La Grande Guerre à l’échelle du siècle

Journée d'étude financée par le Comité pour l'histoire économique et financière de la France avec le soutien de l'EHESS (PSE) et organisée par Florence Descamps, Patrick Fridenson, Pierre-Cyrille Hautcoeur et Laure Quennouëlle-Corre.

Cette conférence vient clôturer un cycle de journées d’étude sur « Les Finances en guerre, les Finances dans la guerre », celles sur les Banques dans la guerre, ainsi que celles sur l’Industrie en guerre. La perspective micro-historique est abandonnée au profit d’une perspective macro-économique internationale et comparatiste.

S’écartant du thème « Sorties de guerre » ou « Conséquences économiques et sociales de la guerre », la manifestation sera centrée sur l’idée d’une pesée de la Grande Guerre à l’échelle de l’Europe et des Etats-Unis, dans une perspective d’histoire longue ou de moyenne durée (40 ans, 70 ans ?).

Les transformations économiques et sociales engendrées par la Première Guerre Mondiale constituent-elles un cycle particulier dont la parenthèse se serait refermée au début des années 1950 ou dans les années 1980, ou l'origine de processus encore à l'oeuvre aujourd'hui ? Certains affirment ainsi qu'à la période de stagnation voire de déclin économique qui résulte en Europe de la « seconde guerre de trente ans » qui commence par la Grande Guerre a succédé une phase de croissance accélérée (les « Trente glorieuses ») qui ne correspondait qu'au simple rattrapage de la frontière technologique incarnée pendant l'intervalle par l'économie des Etats-Unis, suite à quoi, à partir des années 1980, l'Europe serait revenue une croissance « normale » de l'ordre de 1 à 2% par an.

Dans le domaine social, la raréfaction des hommes disponibles pour les activités non-guerrières a conduit à une transformation de la place des femmes qui semble durable, mais la force des mouvements sociaux et les conquêtes qui en ont résulté semblent fortement affectées par le démantèlement après 1989 d'un contre-modèle soviétique qui avait obligé le capitalisme à développer des systèmes de protection sociale importants. Ceci conduit à s'interroger sur le déclin de l'intervention des états dans l'économie, que ce soit selon des modalités directes (nationalisations), budgétaires, para-budgétaires ou autres. Selon les pays, en résultent – ou  non – des remontées des inégalités à un niveau similaire à celui d'avant 1914, après de fortes baisses partout pendant une grande partie du XXe siècle. En matière de relations internationales, si le poids de l'Europe a été sans doute définitivement réduit par sa longue guerre civile, il est courant de voir dans la fin de la guerre froide le retour d'une situation normale de rivalité entre puissances; tandis que le statut international et l'avenir de l'Union européenne restent incertains: poursuite de l'intégration développée à partir des années 1950 en réaction à la « guerre civile européenne » ou retour à des rivalités entre nations affrontement séparément les transformations du monde. En matière scientifique enfin, la Grande Guerre a sans doute eu un impact considérable sur le développement d'un complexe scientifique militaro-industriel et sur les politiques de recherche et d'innovation.

 

Inscription : https://www.economie.gouv.fr/igpde-seminaires-conferences/centenaire-14-18

Économie, Histoire Economie, Finance, Guerre, Histoire

Informations pratiques

Chercheur(s):
Patrick Fridenson, Pierre-Cyrille Hautcoeur, Laure Quennouelle-Corre
Date(s)
  • Vendredi 09 novembre 2018 - 08:45 - 18:00
Lieu(x)
  • Ministère de l'Economie et des Finances - 139, rue de Bercy 75572 Paris Cedex 12
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