La plateforme géomatique de l'EHESS

Les Systèmes d’information géographique (SIG) permettent d'associer différents types d’information dans un espace géolocalisé. La plateforme géomatique de l’EHESS (PG) vise à faciliter la circulation et la valorisation de l’information géographique acquise et produite à l’EHESS ainsi que les savoir-faire spécifiques et les réflexions développés à l'EHESS autour de l'information spatialisée.

L’intérêt pour une spatialisation de l’information en sciences sociales est ancienne à l’EHESS puisque les fondateurs comme Lucien Febvre puis Fernand Braudel ont développé une réflexion croisée sur l’espace et le temps et ont construit une géohistoire à la française qui a largement contribué à développer la spatialisation des données historiques. Ils ont pu collaborer à partir de 1954 avec le laboratoire de cartographie, créé à l’EHESS (VIe section de l’EPHE) par Jacques Bertin et actif jusqu’en 2000. L’intérêt pour l’étude historique de l’espace a constitué un trait distinctif dans l’histoire de plusieurs centres de l’EHESS (Ceaf, CAMS, CASE, au LAS etc.). Au CRH, le GGHTerres (Groupe de Géographie et d’histoire des Territoires) a joué un rôle important dans la constitution de l’Atlas de la Révolution française dans les années 1980-2000. Le Laboratoire de Démographie Historique (Ladéhis) a mis en ligne dès le milieu des années 2000, le site « Des villages de Cassini aux communes d’aujourd’hui ». Aujourd’hui, une dizaine de centres sont des partenaires réguliers de la plateforme géomatique de l’EHESS.

La plateforme géomatique est un outil transversal et interdisciplinaire. Elle s’appuie sur plusieurs ingénieurs qui l'animent et la dirigent. Elle produit des données historiques spatialisées permettant d’observer les évolutions des territoires sur la longue durée. L’EHESS possède un fonds patrimonial important associant des données acquises et produites à l’échelle du monde. Au-delà des données géographiques et des services, la plateforme propose aussi le développement d’outils géomatiques inédits ainsi qu’une réflexion sur la production de l’information cartographique au moment où les savoirs cartographiques se transforment avec le web 2.0, qui rend les usagers aussi producteurs, volontaires ou involontaires, de l’information géographique.

La plateforme géomatique, qui dispose de moyens humains et matériels, de ressources, d’outils de stockages, de services et d'un site internet, est également impliquée dans plusieurs projets financés par PSL pour la valorisation de sources anciennes, notamment une partie des fonds du Laboratoire de Cartographie créé par Jacques Bertin, grâce aux technologies du web sémantique.

La plateforme dispense des formations valorisant l’interdisciplinarité à travers la rencontre d’étudiants et de chercheurs de disciplines et d’environnement très différents. Environ 70 chercheurs et étudiants ont été formés depuis 2013. Les ingénieurs de la plateforme encadrent des étudiants en projet de recherche à l’EHESS et dans d’autres établissements comme l’Ecole nationale de sciences géographiques (ENSG). Ils animent aussi un stage de développement informatique.