Date de parution:
janvier, 2016
Type de norme: 
ISBN 13

Cité de Dieu, cité des hommes

L'Église et l'architecture de la société

Dominique Iogna-Prat

Cet ouvrage propose de reprendre l’examen de l’émergence en Occident de la question de la « cité » en accordant toute sa place au « Moyen Âge » des années 1200-1500, le plus souvent absent des ouvrages de philosophie politique adeptes du grand saut de la cité de Platon à celle de Machiavel ou de Hobbes. La société peut-elle être conçue comme une « architecture » après 1200, quand semble s’épuiser la force métonymique du rapport église/Église qui a longtemps permis de concevoir la communauté humaine comme une architecture d’Église ? Si oui, par quels canaux ? Une première voie d’exploration est offerte par la notion aristotélicienne de « science de l’architecture » qui permet de mesurer la portée de l’aristotélisme politique dans l’organisation encyclopédique des sciences et des arts, couronnée par la théologie et la politique, et le renouvellement afférent de l’« architectonique » de la société. Une autre ligne d’examen entraîne l’historien dans le « laboratoire urbain » occidental, spécialement dans le « laboratoire italien » de l’époque communale et de l’humanisme, d’où émerge une véritable révolution des discours sur le social avec les premiers traités d’urbanisme. Le passage d’une configuration métonymique à l’autre, de l’église/Église à la ville/cité, est ainsi porteur d’un renouvellement des conceptions de la société relevant d’abord de l’« ecclésiologie », puis de l’« urbanisme », d’une Église qui « fait » la société, à une ville qui « fait » la cité, la nature de ce « faire », sacramentel dans le premier cas, restant à déterminer dans le second : politique de l’État laïque, esthétique de l’architecte et de l’artiste ? En outre, l’évolution des rapports métonymiques de ce qui « fait » la société dans l’Occident médiéval permet d’examiner un problème clé de nos périodisations dusocial dans le long terme de l’Histoire, avec le grand tournant de la « modernité », mais modernité « sécularisée », modernité « politique » sans religion, fondatrice de l’autonomie des sociétés humaines, ou, au contraire, modernité « religieuse » avec une recomposition des rapports de la société aux institutions détentrices du « sacré » ?