Date de parution:
août, 2016
Type de norme: 
ISBN 13
Numéro: 
978-2-7535-4999-9
Direction d'ouvrage:
Thomas Le Roux

Risques industriels

Savoirs, régulations, politiques d’assistance, fin XVIIe – début XXe siècle

Thomas Leroux

Depuis une génération, de très grandes catastrophes industrielles ont changé l’échelle que le risque technologique fait peser sur nos sociétés. C’est à une mise à distance et une historicisation de ce risque, de la fin du XVIIe siècle aux années 1900, qu’invite la lecture de cet ouvrage, qui montre que si les régulations du risque industriel dépendent des contextes et des configurations locales, celles-ci s’inscrivent toutefois dans un mouvement général qui formalise son acceptation comme constitutive des sociétés industrielles. Cette réflexion collective sur la longue durée protège de la tentation de ne considérer les problèmes contemporains que comme nouveaux, elle donne de la profondeur à des questions essentielles qu’une approche historique ne peut qu’enrichir.   

Depuis une génération, de très grandes catastrophes industrielles d’ampleur internationale ont changé l’échelle que le risque industriel et technologique fait peser sur nos sociétés. Ce changement d’échelle est-il une transformation du régime de risque ou le prolongement d’un processus déjà amorcé précédemment ? C’est à une mise à distance et une historicisation du risque industriel qu’invite la lecture de cet ouvrage, fruit et partie d’une collaboration de plusieurs années entre des chercheurs de différents pays européens et des Etats-Unis.

En effet, si la notion contemporaine de risque ne sont mobilisés pour l’industrie qu’à la fin du XIXe siècle, par emprunt au monde de l’assurance, un ensemble de concepts qui s’y rattachent est usuel au moins dès le XVe siècle, et les autorités ont toujours mis en place des dispositifs juridiques et sociaux pour parer à ces risques. De la fin du XVIIe siècle aux années 1900 se déroule une séquence historique longue qui voit l’émergence de dispositifs de gestion à mesure des progrès de l’industrialisation.

Les contributions de cet ouvrage interrogent les savoirs et les normes construits par des acteurs très divers, les médecins, les législateurs, les juristes, les architectes, les assureurs, les syndicalistes ou encore les industriels. Elles montrent que si les régulations du risque sont très variables et dépendent des contextes et des configurations locales, celles-ci s’inscrivent toutefois dans un mouvement général qui formalise son acceptation comme constitutive des sociétés industrielles. Cette longue durée nous protège de la tentation de ne considérer les problèmes contemporains que comme nouveaux, et donne de la profondeur à des questions essentielles qu’une approche historique ne peut qu’enrichir.