Éditeur:
Collection:
Le (bien) commun
Date de parution:
mars, 2016
Type de norme: 
ISBN 13
Numéro: 
978-2-7351-2092-5

Les débris épars du progrès

Évolutionnisme vs anthropologie

Les sciences sociales ont trouvé leur inspiration initiale et leurs premières bases théoriques dans l'évolutionnisme. Et celui-ci, même s’il a généralement cessé de constituer un paradigme explicite, continue d’orienter implicitement leurs élaborations et, au-delà, les représentations communes de la condition humaine. Il le fait à travers une certaine façon de fonder les typologies sur le sens du temps et sur son pouvoir hiérarchisant – autrement dit, sur une certaine conception (« progressiste ») de la modernité.

S’inspirant de la pensée antiévolutionniste et universaliste de Herder, et s’appuyant sur des exemples empruntés à l’Europe aussi bien qu’à l’Asie ou à l’Afrique, l’ouvrage, à l’encontre de cette conception, conteste les théories qui font de la séparation du politique et du religieux l’alpha et l’oméga de la modernité et déconstruit les grandes oppositions chrono-typologiques (communauté/société, holisme/individualisme, ethnie/nation…) qui réduisent caricaturalement la variété des sociétés humaines. C’est de cette variété universelle qu’une anthropologie du contemporain a à rendre compte, et donc de la diversité des ordres – et des contreordres – concevables, retrouvant ainsi la vertu subversive de Montaigne et de ses Cannibales.