Le projet archeo-metrologia : Des mesures et des hommes

ARCHEO-METROLOGIA s'intègre dans le projet européen plus vaste METROLOGIA qui se propose d’étudier l’élaboration, l’usage et la transmission des mesures de capacité antiques dans leur contexte économique et culturel, grâce aux approches croisées de différentes sciences sociales (anthropologie, histoire, archéologie, histoire des techniques, sciences économiques…). Son objectif est de dépasser la simple étude des notations de chiffres et de quantités dans les très nombreux textes administratifs du Proche-Orient ancien, traditionnellement considérées comme l’enregistrement brut et objectif de données à partir desquelles on serait en mesure de décrire simplement l’activité socio-économique des villes. Il vise ainsi à reconstruire les contextes – au sens « d’avec le texte » - dans lesquels s’expriment des rationalités pratiques et sont mobilisés à la fois des savoir-faire dans l’usage des poids et mesures, des communautés de spécialistes et des instruments spécifiques. De la même façon il cherche à intégrer l'artéfact dans la société qui l'a créé. Ce projet a pour vocation de s’étendre ensuite à d’autres aires culturelles antiques et à d’autres périodes.

Dans ce cadre, ARCHEO-METROLOGIA vise principalement à établir les prolégomènes méthodologiques et pratiques à une étude plus étendue sur la question de la culture matérielle, qui regroupera plusieurs collègues de l’EHESS et du CNRS issus de différentes disciplines. Il a pour objectif premier de créer les instruments adaptés à ces problématiques, tout particulièrement en développant de nouveaux outils numériques, en s'appuyant sur des cas archéologiques concrets, notamment issus du site de Bash Tapa au Kurdistan irakien. Il s'agira de créer une « mallette archéologique », permettant de répondre à trois besoins principaux : l'acquisition des données, leur utilisation pratique dans l'enseignement et la recherche et enfin leur exploitation dans la valorisation des résultats auprès du public.

Développer et tester une « mallette archéologique » facilement manipulable

L'acquisition des données de l'enquête de terrain doit être menée avec des outils adaptés aux problématiques de recherche. Elle nécessite de développer une véritable « mallette archéologique », regroupant plusieurs nouvelles technologies numériques pour l’acquisition et la reconstitution 3D d’objets ou de bâtiments. Cette mallette comportera du matériel performant, facilement transportable et manipulable, et des outils numériques en libre accès, afin qu’elle puisse être dupliquée et diffusée dans la communauté scientifique et utilisable sur tous les chantiers de fouilles archéologiques, dont ceux à petit budget, dans un esprit collaboratif.

Recherche et formation par la recherche

Au-delà du simple rendu esthétique, il s’agit de créer et mettre en œuvre des outils pour la recherche et pour la formation par la recherche, dans le cadre de la sauvegarde du patrimoine antique proche-oriental. La mallette comprendra d’une part du matériel simple pour améliorer la qualité de la documentation scientifique par l’acquisition 3D (l’utilisation d’un logiciel de CAO et de matériel du type Open Street View ou Open Path View), et d’autre part, un outil sur tablette numérique permettant, à partir du scan d’un simple tesson de céramique, de reconstituer et manipuler virtuellement des jarres et des récipients antiques, et ainsi les rendre accessibles aux chercheurs et aux étudiants. Ces reconstitutions 3D seront ainsi directement utilisables sur le terrain, dans le cadre d’une formation ou bien d’une médiation, et permettront, en particulier, de calculer le volume de ces récipients afin de comprendre leur fonctionnalité dans les opérations de mesures et leurs usages socio-culturels.

Valorisation pour le public

Ces reconstitutions en réalité virtuelle faciliteront ainsi la valorisation et le partage des résultats scientifiques avec le public, sans développer des outils spécifiquement dédiés.

Le projet ARCHEO-METROLOGIA est dirigé par Grégory Chambon (EHESS- équipe ANHIMA) et Lionel Marti (CNRS – équipe PROCLAC) et coordonné par Xavier Phan Chan The (étudiant EHESS), avec la collaboration de Christophe Nicolle (CNRS – équipe PROCLAC) et Adelheid Otto (Ludwig-Maximilians-Universität de Munich).

Antiquité, Archéologie, Histoire des sciences et des techniques, Humanités numériques, Numérique, Patrimoine

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Chercheur(s):
Grégory Chambon