Justine Rochot et Baptiste Bonnefoy, lauréat·es des prix de thèse 2020 de l'EHESS

Suite à l'annonce des prix de thèse de l'EHESS le 12 mai 2020, Justine Rochot et Baptiste Bonnefoy, les lauréat·es de cette année, présentent leurs parcours à l'EHESS et leurs recherches.

 

Justine Rochot a reçu le prix de thèse pour son travail intitulé « Bandes de vieux. Une sociologie des espaces de sociabilité de jeunes retraités en Chine urbaine contemporaine » :

  • « Après avoir intégré la section Chinois de l’ENS de Lyon, j’ai réalisé une première année de master d’études chinoises et de sociologie en passant un an au département de sociologie de l’École normale de la Chine de l’Est (ECNU, Shanghai). J’ai ensuite eu la chance de rejoindre la formation de sociologie de l’EHESS pour mon master 2, sous la direction d’Isabelle Thireau : l’enquête ethnographique que j’ai menée sur les maisons de retraite à Shanghai m’a alors encouragée à prolonger en doctorat mon intérêt pour l’analyse des expériences du vieillissement en Chine. Ma thèse de sociologie, menée au Centre d'études sur la Chine moderne et contemporaine (CECMC) sous la direction d’Isabelle Thireau (EHESS) et de Tania Angeloff (Paris 1 Panthéon-Sorbonne), m’a conduite à m’intéresser aux intenses pratiques de sociabilités intra-générationnelles des "jeunes retraités" chinois actuels qui, nés et ayant grandi sous le maoïsme, constituent également la première cohorte de parents d’enfant unique. Grâce à l’ethnographie comparée de plusieurs espaces, à Pékin et Kunming, j’ai souhaité montrer la diversité des manières d’être ensemble et des significations que les personnes investissaient dans leurs sociabilités entre pairs retraités. Plus largement, ce travail m’a permis d’esquisser les traits d’une histoire chinoise du « troisième âge » dont ces sociabilités constituent un produit direct, mais aussi d’analyser les ressources inédites dont dispose la génération étudiée pour faire face, aujourd’hui, à un certain nombre d’incertitudes partagées. J’entame actuellement une nouvelle recherche sur les sociabilités de retraités à Taïwan ».

Baptiste Bonnefoy a quant à lui décroché un accessit pour sa thèse portant sur l'« Enchevêtrement des appartenances et constructions impériales. Miliciens de couleur dans les villes espagnoles, françaises et britanniques de la Caraïbe (XVIIe-XVIIIe siècles) » :

  • « Initialement formé à l’histoire et à la sociologie, j’ai enseigné dans le secondaire à Jacmel, en Haïti, puis j’ai exercé comme archiviste au Havre. J’ai par la suite réalisé une thèse d’histoire à l’EHESS sous la direction de Jean-Paul Zúñiga. En comparant plusieurs villes caribéennes des empires espagnol, français et britannique, cette thèse portait – du point de vue de l’histoire sociale – sur les miliciens de "couleur" (XVIe-XVIIIe siècles). Mes recherches abordent les appartenances communautaires et la fabrique de la domination sociale en milieu urbain dans l’espace atlantique. Fondées sur une approche multi-située, elles conjuguent les apports de la nouvelle histoire atlantique et de la nouvelle histoire sociale, en décloisonnant les historiographies européistes et coloniales. J’y interroge le rôle et les significations de la couleur des hommes, le sens du "colonial" et de "l’impérial" comme catégories analytiques, ainsi que l’émergence, la perpétuation et les limites des élites de couleur aux Amériques ».