L’abstraction avant l’art abstrait

Le concept d’abstraction a longtemps été considéré comme appartenant au domaine de l’art moderne. Cette tendance historiographique affirme ainsi que l’abstraction a été conçue et développée au XXe siècle en réponse aux cataclysmes du début du siècle, et comme un moyen de révolte face à la tradition figurative du passé. Ce projet prétend nuancer cette historiographie et libérer la notion d’abstraction des frontières des conceptions modernes et contemporaines. En analysant la longue et riche tradition de l’art non figuratif, pratiquement absent des champs de recherche de la médiévistique, le projet entend identifier et étudier le concept d’abstraction tel qu’il s’est développé et transformé au cours du Moyen Âge et au-delà. Reposant sur l’articulation prémoderne entre la vérité, les faits et le langage, l’abstraction naît en tant que premier véhicule de la représentation de l’indicible, de l’irreprésentable, de l’ineffable.

Interdisciplinaire par nature, le projet entend reformuler la façon même dont on a envisagé l’histoire de la représentation. Il s’appuie sur une collaboration intensive entre les deux porteurs de projet, Elina Gertsman (Case Western Reserve University) et Vincent Debiais (EHESS), et sur une participation active de leurs doctorants. Toutes les activités sont conçues comme des initiatives de formation et d’étude au profit de chercheurs, certes à des étapes différentes de leur carrière, mais tous impliqués dans la création d’un programme originale et innovant, favorisant la collaboration entre scientifiques français et américains.

Organisée par Elina Gertsman (Case Western Reserve University) et Vincent Debiais (CRH-Ahloma, EHESS)

Histoire Anthropologie culturelle

Informations pratiques

Date(s)
  • Samedi 18 mai 2019 - 09:00 - 18:30
Lieu(x)
  • Princeton University (USA)
Contact(s)
  • vincent.debiais@ehess.fr