Éditeur:
Date de parution:
janvier, 2018
Type de norme: 
ISBN 13
Numéro: 
978-2-908452-07-5
Direction d'ouvrage:
Jacques Revel

Autour d'Alain Dewerpe

Jacques Revel

La mort prématurée d’Alain Dewerpe (1952-2015) a laissé inachevée l’œuvre d’un historien majeur. Présentés à l’occasion d’une journée d’études organisée par le Centre de recherches historiques le 30 janvier 2017, les essais rassemblés dans ce volume en proposent une première reconnaissance.
A l’École des hautes études en sciences sociales qu’il avait rejointe en 1991, la recherche et l’enseignement d’A. Dewerpe ont, pour l’essentiel, été consacrés à l’histoire des mondes de l’industrie du XVIIIe au XXe siècle. Depuis ses premiers travaux, sur la proto-industrialisation en Italie et en France, jusqu’à à la longue recherche qu’il a consacrée à la grande entreprise génoise de sidérurgie et de mécanique Ansaldo, les mêmes thèmes se font écho : la formation d’une main d’œuvre, l’organisation du travail industriel et ses tensions,  les formes de la production et  les espaces matériels dans lesquels elle s’inscrit.
Parallèlement, A. Dewerpe a très tôt amorcé une réflexion sur l’État, qu’il n’a cessée d’approfondir. Le programme de ce qu’il a lui-même défini comme une « anthropologie de l’État » est explicité dans deux grands livres savants, longuement préparés, Espions. Une anthropologie historique du secret d’État contemporain (1994) et dans Charonne. Anthropologie historique d’un massacre d’État (2006), qui illustrent l’ambition, l’audace et le sens de l’expérimentation d’un grand historien.
Entre ses deux versants de l’œuvre, on retrouve des préoccupations communes : une attention soutenue aux pratiques qui font exister les institutions, aux espaces dans lesquelles elles s’inscrivent, un intérêt pour les formes de l’agrégation sociale,, une fascination pour les techniques et leurs gestes ; et, à l’arrière-plan, le souci des enjeux politiques qui sont inséparables de la vie sociale jusque dans son détail.

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