Date de parution:
novembre, 2023
Type de norme: 
ISBN 13
Numéro: 
978-987-809-075-7

Esclavitudes Ibéricas

L'esclavage, phénomène multidimensionnel très répandu au début de la modernité, s'est déroulé dans différents espaces et avec différentes caractéristiques. La péninsule ibérique, bien sûr, était l'une des plus importantes. Elle était un carrefour d'esclaves subsahariens, d'habitants d'Afrique du Nord (qualifiés de barbaresques dans la documentation) et de Morisques du royaume de Grenade capturés et vendus lors de leur rébellion (1568-1570) en tant que "bons guerriers".
Mais si cette collection est un laboratoire exceptionnel pour l'histoire de l'esclavage, son potentiel est loin d'être épuisé. Son étude a souffert de l'indifférence réciproque de ceux qui étudient les domaines atlantiques et de ceux qui étudient la Méditerranée.
Dans cet ouvrage, Bernard Vincent se donne pour défi d'aborder de manière dialogique ces univers jusqu'alors déconnectés et, dans le même temps, de faire un pas en avant vers une histoire sociale attentive à toutes les particularités du sujet.

 

La esclavitud, fenómeno multidimensional muy extendido durante la primera modernidad, se desenvolvió en espacios diversos y con diferentes características. La península ibérica, por supuesto, fue una de los más importantes. Encrucijada de esclavos subsaharianos, de habitantes del Norte de África (berberiscos) y de moriscos del reino de Granada apresados y vendidos durante su rebelión (1568-1570) por considerarlos habidos “de buena guerra”.

Pero si este conjunto es un laboratorio excepcional para la historia de la esclavitud, su potencial está lejos de haber sido agotado. Su estudio ha sufrido las consecuencias de la mutua indiferencia que se dispensan entre sí quienes investigan los dominios atlánticos y quienes lo hacen sobre el Mediterráneo.

En este libro, Bernard Vincent se propone el desafío de abordar dialógicamente estos universos hasta ahora inconexos y, al mismo tiempo, dar un paso adelante en la dirección de una historia social atenta a todas las peculiaridades del tema.

 

En savoir plus sur l'ouvrage

Dentro e fuori ghetto

Vita e cultura ebraica a Siena in età moderna

Le volume aborde la question des relations multiples entre le dedans et le dehors du ghetto juif à Sienne au cours de l’époque moderne. Il étudie la complexité des sociétés et des cultures juives en son sein, les relations entre populations et espaces du ghetto et de la ville, et plus largement entre juifs et catholiques toscans. La condition de minorité juridique et économique endurée par les Juifs de Sienne, ainsi que leur complexe héritage culturel judéo-italien, source de vitalité et persévérance face à la ghettoïsation, sont parmi les sujets au cœur des recherches présentées. Publié avec le soutien des Archives d’État de Sienne et de la Communauté juive de Florence (section siennoise), le livre réunit 12 contributions en italien sur l’histoire des archives et des productions artistiques, sur l’histoire matérielle, démographique, économique et juridique au sein du ghetto de Sienne, et en dehors de celui-ci, entre XVIe et XVIIIe siècle.

