthropologie, EHESS)
  • Romain Pigeaud (Préhistoire, EHESS CRAL)
  • Dany Savelli (Études slaves, Université Toulouse-II)

Programme

Mardi 8 juin 

Matin

Introduction générale

  • Francesco d’ErricoParures, décors, cultures préhistoriques
  • Rémi Labrusse« … ce désir de créer qui nous satisfait tous ». Sur la question de l’origine dans les théories de l’ornement au 19e siècle
  • Dany SavelliVladimir V. Stassov (1824-1906) : ornements, folklore et racines du peuple russe

Après midi

  • Arnaud MailletOrner la vue : fonctions de l’arbre dans la peinture de paysage aux 17et 18e siècles. Ornement, composition, ordonnancement
  • Brenno BoccadoroSe joue lentement avec discrétion sans observer la mesure. L’ornementation non mesurée. De la sprezzatura au tempo rubato (17e-18e siècles)
  • Louis Maitrier : Homo ornementalis. Costume et décor, geste et parole : fonctions sociales de l’ornement (France 18e siècle)

Mercredi 9 juin 

Matin

  • Thomas Golsenne : Le paradoxe de l’ornement naturaliste. Darwin et les origines animales de l’art
  • Jean-Loïc Le QuellecLes skeuomorphes: vie, mort… et résurrection ?  Pour une classification des ornements
  • Martine Cotin : Les signes disponibles : une émergence, entre espace urbain et Préhistoire

Après midi

  • Carole FritzL’art paléolithique, l’ornementation de l’objet/acteur. Une ontologie de l’intentionnalité
  • Romain PigeaudLe concept de grotte ornée

Discussion générale

Présentation

« Un peintre décorateur  à l’âge de la pierre » : l’intitulé de ce tableau de Paul Jamin, daté de 1903, résume tout l’imaginaire d’une époque en matière d’art préhistorique : à Font de Gaume, le peintre « primitif » orne son habitat (la grotte) d’une figure d’aurochs, sous le regard de belles jeunes femmes dénudées, assises à ses pieds, qui l’applaudissent. La gravure, la sculpture, le dessin, ou  la peinture pariétale   sont présentés alors  par les préhistoriens au grand public, comme  autant d’« ornements », de « décors » façonnés par les « sauvages de la préhistoire » poussés par l’instinct quasi-biologique de la parure, ou par une pulsion esthétique primitive. De telles considérations sont suscitées par les anthropologues qui s’attachent à la « pensée primitive » et à ses  manifestations artistiques élémentaires.

L’ornement est défini, dans l’Encyclopédie de D’Alembert et Diderot, comme un « détail ou objet sans utilité pratique, qui s’ajoute à l’ensemble pour l’embellir ». Il est le beau ajouté à l’utile. En ce sens, l’ornement peut être pensé à partir du folklore, des traditions populaires, de la vie quotidienne. Mais il est aussi pensable à partir des formes savantes de la peinture, de l’architecture, de la musique et même du théâtre. Au tournant du 20siècle, au moment de la naissance des courants de l’Art nouveau, puis des Arts décoratifs, la  notion d’ornement et celle de « décor » prennent  une nouvelle épaisseur. La réflexion sur l’ornement est omniprésente à la fin du 19e siècle, chez les artistes et chez les théoriciens de l’art dans les pays anglo-saxons. En France, les interrogations sur le statut esthétique de l’ornement, sur sa valeur sociale et symbolique se développent à la faveur de la réflexion sur le statut de l’art à l’ère industrielle, et de l’émergence de l’art abstrait.

Ces réflexions furent sans doute le prisme à travers lequel furent construites les catégories  pour déchiffrer, lire et interpréter les figures et les signes de l’art préhistorique. Au tournant du 20e siècle les lectures de l’art mobilier font  usage des notions de décor (géométrique, figuratif), d’ornement, et de parure. Lorsque la nature de l’art pariétal préhistorique est discutée, on se demande  s’il s’agit d’un art ornemental, d’un   art d’imitation, d’un art religieux. La permanence de  l’expression « grotte ornée », à côté de  celles de « sanctuaires » ou de « système symbolique » pour caractériser  l’art pariétal paléolithique,   témoigne aujourd’hui encore, de ces hésitations.

Ce colloque réunira anthropologues, historiens de l’art, du folklore, historiens des sciences et préhistoriens,  afin de réfléchir sur les représentations, les cadres mentaux et théoriques, à travers lesquels, jusqu’à l’aube du 20e siècle, archéologues et anthropologues ont pensé l’ornement et en ont fait une catégorie heuristique dans les recherches en préhistoire. Il vise aussi à interroger le sens et  la validité  de cette notion dans l’usage des préhistoriens aujourd’hui.

 

Arts, Patrimoine

Informations pratiques

Chercheur(s):
Date(s)
  • Mardi 8 juin 2021 - 09:00 - Mercredi 9 juin 2021 - 19:00
Lieu(x)
  • EPHE- contact : cohen@ehess.fr
Contact(s)
  • cohen@ehess.fr
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