Figures d\'expert

3ème séminaire "Droits du sol, modes d’appropriation et conflits d’usage dans le Bassin méditerranéen de l’Antiquité à l’époque contemporaine".


Jeudi 18 mai 2006
Collège de France, 14h à 18h
Centre d'Histoire et de Civilisation de Byzance
52, rue du Cardinal-Lemoine, 75005 Paris
(Salle de Réunion, ex-salle Pierre-Mendès France)

Les figures d'« experts », entre maîtrise du terrain et connaissance de la norme


Introduction
Antonio Stopani (Université de Nice) et Jean-Pierre Van Staëvel
(Université de Paris 4)

Lauretta Maganzani (Università cattolica del Sacro Cuore, Milan)
Arpenter la terre pour le procès: la consultation technique en droit romain

Nicolas Michel (Université d'Aix-Marseille 1)
Spécialistes villageois de la terre et de l'eau dans l'Égypte mamelouke
et ottomane (XIIIe-XVIIIe siècles)

Robert Carvais (CNRS, Université de Paris 2 Panthéon-Assas)
Expertiser le bâti parisien au Grand siècle, ou le partage du pouvoir
technique avec la bourgeoisie

Discutants
Simona Cerutti (EHESS) et Jacques Lefort (EPHE IVe section)


Troisième rencontre de notre programme, ce séminaire de travail est consacré à la figure de l’« expert » chargé devant une juridiction d’établir les droits sur le sol, de les attester sur le terrain et dans
l’examen de la documentation d’archives. La connaissance et l’interprétation des limites requièrent des compétences de géomètre ou d’arpenteur, spécialiste du mesurage et du dessin, mais aussi une familiarité avec les lieux et plus généralement avec les usages spécifiques d’un territoire. Bien que l’expert technique soit théoriquement subordonné au juge, sa place est essentielle, non seulement dans la constitution de la preuve, mais aussi dans la résolution même du litige.

À partir de l'analyse de dossiers concrets, nous proposons d’envisager le rôle d’interface joué par ces figures d'expert, entre communautés locales et autorité centrale détentrice d’une juridiction supérieure. On s'interrogera notamment sur les savoirs techniques de l'expert, leur donnant accès au « langage des choses », dont il s’agit de s’assurer le témoignage. Se pose aussi la question du statut de la parole de l’expert. En amont, on peut s’interroger sur les éléments à partir desquels il formule son opinion, sur le jeu entre observation de terrain et prise en compte d’une norme. En aval, au moment du jugement, la parole de l’expert peut entrer en jeu avec d’autres formes de témoignages ou discours normatifs.

Le programme "Droits du sol, modes d’appropriation et conflits d’usage dans le Bassin méditerranéen de l’Antiquité à l’époque contemporaine" (École française de Rome) a pour objectif d’envisager, dans la très longue durée, les formes de configuration du droit des particuliers et des entités politiques sur le sol. Une première journée (Paris EHESS, mai 2004) a été consacrée à la construction des catégories servant à désigner l’espace et aux taxinomies juridiques. Une deuxième journée (Paris, École Normale Supérieure, mai 2005) interrogeait "Établir la preuve des droits de propriété".

Informations pratiques

Date(s)
  • Jeudi 18 mai 2006 - 14:00
Lieu(x)
  • Collège de France, Centre d'Histoire et de Civilisation de Byzance, Salle de Réunion, ex-salle Pierre-Mendès France, 52, rue du Cardinal-Lemoine, 75005 Paris,