Modernismo, modernità, modernisme, modernité

Paolo Carile, Marc Cheymol, Fabrizio Chiappetti

La catégorie de la modernité est certainement l’une des plus insaisissables dans l’écriture de l’histoire. On est toujours « le moderne » d’un « ancien ». Celle du « modernisme », en revanche, a la particularité d’être liée à une époque précise, celle de la fin du XIXe siècle et de la première partie du XXe siècle, et de n’être pas limitée à un seul lieu géographique. Qu’est-ce que le modernisme en Italie dans ces années-là ? Qu’a signifié être moderniste en France, en Allemagne, en Angleterre, en Espagne ? Par rapport à quelle tradition ? Plus précisément, quelle modernité ? On a écrit, sous cette définition d’un modernisme, de part et d’autre des Alpes et des Pyrénées, des pages significatives de l’histoire européenne. Mais ces différentes pages ont-elles jamais été lues ensemble ? Dans une période que l’on définit généralement à l’aide de la catégorie de la « post-modernité » — une catégorie aussi fuyante que celle la modernité — une lecture globale n’est pas inutile dans la mesure où elle se situe au confluent de la religion, de la politique et de la littérature. Une telle lecture a peut-être la particularité de mettre en évidence le sens spécifique attribué au mot modernisme en France, en Italie et en Espagne, mais aussi de souligner ce qu’il y a de commun aux différentes expressions du modernisme dans ces différents pays. Pour construire ce paysage multiple et pourtant continu, il était nécessaire de réunir des spécialistes représentatifs de ces différentes perspectives et animés par le désir d’habiter une sorte de maison commune dans laquelle aurait circulé l’esprit du modernisme, au point de jonction d’une expérience spirituelle, d’une pratique de l’écriture et d’une aspiration démocratique. Les réactions politiques et religieuses au modernisme seront, si l’on peut dire, à la hauteur de cette effervescence intellectuelle et spirituelle. La Première Guerre mondiale elle-même peut être interprétée, à distance, comme l’une de ces réactions. C’est cette maison commune que le livre tente de reconstruire pour hier, aujourd’hui et demain — pour l’Europe de demain.

 

 

« Je révise les images… »

Genèse, structure et postérité des Evangelicae historiae imagines de Jerónimo Nadal

Le recueil de gravures des Evangelicae historiae imagines paraît en 1593, puis deux ans plus tard, toujours à Anvers, accompagné d’un vaste ensemble de méditations rapportées à ces gravures et signées du nom de Hieronimus Natalis, mort quinze ans plus tôt et qui avait été l’un des plus proches collaborateurs d’Ignace de Loyola, fondateur de la Compagnie de Jésus en 1540. Ces images, produites pour la majorité d’entre elles par les plus célèbres graveurs sur cuivre de leur temps, les frères Wierix, avaient connu une très lente et tumultueuse genèse depuis le début des années 1560. Leur conception finale révèle l’extrême complexité de leurs enjeux théologiques, exégétiques et esthétiques. Sommet de l’image religieuse et de l’exégèse du récit évangélique dans cette fin du XVIe siècle, les Imagines et les Adnotationes et Meditationes deviendront pour les deux siècles suivants un parangon adapté et transformé de mille manières. Reconstruites ici pour la première fois dans la totalité d’une trajectoire, la genèse, la structure et la postérité de ce recueil de gravures lettrées, légendées et glosées rendent compte du destin de l’image dans le monde du catholicisme post-tridentin, de l’Europe au Mexique et au Pérou, à la Chine et au Japon.

 

Ralph Dekoninck est professeur d’histoire de l’art à l’Université catholique de Louvain.

Pierre Antoine Fabre est directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales.

Walter S. Melion est professeur d’histoire de l’art à l’Université Emory d’Atlanta.

Collection de l'École française de Rome

 

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Sur Dante

A-t-on jamais mesuré l’effet de souffle que Dante et son œuvre eurent sur son époque ? Sa Divine Comédie a été assagie par d’innombrables commentaires, la postérité a laissé dans l’ombre sa pensée politique et l’originalité de sa façon de pratiquer la philosophie demeure sous-estimée. Affirmant la souveraineté d’un artiste qui ne s’autorise que de lui-même et n’attend de jugement que de ses lecteurs, Dante dit de facto adieu au Moyen Âge.

Hiérarchie.

La société des anges

Ce sont de loin les créatures les plus curieuses de la mythologie chrétienne : ils ont un corps fait d’air, ils volent et ils ne sont divins que par participation. Mais surtout, les anges font partie de la plus ancienne des sociétés du cosmos selon les mythes, celle à laquelle tout doit revenir à la fin de l’histoire. Le nom que la théologie réservait à leur communauté était « hiérarchie » : un néologisme signifiant littéralement « pouvoir sacré », la mesure de la fusion de la divinité, du pouvoir et de la socialité. La divinité n’était pas une qualité de leur être mais l’expérience purement sociale d’êtres supérieurs aux autres. Le pouvoir, quant à lui, ne visait pas à accomplir des actions mais à devenir divin. Les essais rassemblés dans ce volume retracent l’histoire et la logique de ces mythes et montrent comment ils informent encore la pensée politique et sociale occidentale dans la modernité européenne.

Pourquoi sourit-on en photographie?

Pourquoi sourit-on en photographie? On a longtemps cru qu’il ne s’agissait que d’un problème de temps de pose. Mais derrière cette question simple se cache une énigme passionnante: une évolution restée longtemps invisible, à la croisée de l’anthropologie et de l’histoire visuelle. Pendant la seconde moitié du XIXe siècle, la photographie n’a fait que prolonger les conventions du portrait peint, où une mine sérieuse exprime la maîtrise des émotions en public. L’arrivée du cinéma muet impose de nouvelles règles. Intensifiée par l’effet de loupe du gros plan, l’expressivité du visage devient une clé de la narration visuelle. A partir des années 1930, le succès de cette formule la fait adopter en photographie. L’alliance de l’authenticité et de la lisibilité alimentent l’essor de l’illustration de presse. Dans le portrait, le visage souriant apparaît comme le garant d’une sociabilité moderne et égalitaire. Du moins en apparence: marqueur d’une mutation de la présentation de soi dans l’espace occidental, le sourire forcé de la pose photographique n’est plus l’expression d’une émotion, mais un signe de communication normalisé. Il incarne la nouvelle influence des images, dans un monde de plus en plus médiatisé.

André Gunthert est historien des cultures visuelles, enseignant-chercheur à l’EHESS. Il est spécialiste des médias d’enregistrement, de l’édition illustrée et des cultures populaires contemporaines. Il a publié ou dirigé une dizaine d’ouvrages et fondé la première revue scientifique francophone consacrée à l’histoire de la photographie (Études photographiques, 1996-2017). Militant de l’éducation à l’image, il a notamment étudié la construction narrative des images médiatiques, le tournant de l’authenticité documentaire ou le basculement vers l’image numérique (L’Image partagée. La photographie numérique, Textuel, 2015). Ses recherches récentes portent sur la politisation de la visibilité.


La raison lexicographique

Découverte des langues et origine de l'anthropologie

Au début du XVIe siècle, les dictionnaires bilingues connaissent une expansion vertigineuse – plusieurs centaines couvrant des dizaines de langues autres qu'européennes. Indiquent-ils l'émergence d'une vision sociale et historique du langage ou poursuivent-ils le projet d'une mise en ordre ontologique du monde ?

Del governo degli animali

Allevamento e biopolitica

Benedetta Piazzesi

Malfante l’Africain

Relire la « Lettre du Touat » (1447)

François-Xavier Fauvelle, Benoît Grévin, Ingrid Houssaye Michienzi

En 1447, Antonio Malfante, un marchand génois, adresse une lettre en latin depuis Tamentit dans l’oasis saharienne du Touat (actuelle Algérie). Il y décrit la région et livre des informations sur le Sahara et l’Afrique subsaharienne. Dans une perspective d’histoire globale, ce livre explore tous les aspects d’une source exceptionnelle qui relie trois mondes interconnectés : celui des marchands italiens rayonnant en Méditerranée occidentale ; celui des routes sahariennes, du Maghreb à Tombouctou ; celui des royaumes, sociétés et cités de l’Afrique subsaharienne. Une approche interdisciplinaire revisite ce texte fameux. L’analyse philologique corrige nombre d’erreurs présentes depuis la première édition-traduction (La Roncière, 1919), et présente les interactions linguistiques (latin, italien, arabe…). La contextualisation dans l’histoire du commerce transcontinental du xve siècle renouvelle la compréhension de la démarche de Malfante et de ses relais africains. L’analyse africaniste de sa description du Sahara et de l’Afrique subsaharienne lève un voile sur le Nord-Ouest de l’Afrique à une époque de raréfaction des sources écrites. Enfin, une lecture historiographique du texte met en relief les présupposés colonialistes qui ont accompagné sa découverte. Combinant histoire textuelle, commerciale et africaine, cette relecture du « voyage de Malfante » présente une histoire globale euro-africaine, entre christianisme, islam et animisme, entre recherche de profit, description anthropologique et construction d’une image de l’autre.